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    Accords de Bâle/PME: Quels impacts?

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5540 Le 21/06/2019 | Partager
    Un cadre réglementaire plus strict et contraignant pour les banques
    Elles pourraient être incitées à moins accorder de prêts
    Impact sur le coût et les modalités d’accès au financement

    Depuis 2013, l’accès au financement pour les petites et moyennes entreprises (PME) européennes s’est fortement amélioré, grâce à la politique monétaire très accommodante menée par la BCE. En effet, cette dernière a facilité l’accès au crédit et réduit les taux d’intérêt.

    Cependant, cet accès simplifié au financement bancaire a renforcé la dépendance des entreprises aux banques. Les prêts bancaires représentent environ 70% du financement des PME en Europe, contre seulement 40% aux Etats-Unis. Dans leur dernière étude commune, Euler Hermes et Euler Hermes Rating se penchent sur le mode de financement des PME européennes.

    Avec la finalisation des accords de Bâle III et la mise en place de ceux de Bâle IV, le nouveau cadre réglementaire sera plus strict et contraignant pour les banques et l’octroi de crédits bancaires. Par exemple, Bâle III va accroître les exigences minimales de fonds propres des banques de 8% à 10,5%. Ces nouveaux accords pourraient avoir un impact sur le coût du financement pour les PME, mais aussi sur leurs modalités d’accès au financement. Les PME les moins solvables sont en première ligne.

    «Nous estimons que le coût du financement augmentera de plus de 100 points de base d’ici 2022 pour les entreprises les moins solvables. Cela mettra plusieurs d’entre elles sous pression, et elles devront agir pour trouver des solutions. Les formes alternatives de financement devraient ainsi prendre une importance croissante», indique Ana Boata, économiste senior en charge de l’Europe chez Euler Hermes.

    Aussi, les mécanismes actuels qui réduisent les exigences minimales de fonds propres des banques dans le cadre de prêts bancaires accordés aux PME, comme le «SME Supporting Factor», pourraient faire office d’amortisseurs. Cependant, ces mécanismes se limitent aux crédits accordés sur des petits montants, c’est-à-dire inférieurs à 1,5 million d’euros.

    «Si l’on prend la zone euro dans son ensemble, seulement 30% des prêts accordés par les banques entrent dans cette catégorie. Le chiffre est équivalent en France (30%) et plus faible en Allemagne (18%). En revanche, ces dispositifs auront un impact plus prononcé en Espagne (53%) et en Italie (47%), où la part des petits crédits bancaires est plus importante», souligne pour sa part Kai Gerdes, responsable des analyses chez Euler Hermes Rating.

    Les prêts directs aux entreprises par les investisseurs privés et institutionnels extérieurs au système bancaire ont gagné en crédibilité ces dernières années. Ils sont désormais perçus comme une alternative au financement bancaire, les fonds d’investissement étant moins contraints par la législation que les banques. Après avoir atteint le seuil des 100 milliards d’euros pour la première fois en 2016, le volume cumulé des fonds d’investissement a atteint un niveau record de 165,6 milliards d’euros en 2017.

    Accès à d’autres sources

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    «Nous estimons que les fonds d’investissement vont encore croître en UE dans les prochaines années, et nous pensons que les PME intégreront de plus en plus ces sources de financement dans leur façon de se financer», développe Kai Gerdes.
    Le taux d’épargne des ménages de la zone euro atteint 12,1%, soit 860 milliards d’euros de capital disponible chaque année. 30% de ce montant est investi par les ménages en valeurs mobilières.
    Euler Hermes et Euler Hermes Rating estiment que si ¼ de ces 30% étaient redirigés vers des fonds qui investissent dans les PME, cela libérerait 65 milliards d’euros de financement par an pour les PME.
    Un complément non négligeable aux financements accordés par les banques aux PME européennes, qui s’élevaient en moyenne à 41 milliards d’euros par mois en 2018.

    F. Z. T.

     

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