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    Economie

    Eaux embouteillées: Le Maroc, le plus cher de la région MENA

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5578 Le 26/08/2019 | Partager
    Selon un benchmark régional, l'eau est 17% plus chère au Maroc
    Distorsions réglementaires, manque de concurrence…
    La Banque mondiale analyse les marges du secteur
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    Selon un sondage Sunergia datant de novembre 2018, un peu moins de la moitié des couches les plus aisées consomment l’eau en bouteille contre 15% pour les catégories socioprofessionnelles C et 10% des CSP D et E. L’eau embouteillée n’est pas perçue comme étant un produit de luxe dans le Royaume, mais plutôt un produit de grande consommation

    Selon la Banque mondiale, les prix moyens des eaux embouteillées au Maroc sont environ 17% plus élevés que ceux d’un ensemble de pays de la région Mena, de l’OCDE et certains autres pays pairs (Mena ++).

    Par la classification «Mena ++», la Banque mondiale entend les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (à l’exclusion de la Libye, de l’Irak et de la Syrie), le Guatemala, le Vietnam, la Thaïlande, l’Indonésie, les Philippines, la Malaisie, la Chine, le Pérou, la Bulgarie, la Hongrie, le Costa Rica, la Croatie, le Chili, la Turquie, la Pologne, la Roumanie, l’Inde, l’Espagne, le Portugal, l’Ukraine.

    Selon la SFI, les niveaux de marges au Maroc renseignent sur des distorsions réglementaires, voire une carence des instances de contrôle et de régulation: «Les distorsions réglementaires et le manque de concurrence peuvent avoir pour effet que les prix des principaux produits du panier de consommation alimentaire soient nettement plus élevés au Maroc que dans les pays de comparaison».

    De plus, la loi laisse aux entreprises une grande latitude pour contrôler les prix, ce qui porte atteinte au principe général de la liberté des prix. Les carences des institutions et la réglementation en matière de protection de la concurrence favorisent des abus de position dominante qui ne disent pas leur nom. En fin de compte, les entreprises privées et surtout les consommateurs sont pénalisés.

    L’absence de mise en œuvre des dispositions constitutionnelles et autres dispositions légales et réglementaires qui soutiennent la libre concurrence au Maroc (Pilier III) constitue le problème le plus critique. Certains aspects de la loi sur la concurrence soulèvent également des préoccupations en termes de concurrence, notamment les exemptions «dont la portée potentielle risque de compromettre l’efficacité de la loi», souligne la Banque mondiale. La législation sur la concurrence autorise par exemple l’exemption de pratiques qui constituent un abus de position dominante.

    Selon un sondage Sunergia datant de novembre 2018, 17% des Marocains consomment de l’eau en bouteille. Quel que soit le pouvoir d’achat ou la situation socioprofessionnelle, l’eau embouteillée n’est pas perçue comme étant un produit de luxe dans le Royaume, mais plutôt un produit de grande consommation.

    Concernant les catégories socioprofessionnelles (CSP), un peu moins de la moitié des couches les plus aisées consomment l’eau en bouteille contre 15% pour les CSP C et 10% les CSP D et E. Malgré la vague du boycott d’avril à août 2018, les Marocains affichent leur préférence pour les produits de la société des Eaux minérales d’Oulmès: Sidi Ali, Ain Atlas et Bahia avec 62% des préférences. Selon le sondage, il apparaît que les marques préférées des Marocains après les produits des Eaux minérales d’Oulmès sont Ain Saiss et Sidi Hrazem de l’entreprise Sotherma.

    Même si le marché de l’eau en bouteille connaît une multiplication de l’offre, il demeure très concentré. Malgré le boycott, la structure du secteur en termes de parts de marché n’est pas près de changer. Les deux grands opérateurs, Les Eaux minérales d’Oulmès et Sotherma captent, à eux seuls, une part de marché de plus de 90%. En 2017, ce business pesait 1,9 milliard de DH, selon les estimations de l’Association marocaine des boissons (AMB).

    Côté embouteilleurs, les industriels se plaignent des charges fiscales trop importantes (TIC, TVA, écotaxe, marquage fiscal, redevances…). En effet, l’eau exploitée n’est pas gratuite mais assujettie à des taxes d’exploitation. S’y ajoutent des redevances à verser aux Agences de bassin hydraulique, pour prélèvement ou utilisation de l’eau dans le cadre du processus de fabrication.

    Pour l’année 2017, les Eaux minérales d’Oulmès s’est acquittée de plus de 657 millions de DH d’impôts et taxes (TVA, redevances d’exploitation de la source, taxe intérieure de consommation, écotaxe, frais de marquage fiscal et divers autres impôts et taxes).

    Par ailleurs, les taxes d’exploitation ont augmenté de 9,8% par rapport à 2016. La seule taxe communale payée par la société à la Commune d’Oulmès s’est élevée à 99 millions de DH. La redevance d’exploitation des sources due à l’Etat s’est, quant à elle, élevée à 48,28 millions de DH.

    Fiscalité

    Au Maroc, «les eaux minérales et les eaux de table taxables sont les eaux de source ou de puits telles qu’elles sont réglementées par la législation en vigueur relative à leur exploitation et à leur vente». Une taxe sur les eaux minérales et de table (TEMT) est payée par les entreprises exploitant les sources d’eaux minérales ou de table. Ces dernières reversent à l’Etat 10 centimes de dirham (0,10 DH) par litre ou fraction de litre des eaux minérales et de table livrées à la consommation sous forme de bouteilles. L’assiette de la TEMT est déterminée à l’article 78 de la loi 47-06. Dans son auto-saisine n°39/2019, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) pointe du doigt les difficultés d’application du texte en ces termes: «La taxe sur les eaux minérales et de table a un rendement très faible». Ce constat s’explique certainement par le fait que la TEMT est fondée sur la base d’une déclaration annuelle de recettes à remplir spontanément. Son reversement est forfaitaire, et porte sur la production et non la vente d’eaux, indépendamment des flux financiers.

    M.Ko.

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