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    International

    Les banquiers centraux dans le brouillard

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5576 Le 22/08/2019 | Partager
    Ils se réunissent cette fin de semaine à Jackson Hole
    Vent de panique sur les Bourses, craintes d’une récession mondiale
    Des risques planent sur les Etats-Unis et l’Allemagne…
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    Tensions commerciales entre Washington et Pékin, croissance chinoise et européenne marquant le pas… Inquiets face au ralentissement de l’économie mondiale, les investisseurs craignent une récession. En attendant, les Bourses mondiales dépriment (Ph. AFP)

    Dans un contexte de vent de panique sur les Bourses et de craintes d’une récession mondiale, les investisseurs s’en remettent aux banques centrales, qui se réuniront en symposium du jeudi 22 au samedi 24 août à Jackson Hole aux Etats-Unis. En jouant avec les taux, la banque centrale américaine (Fed) pourrait, à minima, retarder une crise, selon les investisseurs. Le discours du président de la Fed, Jerome Powell, est très attendu.

    Une majorité d’économistes prédisent une récession aux Etats-Unis dans les deux ans, même s’ils estiment qu’elle sera retardée grâce aux actions de la Réserve fédérale américaine, selon un récent sondage cité par l’AFP. Sur les 226 économistes interrogés par la National Association for Business Economists (NABE), 38% pronostiquent une entrée de la première économie mondiale en récession en 2020, 34% en 2021 et 14% plus tard.

    En revanche, ils ne sont que 2% à prédire le début de la récession en 2019, contre 10% lors du précédent sondage réalisé en février. Toujours selon ce sondage, 46% des économistes interrogés s’attendent à au moins une nouvelle baisse des taux par la banque centrale d’ici la fin de l’année, tandis que 32% pensent qu’ils termineront à leur niveau actuel. La Fed a réduit le 31 juillet les taux directeurs d’un quart de point pour les fixer dans la fourchette de 2 à 2,25%.

    L’inversion de la courbe des taux est vue par les investisseurs comme étant un signe historique de ralentissement économique. Quand les taux à long terme de la dette à 10 ans passent sous ceux de la dette à court terme à 2 ans, cela signifie que les investisseurs pensent qu’une récession se profile dans les 12 à 18 mois et que la Fed devra intervenir pour baisser les taux d’intérêt.

    La dernière récession en 2009, qui faisait suite à l’éclatement de la bulle immobilière provoquée par la multiplication des prêts à risque (subprime), avait été précédée par une inversion de la courbe des taux. Celle de 2001, après l’explosion de la bulle internet, l’avait été aussi.

    Plusieurs facteurs font craindre un ralentissement de l’expansion économique aux Etats-Unis. Même si, pour l’instant, l’économie américaine affiche encore une croissance de 2,1% en rythme annuel au 2e trimestre, bien supérieure à celle de la zone euro. Le taux de chômage est aussi proche de son plus bas niveau en 50 ans (3,7%).

    Le FMI a même revu à la hausse ses perspectives de croissance pour le pays. Bien que moins forte qu’en 2018, elle devrait atteindre 2,6% en 2019 et 2% en 2020. Le secteur manufacturier américain en revanche montre des signes de faiblesse. Fin juin, il a enregistré un déclin de sa production pour le 2e trimestre d’affilée. Une récente note d’économistes de Bank of America a aussi pointé une augmentation des risques de récession.

    L’économie allemande en panne

    Outre-Atlantique, l’économie allemande pourrait entrer en récession au troisième trimestre sous l’effet d’une nette contraction de la production industrielle, a averti la banque centrale. L’Allemagne a accusé récemment un recul de son Produit intérieur brut au 2e trimestre (-0,1%) par rapport au trimestre précédent. La conjoncture allemande est affectée par les incertitudes liées à la guerre commerciale menée par l’administration Trump sur plusieurs fronts, non seulement en Chine, mais aussi ses attaques contre Berlin et ses exportations automobiles. Le président Trump a repoussé à mi-décembre l’imposition de 10% de taxes supplémentaires sur une partie des 300 milliards de dollars d’importations chinoises qu’il voulait infliger dès le 1er septembre. La prochaine session de négociations commerciales avec Pékin est prévue à cette date.
    Ces inquiétudes viennent s’ajouter aux craintes provoquées par les péripéties de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne et dont l’activité économique a elle aussi fini en territoire négatif (-0,2%) au 2e trimestre. A cela, il faut ajouter l’affaiblissement de la croissance de la production industrielle chinoise tombée au plus bas en 17 ans en juillet.

    F. Z. T.

     

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