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    Industrie de béton: Sadet restructure son outil de production

    Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5585 Le 04/09/2019 | Partager
    210 millions de DH dans deux sites à Benslimane et Agadir
    Faute de compétitivité, l’unité de Temara a été fermée
    Le management dit vouloir «être prêt dès la reprise dans le BTP»
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    Les usines de tous les industriels de béton tournent actuellement en dessous de leur capacité en attendant la reprise de l’activité dans le BTP (Ph. Sadet)

    Encore plus que le BTP au ralenti depuis cinq ans, l’industrie des matériaux de construction traverse une zone de fortes turbulences. Au mieux l’activité stagne, voire recule, tranche l’ancien président de l’Association marocaine de L'industrie du bêton (AMIB), Azzedine Abaakil. En plus de la chute des commandes, les opérateurs doivent par ailleurs affronter une redoutable concurrence des produits de substitution et de l’importation qui, eux, échappent à la taxe sur le ciment.

    Malgré ces difficultés, «le préfabriqué en béton garde toutes ses chances compte tenu du retard pris par notre pays dans ce domaine», espère l’ex-président de l’Amib, qui se défend de «prêcher pour sa paroisse». Azzedine Abaakil préside le groupe Sadet, un des acteurs de référence du préfabriqué en béton au Maroc. L’industriel est convaincu que le cycle baissier actuel dans son secteur ne durera pas longtemps.

    D’où sa décision d’investir dans de nouvelles capacités «afin d’être prêt lorsque l’activité reprendra». Sadet n’a pas modifié son plan stratégique Vision 2025 même si des réaménagements à la marge y ont été apportés. Son management espère que les pouvoirs publics rétabliront «l’équité fiscale» par rapport aux importations et produits de substitution.

    Tous les projets prévus dans le plan stratégique sont maintenus. A Benslimane, le groupe va investir 140 millions de DH dans une nouvelle unité industrielle. Sa mise en service est prévue pour fin 2020. Les travaux de construction devraient démarrer dans les prochaines semaines dès que le reclassement du terrain en «vocation non agricole» sera validé.

    Cette unité est le résultat d’un processus de restructuration industrielle qui consiste à se rapprocher des carrières Ouled Cherat afin de réduire les coûts logistiques et d’améliorer la compétitivité. L’ancienne unité de Sadet de Temara, devenue «économiquement non viable», a été fermée.

    A noter au passage le succès des négociations avec le syndicat UMT dans cette opération. Chaque employé a été traité comme un cas humain à part. Les solutions ont été individualisées au maximum avec l’aide et l’accompagnement du syndicat «qui n’a rien lâché», indique le PDG de Sadet. Ce montage peut être considéré comme un cas d’école.

    Une partie des ouvriers de Temara ont été transférés à l’usine de Bouskoura moyennant une importante revalorisation salariale pour compenser le déménagement. Et ceux qui étaient proches de la retraite ont reçu une indemnité de départ pouvant aller jusqu’à 3 ans de salaires.

    La construction de l’usine d’Ouled Teima dans la région d’Agadir, filiale de Sadet Sud, devrait commencer très prochainement. Elle a nécessité un investissement de 70 millions de DH. Navire amiral du groupe, l’usine de Tanger a été logée dans la filiale «Sadet Med».

    Pour accélérer son plan stratégique 2025, le groupe se dit ouvert aux propositions de partenariat régional, au nord et au sud du Maroc, ainsi qu’aux investisseurs qui souhaitent l’accompagner dans son ambitieux  programme d’expansion. Sadet emploie actuellement 320 personnes pour un chiffre d'affaires consolidé d’environ 300 millions de DH.

                                                                         

    Ce poison de la taxe sur le ciment…

    Le contrat de performance conclu depuis plus de 2 ans prévoit dans son préambule des préalables à l’accélération de l’industrie du préfabriqué en béton. Ses objectifs sont plutôt ambitieux: génération d’une valeur ajoutée supplémentaire de plusieurs centaines de millions de DH et création de 2.700 emplois directs.

    Pour y arriver, le gouvernement s’était engagé à «assainir» l’environnement du secteur en adoptant un train de mesures offensives. Un, protéger les acteurs transparents contre les pratiques de l’informel et la vente au noir. Deux, aligner les taxes supportées par le secteur au même niveau de droits payés par l’importation et les autres branches industrielles. 

    La protection contre l’informel consistait à assécher le marché des ventes au noir en généralisant la TVA sur l’ensemble de l’autoconstruction. Celle-ci représente la moitié de logements construits. Actuellement, seuls les logements de plus de 250 m² livrés pour soi-même sont soumis à la TVA. Or, l’écrasante majorité de l’autoconstruction est en dessous de 250 m2.

    De toutes ces promesses, les industriels sont toujours en attente de concrétisation. Il y a enfin ce «poison» de la taxe spéciale sur le ciment qui pénalise gravement tous les fabricants du préfabriqué en béton, le ciment étant leur principale matière première. En tout, les entreprises du secteur ont réglé 166 millions de DH en taxes sur le ciment en 2017, soit 25,2% de la valeur ajoutée qu’elles génèrent.

    A.S.

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