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    Football marocain: Les raisons de la colère

    Par Karim Dronet | Edition N°:5553 Le 10/07/2019 | Partager
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    Après le tir raté lors du match Maroc-Bénin le 5 juillet dernier, le onze national a plongé tout le peuple marocain dans l’amertume et le désarroi. Depuis cette élimination, les commentaires fusent sur les réseaux sociaux pour dénoncer la gestion des matches de l’équipe nationale par le sélectionneur Hervé Renard (Ph. AFP)

    L’élimination précoce des Lions de l’Atlas de la Coupe d’Afrique des Nations a provoqué un «tsunami» de déceptions dans le Royaume. Donnée comme l’une des favorites de la compétition continentale, la sélection nationale a mis fin à son parcours dès les huitièmes de finale, battue aux tirs au but par les Ecureuils du Bénin. La faute à qui? C’est la question qui taraude aujourd’hui tous les supporters du onze marocain. Analyse d’un échec annoncé.

    Dernière seconde des prolongations, penalty en faveur du Maroc… Hakim Ziyech s’élance et frappe. Le gardien béninois est pris à contre-pied, mais le tir de l’international marocain s’écrase sur la base du poteau! Le Maroc est condamné de facto à la terrible et impitoyable séance des tirs au but. Le tir de Boufal passe au-dessus de la transversale et une frappe de En-Nesry est stoppée par le portier béninois… le Maroc est éliminé de la Coupe d’Afrique des Nations. En deux temps, trois mouvements, le onze national a plongé tout le peuple marocain dans l’amertume et le désarroi. Depuis cette élimination, les commentaires fusent sur les réseaux sociaux pour dénoncer la gestion des matches de l’équipe nationale par le sélectionneur Hervé Renard. Le «sorcier blanc» n’a pas réussi la passe de trois, celle de remporter une troisième coupe d’Afrique, après ces succès obtenus avec la Zambie et la Côte d’Ivoire. Le technicien français est aujourd’hui ouvertement critiqué pour ses choix tactiques et ses recrutements. C’est notamment le cas de l’ex-international marocain, Merry Krimau, qui reproche à Hervé Renard de ne pas avoir sélectionné plusieurs éléments du championnat marocain comme Mohcine Yajour ou encore Abdelilah Hafidi qui auraient pu être d’un réel apport pour le compartiment offensif de la sélection nationale, visiblement en panne d’efficacité dans la finition. Il faut rappeler aussi le départ précipité d’Abderrazak Hamdallah, le buteur du club saoudien d’Al Nasr, qui a claqué la porte de la sélection nationale après le match amical perdu contre la Gambie. 

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    Si la Fédération royale marocaine de football a évoqué une blessure au dos pour l’attaquant marocain, l’opinion publique n’est pas dupe et elle a bien compris que Hamdallah n’avait pas apprécié la place qu’on lui a attribué au sein de la sélection. Les deux matches amicaux disputés par le Maroc avant l’entame de cette Coupe d’Afrique des Nations ont d’ailleurs résonné comme un mauvais présage pour la sélection nationale, montrant, déjà, des lacunes sur le plan offensif et dans le dernier geste. Depuis plus d’une décennie, le onze marocain est à la recherche d’un véritable attaquant de pointe, capable de mettre le ballon au fond des filets. S’il est vrai que dans la construction du jeu, le Maroc a fait des progrès impressionnants, il n’en reste pas moins qu’en football, dominer n’est pas gagner! Un constat qui se révèle encore une fois lors de ce dernier huitième de finale face au Bénin. Enfin, sur la toile, de nombreuses critiques sont aussi adressées à Hakim Ziyech, l’attaquant vedette de l’Ajax Amsterdam, qui a non seulement manqué le penalty qui aurait permis au Maroc d’accéder au tour suivant, mais qui en plus a été plutôt défaillant tout au long de la compétition. Pour l’ex-international Abdeslam Ouaddou, il ne faut pas tirer sur l’ambulance: «On ne peut pas oublier que c’est un garçon qui nous a qualifiés pour le Mondial. On ne peut pas aussi oublier ce qu’il a apporté à l’équipe nationale et en dehors de l’équipe nationale en portant haut le drapeau du Maroc avec l’Ajax Amsterdam en Ligue des Champions. Alors comment expliquer une CAN ratée de Ziyech? Vous savez quand vous avez effectué une telle saison avec l’Ajax, que vous avez été en demi-finale de la Ligue des Champions, et que cela fait la deuxième année que vous êtes annoncé dans les plus grands clubs européens, et que finalement le transfert ne s’est pas fait, je pense que cela affecte psychiquement. C’est déstabilisant pour un joueur de ne pas être fixé sur son avenir avant une grande compétition comme la Coupe d’Afrique des Nations». 
    Hakim Ziyech a-t-il en ce sens obtenu tout le soutien psychologique que devait lui apporter le groupe et le staff technique? On ne le saura sans doute jamais. En tout cas, sa piètre prestation lors de cette CAN 2019 aura vraisemblablement de lourdes conséquences sur la suite de sa carrière. Et justement, comment se présente aujourd’hui l’avenir du football marocain et de l’équipe nationale?
    Cette élimination prématurée de la Coupe d’Afrique des Nations a fait ressurgir tous les vieux démons du football marocain. Il faut dire que tous les moyens financiers et humains déployés autour de l’équipe nationale n’auront pas suffi à faire du Maroc une grande nation du football africain. Pour le moment, après un seul titre conquis en 1976 le palmarès des Lions de l’Atlas en Coupe d’Afrique est éloquent: une seule finale perdue en 2004, un quart de finale en 2017 et aujourd’hui un huitième de finale perdue. Tous les autres résultats, ce sont des éliminations dès le premier tour! Peut-on alors fièrement réclamer le statut de grande nation du football africain? Heureusement que le palmarès des clubs marocains engagés dans les coupes africaines est là pour rehausser notre image sur la scène continentale.

