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    International

    Brexit: Boris Johnson au pied du mur

    Par L'Economiste | Edition N°:5590 Le 11/09/2019 | Partager
    Il devra trouver un nouvel accord de divorce avec l’UE
    Une série de désaveux à la Chambre des Communes

    Le Premier ministre britannique Boris Johnson devra trouver un nouvel accord de divorce avec l’UE. Et ce, après une série de désaveux à la Chambre des Communes qui contrarient sa stratégie d’un Brexit coûte que coûte. Le dirigeant conservateur a fait savoir qu’il allait s’évertuer à obtenir un accord d’ici à un sommet européen les 17 et 18 octobre à Bruxelles. Quels scénarios pour le Brexit?

    ■ Nouveau report: Prévu initialement le 29 mars 2019, le Brexit a été déjà reporté à deux reprises, faute d’unanimité du Parlement sur les formes qu’il doit prendre. La loi votée par les députés et entrée en vigueur lundi 9 septembre contraint Boris Johnson à demander à l’UE un report de trois mois, jusqu’à la fin janvier 2020. Une «capitulation» à ses yeux. Le Premier ministre a affirmé aux députés après l’entrée en vigueur de la loi qu’il ne demanderait pas ce report, sans expliquer comment il compte s’y prendre. L’approbation des 27 pays membres de l’UE est nécessaire.

    ■ Elections anticipées: Si les députés ont refusé le projet de Boris Johnson, des législatives anticipées semblent inévitables dans les semaines ou mois à venir. Pour l’opposition travailliste, il serait plus avantageux qu’elles aient lieu après le 31 octobre car cela affaiblirait la position du Premier ministre britannique. Lequel s’était engagé à sortir son pays de l’UE avant cette date, la dernière fixée pour le Brexit. Pour Boris Johnson, ce scrutin est vital puisqu’il a perdu sa majorité au Parlement la semaine dernière. Mais il voulait le tenir le 15 octobre, laissant ouverte la possibilité d’un Brexit sans accord si jamais il le remporte. Le responsable britannique devra aller pêcher des voix du côté du parti du Brexit de Nigel Farage, qui avait cartonné aux élections européennes en prônant une sortie sans accord de divorce avec Bruxelles.

    ■ Brexit sans accord: Les discussions engagées entre Londres et Bruxelles n’aboutissent pas, les 27 refusent un nouveau report du Brexit prévu le 31 octobre, ou bien Boris Johnson remporte des élections anticipées et fait sortir son pays de l’UE sans accord. Ce scénario est particulièrement redouté par les milieux économiques. Ces derniers craignent une dégringolade de la livre, une chute des exportations, une envolée de l’inflation, voire une récession, avec le rétablissement de droits de douane et le spectre de pénuries de produits alimentaires, d’essence et de médicaments.

    ■ Brexit avec accord: Londres et Bruxelles parviennent à s’entendre sur la question cruciale du filet de sécurité irlandais, ou «backstop». Un mécanisme visant à éviter le retour d’une frontière en Irlande entre la province britannique du Nord et la république membre de l’UE au sud. Londres devait présenter de nouvelles propositions pour remplacer cette mesure dont Boris Johnson ne veut pas car il maintient provisoirement tout le pays dans une Union douanière avec l’Union. Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a assuré que Bruxelles n’avait à ce jour reçu aucune proposition réaliste de Londres.

    Les europhiles ne désarment pas

    L’autre scénario est le suivant. L’opposition travailliste emmenée par Jeremy Corbyn arrive en tête d’élections générales anticipées. Avec le soutien du parti europhile libéral démocrate (centre) et des indépendantistes écossais, elle organise un second référendum sur le Brexit. Le non à la sortie de l’UE l’emporte. Ce serait le rêve des europhiles (les 48% qui ont voté contre le Brexit lors du référendum de juin 2016).

    F. Z. T. avec agences

     

     

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