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    Dossier Spécial

    Co-créer les jobs du futur, un enjeu stratégique

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5589 Le 10/09/2019 | Partager
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    Iliya Komarev, directeur académique de l’emlyon business school-campus de Casablanca: «Nul n’est capable de prédire l’avenir. On peut en revanche agir vite pour s’adapter aux changements, les influencer ou même essayer de créer les emplois du futur» (Ph. emlyon)

    Les métiers du futur, nul ne peut les prédire. Un réel casse-tête pour les écoles de management devant former des profils pour des emplois aux contours inconnus. Pour Iliya Komarev, directeur académique de l’emlyon business school-campus de Casablanca, les écoles doivent participer à l’ingénierie des jobs du futur. Elles font aussi face à un autre défi, celui de la préparation de  lauréats capables d’évoluer dans un monde de plus en plus globalisé.

    - L’Economiste: Pour se différencier, les écoles multiplient les partenariats internationaux et des programmes de co-diplômation. Est-ce un réel indicateur de qualité?
    - Iliya Komarev:
    Le monde des affaires est globalisé, et les récents soucis liés à la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, ou encore le Brexit, ne font que confirmer ce constat. Les entreprises, y compris les PME, sont exposées à ce monde globalisé, développent une stratégie d’internationalisation, ou tout simplement, ont des clients ou des fournisseurs étrangers. Il est donc évident que les business-schools marocaines doivent préparer leurs diplômés à ce monde globalisé. Cela passe par l’enseignement des plus récentes connaissances et pratiques au niveau international, mais aussi par l’exposition directe à des cultures étrangères. L’implantation directe des business-schools à l’international étant lente et coûteuse, les partenariats internationaux et les co-diplômations apportent une réponse efficace à ce besoin de globalisation des études. Ces formes d’internationalisation des business-schools apportent donc aux diplômés une vraie valeur ajoutée en termes de connaissances techniques et de compétences transversales.
    Il est important toutefois de vérifier la qualité des partenariats d’échange et des doubles diplômes. Car les meilleures écoles d’un pays cherchent à s’associer avec leurs meilleurs équivalents à l’étranger.

    - Rares sont les business-schools possédant des accréditations internationales. Qu’apportent vraiment ces labels?
    - Les avantages des accréditations internationales sont multiples. Premièrement, l’accréditation internationale est un vrai label de qualité. En effet, pour être accréditée, une business-school doit passer par une revue scrupuleuse sur plusieurs critères de qualité très exigeants. Ces critères concernent les qualifications du corps enseignant, la pertinence des formations et de leur contenu, l’effort d’amélioration de la pédagogie, la qualité des services de support, les liens avec le monde des affaires...  
    Deuxièmement, et en lien avec la question précédente, les business-schools accréditées cherchent à s’associer avec des partenaires étrangers ayant les mêmes accréditations. Donc, étudier dans une école accréditée assure des possibilités de mobilité internationale ou de double diplômation avec le même niveau élevé de qualité. De plus, un des critères de poursuite des études (Master, MBA, PhD) dans les grandes business-schools étrangères est d’avoir un diplôme (licence/bachelor) d’une école accréditée.
    Troisièmement, un grand nombre de recruteurs étant convaincus des compétences des employés issus d’écoles accréditées, plusieurs offres d’emploi précisent que le candidat idéal doit être diplômé d’une école accréditée internationalement. L’effet réseau des diplômés prenant de plus en plus d’ampleur, ce type de critères d’embauche va sûrement s’accroître.

    - La majorité des jobs du futur sont encore inconnus. Comment préparer les jeunes à des métiers qui n’existent pas encore?
    - Ceci est une question qui nous préoccupe beaucoup, car nul n’est capable de prédire l’avenir. On peut en revanche agir vite pour s’adapter aux changements, les influencer ou même essayer de créer ces emplois du futur. Cela passe par deux voies. Tout d’abord, chez emlyon business school-campus Casablanca, nous sommes en lien direct et permanent avec les entreprises du Maroc, de la France et de par le monde. Nous étudions les changements qu’elles subissent et l’évolution de leurs besoins en compétences. Nous modifions en conséquence nos programmes diplômants. Ainsi, nous sommes parmi les premiers à introduire le développement des compétences digitales et des soft skills (compétences humaines ou transversales) dans tous nos diplômes. Nous sommes aussi les leaders au Maroc de l’hybridation entre études du management et autres sciences (ingénierie, santé publique…), car nous observons une croissance des emplois qui demande  des compétences transversales et interdisciplinaires.
    Au-delà de la création de nouveaux programmes et de l’actualisation constante de ceux en place, nous croyons très fort en l’éducation tout au long de la vie, notamment à travers des formations sur-mesure. C’est une façon efficiente d’observer en direct les besoins de l’entreprise et de co-développer de nouvelles compétences, voire de nouveaux postes. C’est une sorte d’ingénierie des jobs du futur à laquelle nous participons activement.

    Carte de visite

    • Fondée en 1872 par la CCI de Lyon
    • 7.260 étudiants de plus de 90 nationalités
    • 6.200 participants à des programmes de formation continue
    • 6 campus dans le monde (Lyon, Saint-Étienne, Casablanca, Shanghai, Paris, Bhubaneswar)
    • 181 partenaires académiques internationaux
    • 32.000 diplômés dans 120 pays.

    Propos recueillis par Ahlam NAZIH

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