    L’élimination précoce des Lions de l’Atlas de la Coupe d’Afrique des Nations a provoqué un «tsunami» de déceptions dans le Royaume. Donnée comme l’une des favorites de la compétition continentale, la sélection nationale a mis fin à son parcours dès les huitièmes de finale, battue aux tirs au but par les Ecureuils du Bénin. La faute à qui? C’est la question qui taraude aujourd’hui tous les supporters du onze marocain. Analyse d’un échec annoncé.

    Dernière seconde des prolongations, penalty en faveur du Maroc… Hakim Ziyech s’élance et frappe. Le gardien béninois est pris à contre-pied, mais le tir de l’international marocain s’écrase sur la base du poteau! Le Maroc est condamné de facto à la terrible et impitoyable séance des tirs au but. Le tir de Boufal passe au-dessus de la transversale et une frappe de En-Nesry est stoppée par le portier béninois… le Maroc est éliminé de la Coupe d’Afrique des Nations. En deux temps, trois mouvements, le onze national a plongé tout le peuple marocain dans l’amertume et le désarroi. Depuis cette élimination, les commentaires fusent sur les réseaux sociaux pour dénoncer la gestion des matches de l’équipe nationale par le sélectionneur Hervé Renard. Le «sorcier blanc» n’a pas réussi la passe de trois, celle de remporter une troisième coupe d’Afrique, après ces succès obtenus avec la Zambie et la Côte d’Ivoire. Le technicien français est aujourd’hui ouvertement critiqué pour ses choix tactiques et ses recrutements. C’est notamment le cas de l’ex-international marocain, Merry Krimau, qui reproche à Hervé Renard de ne pas avoir sélectionné plusieurs éléments du championnat marocain comme Mohcine Yajour ou encore Abdelilah Hafidi qui auraient pu être d’un réel apport pour le compartiment offensif de la sélection nationale, visiblement en panne d’efficacité dans la finition. Il faut rappeler aussi le départ précipité d’Abderrazak Hamdallah, le buteur du club saoudien d’Al Nasr, qui a claqué la porte de la sélection nationale après le match amical perdu contre la Gambie. 
    Si la Fédération royale marocaine de football a évoqué une blessure au dos pour l’attaquant marocain, l’opinion publique n’est pas dupe et elle a bien compris que Hamdallah n’avait pas apprécié la place qu’on lui a attribué au sein de la sélection. Les deux matches amicaux disputés par le Maroc avant l’entame de cette Coupe d’Afrique des Nations ont d’ailleurs résonné comme un mauvais présage pour la sélection nationale, montrant, déjà, des lacunes sur le plan offensif et dans le dernier geste. Depuis plus d’une décennie, le onze marocain est à la recherche d’un véritable attaquant de pointe, capable de mettre le ballon au fond des filets. S’il est vrai que dans la construction du jeu, le Maroc a fait des progrès impressionnants, il n’en reste pas moins qu’en football, dominer n’est pas gagner! Un constat qui se révèle encore une fois lors de ce dernier huitième de finale face au Bénin. Enfin, sur la toile, de nombreuses critiques sont aussi adressées à Hakim Ziyech, l’attaquant vedette de l’Ajax Amsterdam, qui a non seulement manqué le penalty qui aurait permis au Maroc d’accéder au tour suivant, mais qui en plus a été plutôt défaillant tout au long de la compétition. Pour l’ex-international Abdeslam Ouaddou, il ne faut pas tirer sur l’ambulance: «On ne peut pas oublier que c’est un garçon qui nous a qualifiés pour le Mondial. On ne peut pas aussi oublier ce qu’il a apporté à l’équipe nationale et en dehors de l’équipe nationale en portant haut