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    International

    Guerre commerciale: L’effet des tensions sur le marché du pétrole

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5589 Le 10/09/2019 | Partager
    Grand débat lors de la réunion de l'OPEP ce jeudi à Abou Dhabi
    Les producteurs évoqueront de nouvelles baisses
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    Les principaux pays producteurs de pétrole se réunissent ce jeudi 12 septembre à Abou Dhabi. Ils vont évoquer de nouvelles baisses de la production pour soutenir les prix affectés entre autres par la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

    Les discussions interviennent à un moment où l'offre n'est pas excessivement élevée, en raison de la baisse de la production de l'Iran et du Venezuela ainsi que le ralentissement de la croissance de la production américaine. D’où l’intérêt d’équilibrer le marché pétrolier.

    Le Comité ministériel conjoint de suivi, qui rassemble des pays membres et non membres de l'OPEP (l'OPEP+) se réunira aux Emirats arabes unis. Il est chargé de contrôler l’application d’un accord convenu fin 2018 pour réduire l'offre. Cette instance ne prend pas de décisions, mais recommande des mesures aux 24 pays de l'OPEP+ qui doivent se réunir à Vienne en décembre. De nombreux analystes restent sceptiques car une nouvelle baisse de la production aggraverait les pertes de ces pays.

    L'OPEP+ a décidé fin 2018 de réduire sa production alors que la faiblesse de l'économie mondiale et l'abondance de la production américaine d'huile de schiste risquaient d'entraîner un surplus sur les marchés. Auparavant, ces mesures avaient généralement permis de faire grimper les prix. Mais ces derniers mois, les cours ont baissé, même après la décision en juin de l'OPEP+ de prolonger de neuf mois l'accord sur la réduction de la production.

    Hier lundi dans la matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre valait 62,03 dollars à Londres, en hausse de 0,80% par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril américain de WTI pour octobre prenait 0,78% à 56,96 dollars. Dans sa livraison d’avril 2019 de Commodity Markets Outlook, la Banque mondiale avait tablé sur un baril de pétrole s’établissant en moyenne à 66 dollars en 2019 et à 65 dollars en 2020 (cf. notre édition N° 5504 du 26/04/2019).

    Un nouveau facteur est entré en jeu: la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine dont les sanctions réciproques consistent en hausse des droits de douane. Lors d'une conférence de presse dimanche à Abou Dhabi, le ministre émirati de l'Energie et de l'Industrie Souheil al-Mazrouei a reconnu l'effet de ces tensions sur le marché du pétrole. Mais il ne «suggère pas de se lancer dans des coupes de la production à chaque fois qu’il y a un problème de tensions commerciales». Il reste convaincu que «l'OPEP+ ferait le nécessaire pour rééquilibrer le marché».

    A la veille de la réunion à Abou Dhabi, le roi Salmane d'Arabie saoudite a nommé un de ses fils, le prince Abdel Aziz ben Salmane, ministre de l'Energie. Ceci au moment où Riyad prépare l'introduction en Bourse du géant pétrolier public Aramco à l'horizon 2020-2021 en espérant des conditions de marché plus favorables.

    Au lendemain de sa nomination, le nouveau ministre s'est dit «favorable à une baisse de la production de pétrole, afin d'absorber les excédents». Il a souligné aussi que «la politique pétrolière de son pays, qui assure le tiers de la production de l’OPEP, ne connaîtrait pas de changement de cap».

    Quelles perspectives?

    Depuis avril 2019, la situation a été marquée par un léger recul de la production de l’OPEP accompagnée d’une hausse de celle des Etats-Unis et du Monde hors Etats-Unis, Russie et OPEP. Les indicateurs montrent aussi une augmentation de la consommation de pétrole en Chine, dans les émergents outre le maintien d’un excès de la consommation sur la production mondiale. «Ce qui précède montre que la baisse récente du prix du pétrole peut être attribuée surtout au recul des positions spéculatives, il n’y a pas de signe d’excès d’offre depuis avril 2019», indiquent les experts de Natixis dans la note économique «Le prix du pétrole reflète-t-il une véritable dégradation de l’économie mondiale?». Les variables cruciales pour l’avenir sont alors:
    * La capacité à augmenter la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis. Les chiffres annoncent un freinage de la production.
    * La croissance des régions consommatrices de pétrole, en particulier en Chine et dans les émergents, qui est clairement affaiblie.
    * Le maintien d’une production plus faible de l’OPEP (réduction de la production de l’Arabie Saoudite en particulier), avec des difficultés au Venezuela et en Iran.
    * Au total, il devrait y avoir plutôt baisse parallèle de l’offre et de la demande de pétrole.

    F. Z. T.

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