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    Economie

    Algérie: Une économie ingouvernable?

    Par Nadia SALAH | Edition N°:5586 Le 05/09/2019 | Partager
    La fin des hydrocarbures est proche, affirment les experts Sonatrach
    Manque sérieux de produits agricoles
    Manifestants certains d’avoir été dépouillés de milliards de milliards
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    L’Algérie est arrivée à l’indépendance avec un système éducatif considérablement plus puissant et mieux structuré que dans le Protectorat marocain. Mais elle a fait un effort plus tôt et autrement plus important que le Maroc pour alphabétiser les adultes. En revanche on y voit baisser les entrées des enfants à l’école alors que la population augmente rapidement. Elle est aujourd’hui de 43 millions d’habitants (plus 5 millions résidents à l’étranger ?). On a le mouvement inverse au Maroc de scolarisation quasi-totale des enfants.

    L’Algérie, notre voisin, serait-elle gonflée aux faux chiffres. Les Algériens manifestent tous les vendredis (jour férié) et de plus petites troupes ont commencé à défiler le mardi aussi. Les manifestants se disent plusieurs millions à battre le pavé (Lire article).

    Difficile de le savoir: les journalistes étrangers sont très mal venus et l’organisation de la presse locale en filières de soutien pour tel ou tel groupe ne permet pas de se faire une idée juste. Le ton des médias y est particulièrement virulent, plus qu’au Maroc, mais la qualité de l’information y est moins bien respectée.

    C’est à ce moment qu’apparaissent des doutes sur la principale ressource, l’extraction de gaz. Vue du Maroc, ce n’est pas facile à imaginer, car on s’y plaint de la focalisation des exportations vers l’Europe. Pourtant cela n’a rien à voir avec le système algérien. Le non-pétrole ne pèse qu’entre 2 à 5% des recettes d’exportation. Le phénomène d’hyper concentration s’aggrave dans les finances de l’Etat.

    L’inconnue alimentaire à moyen terme

    Les hydrocarbures (Sonatrach) financent 75% du budget de l’Etat. Au Maroc, il faut réunir les cent plus grandes entreprises pour obtenir 37% de l’IS et l’OCP n’apporte «que» 2,4% des recettes. Ce qui montre la concentration des risques chez notre voisin.

    De plus, il apparaît que les exportations en volume sont en baisse régulière depuis 2008, et ce quel que soit le prix, faible ou élevé. Le ministre du pétrole, Mustapha Guitouni, s’est inquiété devant les élus, en décembre 2018, de voir la demande nationale en gaz rattraper le niveau d’extraction. Les prix sont très bas ce qui favorise la surconsommation de plus 7% par an.

    Dès 2012, un de ses prédécesseurs, Abdelmajid Attar a observé toujours publiquement que les réserves «ont un degré avancé d’épuisement». Il propose de faire des réserves (financières) stratégique «à défaut de laisser (aux futures générations) une économie diversifiée capable de progresser par elle-même».

    Les manifestants sont persuadés que «leur» pétrole a été purement et simplement volé par les «gens du système». Et quelques orateurs promettent le maintien du style de vie des Algériens (employés sans travail, bourses, subventions…) dès que «l’on aura récupéré tout cet argent». Des chiffres circulent parlant de milliards de milliards de dollars (1 dollar vaut aujourd’hui 100 dinars). Sans base crédible. Néanmoins ces chiffres peuvent faire capoter n’importe quel redressement.

    Les statistiques douanières disent que l’Algérie a besoin de 130 à 135 milliards de dollars d’importations alimentaires. Le Maroc exporte presque 6 milliards de dollars d’agroalimentaire avec une balance excédentaire de 1,5 milliard. Le pari agricole d’Hassan II et M6, moqué par les économistes algériens, est donc un meilleur choix.

    Mais il n’est pas possible dans un avenir proche d’envisager de fournir tous les produits agricoles dont a besoin notre voisin. En admettant aussi que la stratégie politique cesse de diaboliser Rabat.

    N.S

     

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