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    International

    Réforme des retraites: Macron change de cap

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5581 Le 29/08/2019 | Partager
    Un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l'âge de départ
    Le président français promet un nouveau grand débat
    Des manifestations prévues en septembre
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    Du nouveau sur la réforme des retraites en France. Le président Emmanuel Macron préfère désormais un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l'âge de départ. Fin avril, le chef de l'Etat avait en effet suggéré «d'allonger la durée de cotisation et de laisser le libre choix, avec un système de décote qui incite à travailler davantage».

    Macron promet un nouveau grand débat afin de trouver un compromis permettant de résorber le déficit du système actuel. Puisque l'âge d'équilibre ne convient à personne, le sujet sera remis à l'ordre du jour dès les 5 et 6 septembre, lors d'entretiens à Matignon avec les partenaires sociaux. Les Français seront aussi consultés à l'automne, sous une forme à déterminer.

    Après des semaines de tractations, le gouvernement avait tranché en faveur d'un âge d'équilibre devenu le symbole du futur système universel par points promis par Macron. Le haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, avait précisé en juillet que l'âge légal resterait fixé à 62 ans, mais il faudrait travailler jusqu'à 64 ans pour une pension à taux plein.

    Une idée aussitôt rejetée à l'unanimité par le patronat et certains syndicats (Confédération générale du travail: CGT-Force ouvrière: FO) en faisant même le principal mot d'ordre de leurs manifestations prévues fin septembre. Farouchement opposé à cette réforme, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez cité par l’AFP, estime que «c'est de l'enfumage, expliquant que s'il faut travailler plus de trimestres, on va partir plus tard».

    «Personne n'est dupe», juge le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, prédisant que «ce qui pourrait apparaître comme une position moins arbitraire va conduire beaucoup de personnes à travailler au-delà de 64 ans».

    Quant au patronat, il continue de plaider pour un relèvement de l'âge légal, «indispensable» selon la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). De son côté, le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, considère «qu'on (n'en) fera pas l'économie et c'est mentir par omission aux Français que de dire le contraire».

    Seule la CFDT (Confédération française démocratique du travail) a exprimé un semblant de satisfaction. «Macron a dit que l'âge pivot était une erreur, n'était pas une bonne chose en tout cas. Tant mieux, on l'avait dit aussi, donc maintenant on verra», a réagi son secrétaire général Laurent Berger. Favorable au principe d'un système universel, l'organisation attend les concertations avec le Premier ministre la semaine prochaine.

    Dans l'équipe de Delevoye, il est rappelé qu'il existe déjà un régime à la fois par points et qui utilise la durée de cotisation: l'Agirc-Arrco, caisse complémentaire des salariés du privé, gérée par les partenaires sociaux. La même source souligne que «la durée n'est pas écartée du rapport du haut commissaire. Car elle resterait nécessaire pour tout un nombre de sujets, comme le minimum de pension, la pénibilité et les carrières longues».

    Trois thèmes que la CFDT a justement l'intention de remettre sur la table à Matignon. Mais l'exécutif a aussi en tête le besoin de financement du système de retraites, estimé à 10 milliards d'euros d'ici 2022. Ceci au moment où la réforme doit entrer en vigueur en 2025.

    Débat au Medef

    Le Medef (Mouvement des entreprises de France) tient les 28 et 29 août sa première Rencontre des entrepreneurs de France (REF), université au format rénové, largement consacrée aux grands débats de société et en plein débat sur la réforme des retraites. Sur ce dossier, le président de cette organisation patronale française, Geoffroy Roux de Bézieux, s'est dit «surpris par la méthode choisie par Emmanuel Macron après 18 mois de concertation». Sur le fond, «ne pas agir sur l'âge, c'est mentir par omission aux Français, au moment où se profile une impasse budgétaire en 2025 pour maintenir l'équilibre financier du système», a-t-il jugé en s’adressant à des journalistes. Interrogé sur sa réaction face à la proposition d'Emmanuel Macron d'une refonte du système de retraites sur la base d'une durée de cotisation plutôt que d'un relèvement de l'âge de départ, Roux de Bézieux dit «qu'il faut faire les deux».

    F. Z. T.

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