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    Economie

    Enquête ReKrute.com/Travail et vie de famille: L’équilibre, elles y croient...

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5559 Le 18/07/2019 | Partager
    ... mais les 2/3 jugent difficile d’atteindre un juste milieu
    Employeur: Elles veulent de la flexibilité et de l’écoute
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     Les femmes de plus de 55 ans sont celles qui souhaitent le plus grimper dans la hiérarchie. A l’opposé, les plus jeunes (entre 25 et
    34 ans) veulent un juste équilibre entre leur vie de famille et vie professionnelle

    Aujourd’hui, les femmes marocaines sont certes de plus en plus diplômées, mais elles affichent toujours un faible taux d’activité dans le pays. Celles qui parviennent à intégrer le marché de l’emploi n’ont pas la vie facile, au vu des lourdes responsabilités familiales qui leur incombent.

    Selon la dernière enquête du jobboard ReKrute.com «Travail, famille: Comment font les marocaines pour concilier les deux?», réalisée auprès d’un échantillon de 1.247 femmes, les deux tiers estiment que cette conciliation est difficile, voire très difficile à atteindre.

    Pourtant, 8 marocaines sur 10 croient en un juste équilibre entre les deux. «En effet, elles souhaitent évoluer dans leur vie professionnelle mais pas au détriment de l’évolution et de l’éducation de leurs enfants», souligne l’étude. Curieusement, seules 3% priorisent la famille alors que 17% prêtent plus d’intérêt à leur carrière.

    Les plus carriéristes (31%) sont les femmes âgées de plus de 55 ans. «A cet âge, elles ont généralement atteint une certaine stabilité dans leur vie de famille. Les enfants ont grandi. Elles revoient donc leurs priorités et veulent s’engager plus dans leur carrière», explique Doha Sahraoui Bentaleb professeure à l’Université Cadi Ayyad, consultante en genre et diversité et également auteure de multiples ouvrages et articles sur les femmes cadres au travail.

    Les 35-44 ans semblent être aussi ambitieuses. Près du quart d’entre elles souhaite grimper dans la hiérarchie. En revanche, les jeunes entre 25 et 34 ans ne sont pas carriéristes. Seules 11% disent l’être. «Le taux d’activité est en baisse dans le pays, surtout auprès de cette catégorie (femmes de 25 à 34 ans). C’est à cet âge que la plupart se marient et ont leur premier enfant. Il y a donc beaucoup de changements qui mènent à une chute libre de leur carrière», souligne l’experte en genre et diversité.

    femmes_promotions_059.jpg

    Alors que 71% des femmes se disent capables d’assumer plus de responsabilités au travail malgré les charges familiales qui leur incombent, 29% sont décidées à refuser toute promotion. «Elles y sont contraintes car l’employeur, quand il affecte plus de tâches à ses collaborateurs, ne prend pas part aux autres charges familiales, avec des plages horaires accommodées et plus de flexibilité», explique Doha Sahraoui Bentaleb experte en genre et diversité

    Plus de 7 femmes sur 10 disent qu’elles accepteraient une évolution de carrière et s’adapteraient en conséquence. «Il y a une certaine volonté de surpassement de soi, mais aussi celle de servir d’exemple puisque le degré d’évolution académique et professionnel de la femme influence l’avenir des enfants», explique le management de ReKrute.com.

    En revanche, 29% affirment qu’elles refuseraient toute promotion. «Il faut comprendre leur situation. Ce n’est pas qu’elles ne le veulent pas mais c’est qu’elles ne peuvent pas assumer plus de responsabilités au travail. L’entreprise, quand elle affecte plus de tâches à ses collaborateurs, elle ne prend pas part aux autres charges familiales. Ce qui leur rend la vie plus dure», déplore Doha Sahraoui Bentaleb.

    Vu le conditionnement culturel des femmes, dont les responsabilités familiales leur sont imputées par défaut, 41% souhaiteraient que leur employeur fasse preuve de souplesse et d’une meilleure écoute et le quart d’entre elles aimeraient travailler à temps partiel. D’autres attentes ont été relevées, mais à moindre échelle. 13% aurait aimé disposer d’une crèche en entreprise, 11% du télétravail et 10% une gestion au cas par cas.

    «Il faudrait d’abord que l’employeur prenne conscience et veuille contribuer aux charges familiales de ces collaborateurs, car les entreprises ont pendant longtemps négligé cette dimension», regrette Doha Sahraoui Bentaleb. Par ailleurs, près de la moitié (47%) des femmes sondées disent travailler pour assurer les besoins de la famille et 38% pour construire une carrière et stimuler leur intellect. Dans de moindres proportions, 8% sont en emploi pour développer une vie sociale et 4% pour avoir d’autres centres d’intérêt que celui de s’occuper des enfants.

    Pour l’heure, afin de jongler entre vie de famille et vie professionnelle, près du tiers des sondées affirment avoir recours aux parents, le quart sont soutenues par leur mari et 20% engagent une nounou à plein temps. En revanche, 22% assument les responsabilités familiales seules, en faisant du mieux qu’elles peuvent. 

    Tilila EL GHOUARI

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