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    Régions

    Oujda/communes: Discorde autour des subventions

    Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5576 Le 22/08/2019 | Partager
    Dissolution de toutes les commissions communales
    PJD et PAM en déconfiture
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    Derrière les débats houleux d’approbation des budgets de la commune d’Oujda se cache une lutte acharnée de positionnement (Ph A.K)

    Les subventions octroyées aux associations au terme de l’année 2019 ont provoqué une vague de protestations au niveau de la ville d’Oujda. Plusieurs associations les ont refusées. Certains élus accusent d'autres de favoritisme et de soutiens alléchants aux associations qui gravitent autour de leurs campagnes électorales.

    Les reproches ne s’arrêtent pas là et pointent des élus qui ont accordé des subventions aux associations qu’ils président, alors que cela est strictement interdit par la loi. Selon l’article 65 de la loi organique 113.14 relative aux communes qui fixe les conditions d’exécution, il est formellement interdit qu’un élu exploite son appartenance à un conseil pour favoriser l’association dont il est membre.

    «C’est ce qui a été toléré par le Conseil communal d’Oujda», indique Mohammed Ben Daoud, trésorier de l’Association Oued Ennachef Sidi Maâfa. Il avance que certains conseillers ont constitué des associations à des fins d’enrichissement personnel ou partisanes.

    «Nous avons refusé l’aide financière du Conseil municipal pour des raisons d’éthique. Il est anormal que plusieurs associations perçoivent 3.000 DH alors que d’autres obtiennent 30.000 DH et plus» souligne-t-il sur la base de documents listant les associations bénéficiaires et dont L’Economiste dispose copie.

    Cette iniquité dans la distribution des subventions a été précédée par la dissolution des cinq commissions du Conseil communal d’Oujda suite à une entente entre des élus de la majorité et les élus de l’opposition. La nouvelle cohabitation a regroupé 35 élus sur les 65 qui constituent le Conseil et ont fait tomber les anciennes commissions pour se départager les responsabilités.

    Toutefois, cette nouvelle mouture a provoqué la colère de la direction générale du PJD qui a dissout toutes les instances locales du parti. Une décision aux conséquences imprévues et qui remet le compteur à zéro pour constituer les nouvelles instances locales, et décider qui peut, ou non, adhérer au parti de la lampe.

    Ce crash n’est pas le premier. À Oujda, les choix des alliances de la Direction du parti n’ont pas souvent coïncidé avec celles préconisées par les élus islamistes locaux. Ce qui explique le bras de fer entre les instances locales et nationales. Pour Mohammed Othmani, parlementaire pjdiste, «la direction nationale a commis une erreur en discréditant ses instances locales».

    «La déconfiture du PJD n’est pas l’unique cas. Les élus Pamistes sont également logés à la même enseigne et sont divisés en deux clans. Eux aussi, n’arrivent pas à s’entendre pour des raisons de positionnement dans les commissions», explique un responsable communal.

    Plusieurs personnes se questionnent sur le rapport entre les subventions octroyées aux associations et les conflits de positionnement au conseil communal. Il suffit de rappeler que le nombre des associations qui ont bénéficié de subventions avoisine les 240 dont 171 culturelles et sociales, 11 associations à besoins spécifiques, 23 associations folkloriques, 41 associations sportives qui couvrent tous les quartiers de la ville. S’y ajoutent 31 clubs sportifs.

    «La majorité de ces associations ne sont pas apolitiques et sont exploitées à des fins électorales», ajoute notre source. Ce qui explique pourquoi certaines associations ont refusé ces subventions. «Elles se sentent manipulées et refusent ces rapports de dépendance», confie à L’Economiste Abdallah Antar, président de l’Association Noor pour le sport, la culture et le développement.

    Tiraillements aux conséquences néfastes

    Pour comprendre les causes de cette mésentente qui perdure et les coups que se portent les uns aux autres, il faut remonter aux tractations, qui ont précédé la constitution du conseil municipal d’Oujda, en septembre 2015.
    L’élection du président et des membres du bureau du conseil communal a été reportée, à maintes reprises faute de quorum électoral. Les 65 membres élus (30 du Pam, 28 du Pjd et 7 de l’Istiqlal), ne sont jamais parvenus à travailler sereinement malgré des cohabitations temporaires. D’ailleurs, le budget communal a été refusé à trois reprises et il a fallu des interventions au niveau du ministère de l’Intérieur et des directions centrales de ces trois partis pour débloquer certaines rubriques budgétaires. «Cette situation de méfiance a porté un véritable coup de massue aux programmes de développement qui devaient être lancés au niveau de la capitale de l’Oriental», explique Zahreddine Taybi, professeur universitaire et spécialiste en sciences politiques. Et d’ajouter: «Ce sont les citoyens et la ville qui subissent encore une fois les conséquences d’une lutte politicienne».

    De notre correspondant permanent, Ali KHARROUBI

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