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    Dossier Spécial

    Commerce extérieur: Les ALE ont tout changé... reste le déficit

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5565 Le 26/07/2019 | Partager
    Automobile, phosphates et aéronautique,… des locomotives
    Les partisans du retour à la protection douanière se mobi­lisent
    Le Maroc devrait diversifier ses exportations et ses débou­chés
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    Les accords de libre-échange ont permis d’accélérer la cadence des exportations de l’automobile, de l’aéronautique, et l’agroalimentaire… Mais ils ont aussi entraîné l’explosion des importations de biens de consommation courante. Le seul ALE excédentaire est celui qui lie le Maroc à la Jordanie (Ph. Bziouat)

    Le Maroc a fait le pari d’accélérer l’ouverture de son économie en multi­pliant les accords de libre-échange à la sortie de la période de l’ajustement struc­turel. Le processus s’est accéléré à la fin des années quatre-vingt-dix. Les pouvoirs publics en sont arrivés à juste titre, à la conclusion que la surprotection douanière poussait plus les entreprises à ne pas se restructurer en profitant du parapluie des tarifs douaniers. Il fallait dynamiser non seulement les exportations, mais surtout renforcer la compétitivité du tissu éco­nomique et capter les investissements étrangers.

    L’accord le plus important est celui avec l’Union européenne, conclu en 1996, suivi en 2004 par l’ALE avec les Etats-Unis dont on évalue actuellement l’impact… Au total, le Maroc aura signé 55 accords de libre-échange, soit un mar­ché consolidé de près de 1,5 milliard de consommateurs. Le chiffre peut sembler irréaliste, mais à partir du Maroc, un investisseur peut cibler autant de clients dans des conditions économiques les plus attractives.

    Malgré l’amélioration du commerce extérieur, la balance commerciale avec les différents partenaires du Royaume reste marquée par un déficit structurel. Nom­breux sont les opérateurs qui réclament une évaluation plus objective des accords de libre-échange tandis que d’autres, sur­tout les secteurs en difficulté, exigent la révision de leur contenu. Sous-entendu, un retour à la protection douanière.

    Le premier constat est que, grâce à la diversification de ses débouchés notam­ment vers les marchés américain et asia­tiques, le Maroc a pu améliorer sa part dans le commerce international, passant de 0,11% en 2007 à 0,15% en 2017. De plus, les exportations des filières des métiers mondiaux ont connu une évolu­tion favorable, notamment l’automobile (+16% en moyenne par an), l’agroalimen­taire (7,7%). La dernière décennie a été marquée par l’amélioration du contenu technologique des exportations, passé de 30,6% en 2007 à 54,2% en 2017.

    En concluant tous les accords de libre-échange, le Maroc a été amené à enclen­cher une série de réformes du climat des affaires… Sur le plan politique, ces ALE ont été indirectement des outils diploma­tiques. Rabat est aujourd’hui un acteur incontournable du dialogue en matière de sécurité, de migration, d’environnement, des droits de l’homme…

    Le démantèlement des tarifs doua­niers a par ailleurs permis aux industriels locaux d’accéder à des intrants de qualité et à des prix compétitifs. Mais les ALE se sont surtout avéré être des accélérateurs pour les secteurs orientés export, notam­ment l’automobile et l’aéronautique, l’électronique, l’industrie chimique et l’industrie pharmaceutique. Mais malgré ces secteurs très dynamiques à l’export, la balance commerciale reste structurel­lement déficitaire. L’explication de ce déficit ne tient pas aux accords de libre-échange mais aux raisons structurelles liées aux importations incompréhensibles: biens d’équipement, produits énergétiques et céréales.

    Par ailleurs, la forte concentra­tion du commerce extérieur du Royaume sur la zone euro accroît les risques au moindre ralentissement de la demande adressée vers le Maroc. D’où l’impératif de diversifier les débouchés et réussir une montée en gamme des exportations. Pour l’instant, on en est loin.

    Le gouvernement promet de mettre en place de nouveaux dispositifs pour assu­rer le suivi et l’évaluation des accords de libre-échange, identifier les barrières non tarifaires qui rendent difficile l’accès des produits nationaux aux marchés exté­rieurs. Il est également prévu de mettre en place des programmes d’appui à la carte pour cibler des entreprises potentiellement exportatrices.

    Hassan EL ARIF

                                                                                 

    Les règles du jeu ne sont plus les mêmes

    Depuis l’adoption de la loi 91-14 relative au commerce extérieur, le cadre régissant la signature des accords com­merciaux a foncièrement changé. Ainsi, toute signature d’un nouvel accord de libre-échange sera précédée par la défi­nition des objectifs commerciaux, poli­tiques et sociaux escomptés.
    Le cadre de négociation devra défi­nir les secteurs concernés, les marges de concession respective pour chaque domaine et arrêter les outils censés per­mettre de converger vers les objectifs des accords. Selon les observateurs, les professionnels n’ont pas toujours été mis à contribution lors des négociations alors qu’en face, les partenaires étrangers déléguaient systématiquement des pro­fessionnels pour chaque secteur.
    Pour pallier cette faille, la loi 91-14 prévoit l’implication des organisations professionnelles dans les négociations dans le but de sauvegarder les intérêts du tissu économique national.
    Un décret devrait encore institu­tionnaliser la commission nationale des négociations commerciales. Une entité qui sera chargée de coordonner les négociations lors des futurs accords commerciaux.

     

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