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    International

    Ces risques qui affectent déjà l’industrie automobile

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5593 Le 16/09/2019 | Partager
    Rhétorique protectionniste, guerre commerciale, Brexit…
    Coût, débouchés, défis industriels…
    Euler Hermes revient sur les marchés exposés
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    Le secteur automobile européen reste fortement exposé à plusieurs chocs commerciaux dont la rhétorique protectionniste de l’administration Trump et le Brexit (cf. notre édition N° 5586 du 05/09/2019, «Les probables retombées sur le Maroc».

    Dans une nouvelle analyse, Euler Hermes revient sur les risques qui pèsent sur l’industrie automobile (secteur stratégique pour le Maroc). Cela fait maintenant plus d’un an que les autorités américaines menacent d’augmenter leurs taxes à l’importation sur les voitures européennes à 25% (+20 points). La menace est toujours sur la table, et elle a de quoi inquiéter les constructeurs européens. Car le marché américain représente près de 10% du total des exportations de voitures européennes.

    Si une telle mesure était appliquée, les analystes estiment que le coût moyen d’une voiture européenne importée aux Etats-Unis augmenterait d’environ 6.500 euros. Cela se traduirait également par 270.000 voitures européennes de moins exportées vers les Etats-Unis en 2019 (soit un manque à gagner de 14 milliards d’euros pour l’industrie automobile européenne, dont 7 milliards pour l’Allemagne). Les exportateurs français seraient pour l’essentiel épargnés, car ils sont finalement peu présents aux Etats-Unis.

    La sortie britannique de l’Union Européenne pose deux questions. D’une part, un problème de débouchés commerciaux pour les exportateurs européens. Exposés à une hausse de leurs prix de vente sur un marché britannique en repli, ils ont déjà enregistré un manque à gagner significatif depuis 2016 (18 milliards d’euros). D’autre part, un défi industriel. Depuis le référendum de 2016, de nombreux acteurs du secteur automobile ont déjà quitté le Royaume-Uni et relocalisé leur production dans d’autres pays européens.

    «Les défis qui se dressent sur la route des acteurs du secteur automobile sont nombreux. L’industrie vit actuellement une période charnière de son histoire…», indique Maxime Lemerle, responsable des études sectorielles d’Euler Hermes et expert du secteur automobile. «Contrainte de se transformer pour répondre aux enjeux écologiques et mise sous pression par les turbulences commerciales qui secouent l’économie mondiale, elle doit désormais parvenir à embarquer les consommateurs dans son sillage. Sous peine de mettre en péril très rapidement sa rentabilité et sa trésorerie», dit-il.

    Du côté des indicateurs, les immatriculations mondiales de véhicules neufs reculeront de -4,5% en 2019, soit une deuxième année consécutive de décroissance (-0,6% en 2018). Selon les estimations de 2020, le marché automobile mondial n’affichera qu’une quasi-stabilisation (+0,5%), avec un total de 91,2 millions de nouveaux véhicules immatriculés. Ainsi, le cap des 100 millions de nouveaux véhicules vendus en un an ne sera pas atteint avant 2026.

    Ce repli des immatriculations proviendra des contre-performances enregistrées par les trois principaux marchés automobiles du monde.

    En Chine, premier marché mondial, les ventes de véhicules neufs devraient reculer de -9% en 2019 et se reprendre modérément de +2% en 2020 (-2,8% en 2018). Les consommateurs chinois ont adopté un comportement attentiste résultant de plusieurs causes. Parmi elles, les tensions commerciales avec les Etats-Unis, les anticipations de mesures publiques visant à soutenir l’achat de véhicules neufs qui ne se sont toujours pas réalisées outre l’accélération de la mise en œuvre de normes anti-pollution plus drastiques, qui incite les ménages chinois à décaler leurs achats dans le temps.

    Aux Etats-Unis, les immatriculations de nouveaux véhicules devraient reculer de -2,5% en 2019 et se replier à nouveau de -1,5% en 2020 (+0,9% en 2018). Le marché américain a atteint un plafond en 2018. Après avoir retrouvé ses volumes record des années 2000, il ne devrait pas éviter le retournement du cycle conjoncturel.

    En Union Européenne, les ventes de véhicules neufs devraient reculer de -3% en 2019 et de -1% en 2020 (+0,6% en 2018). Le marché européen peine à se remettre des perturbations liées au changement de normes entré en vigueur en 2018. L’ajustement des gammes de véhicules aux objectifs fixés par l’UE en matière de réduction des émissions de CO2 implique des coûts supplémentaires de production. Mais la demande demeure trop sensible aux prix de vente pour se porter massivement sur les formes alternatives de motorisations.

    En France, les immatriculations de véhicules neufs devraient également se contracter en 2019 (-1%) et se stabiliser en 2020, après une hausse de +3,3% en 2018. Ce recul est également à mettre au crédit des perturbations liées au changement de normes entré en vigueur en 2018.

    Fatim-Zahra TOHRY

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