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    Culture

    Casablanca: Une biennale qui prend le temps de mûrir

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5567 Le 01/08/2019 | Partager
    Le «BIC Project Space», un programme d’incubation pour interagir avec la scène artistique locale
    «Les mots créent des images», un thème conçu par la commissaire Christine Eyene
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    L’adoption du terme kalima (mot en arabe), n’est pas sans rappeler la revue féministe marocaine éponyme de la fin des années 1980, et ce qu’elle symbolise en matière de prise de parole et mise sous silence (Crédit BIC)

    La 5e Biennale Internationale de Casablanca (BIC) poursuit sa phase de restructuration sous la direction artistique de l’historienne de l’art et chercheuse en art contemporain à l’Université de Central Lancashire (Royaume-Uni).

    Prévue du 24 septembre au 1er novembre 2020, la biennale prend son temps et lance un nouveau programme d’incubation en ouvrant ses espaces de travail pour accueillir et interagir avec la scène artistique locale et marocaine à travers une variété de medium allant des arts visuels et sonores, au texte, à la performance et séances de projections vidéo.

    Intitulé le «BIC Project Space», le lieu inauguré en juin dernier à Casablanca, est voulu comme un espace expérimental, accueillant expositions, projections, ateliers et rencontres. Le premier événement  était l’exposition «Regards: Photographie Camerounaise» regroupant les travaux des artistes  Romuald Dikoumé, Blaise Djilo, Max Mbakop, Yvon Ngassam, Antoine Ngolkedo’o et Charlotte Yonga, fruit d’une collaboration entre la BIC et Yaounde Photo Network (YPN), plateforme photographique camerounaise indépendante.

    L’espace a également pour ambition d’organiser des ateliers pour les artistes, les jeunes professionnels de l’art et les critiques d’art. Le programme intégrera progressivement des artistes internationaux et contribuera au développement des expositions de la prochaine édition.

    Placé sous le thème «Les mots créent des images», le concept curatorial s’inspire selon la commissaire d’une remarque du photographe sud-africain George Hallett discutant de l’inspiration littéraire se trouvant au cœur de sa pratique photographique, lors d’une interview avec John Edwin Mason, professeur agrégé en Histoire de l’Afrique et de la Photographie à l’Université de Virginie. Il fait aussi référence à une observation de Jacques Derrida dans son séminaire «Trace et archive, image et art» (2002), sur l’idée de mot œuvrant comme image, au-delà même de ses propriétés discursives.

    Ainsi le lien entre littératures africaines et processus créatifs se déploiera à Casablanca afin de laisser place à l’imaginaire et aux récits nourrissant la création artistique contemporaine. La biennale proposera une ouverture sur le champ du texte, mot, signe et des langues, y compris vernaculaires, ainsi que leurs relations avec l’héritage linguistique colonial en Afrique et au-delà.

    Il s’agira aussi, selon les organisateurs d’interroger les modalités par lesquelles la langue influe sur les systèmes de pensée et, par extension, sur les discours et interprétations d’une œuvre, tant dans sa matière qu’en son sens imagé. Une réflexion autour de la traduction et de l’intraduisible sera aussi développée.

    La 5e Biennale Internationale de Casablanca comprendra donc  des œuvres existantes et nouvellement créées, par des artistes internationaux établis et émergents, sélectionnés à la fois sur l’appel à candidatures à l’issue de recherches curatoriales.

    Le programme d’incubation 2019-2020 de la biennale permettra l’organisation d’une série d’interventions artistiques, d’ateliers, de résidences et de présentations dans la résidence Ifitry et son Centre d’art contemporain (dans la région d’Essaouira), ainsi que dans le nouveau lieu de la biennale à Casablanca, le BIC Project Space. Ceci, afin de permettre aux artistes d’explorer cette thématique et d’expérimenter divers processus et formats avant le lancement de la biennale fin septembre 2020.

    A.Bo

     

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