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    Entreprises

    Les startups marocaines dans la «vallée de la mort»

    Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5578 Le 26/08/2019 | Partager
    Manque de financement, rareté des business angels...
    Des lacunes aux étapes du pré-amorçage et du capital-risque

    Les entreprises ayant besoin de capitaux d’amorçage et de capital-risque n’ont reçu que 6% du total des investissements réalisés en 2015, soit l’une des parts les plus faibles de la région. Le chiffre a été communiqué par la Société financière internationale (SFI), dans son diagnostic de juin dernier sur le secteur privé marocain.

    «Les besoins de financement des jeunes pousses et des entreprises en phase de démarrage et de développement initial sont encore peu couverts. Le capital-investissement est relativement bien développé au Maroc, mais le capital-risque (CR) et les investisseurs providentiels (business angels) sont rares», relève la filiale de la Banque mondiale.

    Une évaluation du groupe de la Banque mondiale a conclu que le marché manque de financement à partir de l’étape pré-amorçage (20.000 dollars, environ 190.000 DH) jusqu’à l’étape précoce du CR (2 millions d’euros, environ 20 millions de DH). Les startups marocaines et les jeunes PME innovantes sont confrontées à la situation classique de la «vallée de la mort».

    Une phase critique qui correspond à la période qui s’écoule entre le moment où une startup reçoit une contribution initiale en capital et le moment où elle génère des revenus. Comme palliatif, la CCG soutient le capital-risque par l’intermédiaire des fonds InnovInvest qui fournissent des capitaux propres, des prêts à l’innovation et de l’aide aux startups.

    Par ailleurs, le gouvernement travaille avec la communauté du développement et le secteur privé pour combler ces lacunes. Avec un financement de la Banque mondiale, le gouvernement marocain s’attelle à pallier les difficultés du marché, notamment l’offre de financement en fonds propres pour les jeunes PME innovantes et pour catalyser le capital-risque.

    Le projet s’attaque aux faiblesses du savoir-faire en matière d’investissement des agences de l’écosystème qui soutiennent les entrepreneurs et favorisent la création d’entreprises financièrement viables. La mise en œuvre a été enclenchée en 2017, y compris des investissements dans trois fonds de capital-risque gérés par le secteur privé qui ont permis d’obtenir un peu plus de 30 millions de dollars d’investisseurs privés (environ 286,8 millions de DH).

    Les objectifs de développement du projet consistent à mobiliser, d’ici la sixième année, 30 millions de dollars en capital privé (déjà réalisés), 25 millions de dollars en capital-risque et 5 millions de dollars en capital privé providentiel/de démarrage pour 120 PME ou encore fournir à 100 entrepreneurs des conseils et un soutien en matière d’innovation.

    Le financement collaboratif, ou crowdfunding, apparaît comme une forme alternative en faveur des startups et des PME, surtout celles qui en sont à leurs débuts. Avec l’adoption du nouveau projet de loi sur le crowdfunding, les plateformes de financement collaboratif pourront mobiliser jusqu’à 5 millions de DH par projet. En matière de contribution, une personne physique ne pourra dépasser 250.000 DH (voir L’Economiste n°5577 du 23 août 2019).

    Cependant, l’un des défis majeurs du crowdfunding est le traitement des paiements, car les cartes de crédit au Maroc ne peuvent être utilisées sur les plateformes mondiales. Pour l’heure, le faible accès au financement de la plupart des petites entreprises, combiné aux retards de paiement, aggrave les problèmes de trésorerie des jeunes pousses.

    Pour stimuler un environnement plus dynamique, «il est essentiel de résoudre les retards de paiement, garantir des procédures rapides en matière de faillite, une exécution stricte des contrats et une justice civile efficace», préconisent les experts. La SFI préconise également de dispenser une formation en éducation financière aux nouveaux entrepreneurs.

    Profil type de l’entrepreneur marocain

    L’un des points saillants qui mérite d’être relevé est le profil type de l’entrepreneur marocain, établi par la Banque mondiale. Selon la SFI, il est moins instruit que les benchmarks mondiaux. L’entrepreneur marocain est en moyenne âgé entre 25 et 34 ans (35 à 44 ans pour les entrepreneurs établis), a terminé ses études secondaires et vit dans un ménage dont le revenu est inférieur à 40.000 DH. C’est une situation très différente de celle d’un entrepreneur international typique qui a également 25-34 ans (45-54 ans pour les entrepreneurs établis), mais qui possède un diplôme universitaire et qui est issu d’un ménage financièrement sain.

    M.Ko.

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