le drapeau du Maroc avec l’Ajax Amsterdam en Ligue des Champions. Alors comment expliquer une CAN ratée de Ziyech? Vous savez quand vous avez effectué une telle saison avec l’Ajax, que vous avez été en demi-finale de la Ligue des Champions, et que cela fait la deuxième année que vous êtes annoncé dans les plus grands clubs européens, et que finalement le transfert ne s’est pas fait, je pense que cela affecte psychiquement. C’est déstabilisant pour un joueur de ne pas être fixé sur son avenir avant une grande compétition comme la Coupe d’Afrique des Nations». 
    Hakim Ziyech a-t-il en ce sens obtenu tout le soutien psychologique que devait lui apporter le groupe et le staff technique? On ne le saura sans doute jamais. En tout cas, sa piètre prestation lors de cette CAN 2019 aura vraisemblablement de lourdes conséquences sur la suite de sa carrière. Et justement, comment se présente aujourd’hui l’avenir du football marocain et de l’équipe nationale?
    Cette élimination prématurée de la Coupe d’Afrique des Nations a fait ressurgir tous les vieux démons du football marocain. Il faut dire que tous les moyens financiers et humains déployés autour de l’équipe nationale n’auront pas suffi à faire du Maroc une grande nation du football africain. Pour le moment, après un seul titre conquis en 1976 le palmarès des Lions de l’Atlas en Coupe d’Afrique est éloquent: une seule finale perdue en 2004, un quart de finale en 2017 et aujourd’hui un huitième de finale perdue. Tous les autres résultats, ce sont des éliminations dès le premier tour! Peut-on alors fièrement réclamer le statut de grande nation du football africain? Heureusement que le palmarès des clubs marocains engagés dans les coupes africaines est là pour rehausser notre image sur la scène continentale.


    Les Lions de l’Atlas ne sont pas morts
    ce 5 juillet 2019...

    Aujourd’hui, au-delà des rancoeurs et des incertitudes, il va sans doute falloir se pencher en profondeur sur les maux de notre football. Au lieu de détruire, il va falloir reconstruire, à commencer par la direction technique nationale qui est actuellement totalement décapitée. Nacer Larguet, le DTN, a été remercié malgré les services indéniables rendus à la formation et à la détection des jeunes talents du football national, Jean-Pierre Morlans, responsable de la formation des cadres et de la mise en œuvre de la Licence Pro, est malheureusement indisponible pour de graves raisons de santé. Mark Wotte, le sélectionneur des U20, a lui aussi été éjecté de ses fonctions à la tête des Olympiques. Pourtant, il est urgent de remettre cette direction technique nationale sur pied car de grands chantiers attendent entre développement du football féminin et du futsal, formation des cadres et des arbitres, détection des futurs talents, mise en place du sport étude, sans parler de la professionnalisation des clubs marocains. Pour l’équipe nationale, il faudra aussi certainement effectuer des retouches après les départs annoncés de Boussoufa et El Hamadi. Le football marocain doit aujourd’hui faire son introspection et renaître de ce désastre africain. Les Lions de l’Atlas ne sont pas morts le 5 juillet 2019 mais il est temps pour eux de sortir à nouveau les griffes et de reconstruire une nouvelle équipe en s’appuyant sur les acquis et l’héritage d’une génération qui nous a tout de même fait rêver et vibrer à plusieurs reprises.

    Karim DRONET
    Journaliste sportif-Atlantic Radio

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