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    International

    La crise du Soudan empire

    Par L'Economiste | Edition N°:5532 Le 11/06/2019 | Partager
    Mouvement de désobéissance civile
    Contexte économique difficile

    Une deuxième journée de désobéissance civile a été observée hier lundi  au Soudan à l’appel du mouvement de contestation. Et ce, en réaction au durcissement de la répression par les généraux au pouvoir, qui a fait plus d’une centaine de morts en une semaine. Voici les principales étapes de la crise depuis l’échec des négociations:

    ■ Début de la crise: Elle est née en décembre d’une colère contre le triplement du prix du pain dans un contexte de crise économique et de mesures d’austérité. La contestation avait pris la forme, depuis le 6 avril, d’un sit-in devant le quartier général de l’armée à Khartoum pour réclamer un changement de régime politique. Après la destitution du président Omar el-Béchir par l’armée le 11 avril, des milliers de protestataires avaient refusé de lever le camp, réclamant un transfert du pouvoir aux civils, jusqu’à leur brutale dispersion le 3 juin.

    ■ Echec des négociations: Le 20 mai, après avoir connu des avancées, les négociations entre les généraux au pouvoir et les chefs de la contestation s’achèvent brusquement sans accord sur la composition d’un Conseil souverain. Celui-ci devait assurer une transition de trois ans, avant un transfert du pouvoir aux civils. De leur côté, les mouvements islamistes font bloc derrière l’armée, espérant préserver la Charia (loi islamique) en vigueur depuis le coup d’Etat ayant porté Omar el-Béchir au pouvoir en 1989. Une grève générale est observée les 28 et 29 mai à travers le pays.

    ■ Soutien au pays: Fin mai, le chef du Conseil militaire de transition, Abdel Fattah al-Burhane, se rend en Egypte, en Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis. Ces deux derniers pays ayant annoncé en avril une aide conjointe de trois milliards de dollars. Selon les médias soudanais, le général Burhane avait coordonné, alors qu’il était commandant des forces terrestres, l’envoi de troupes au Yémen décidé dans le cadre d’une coalition dirigée par Riyad intervenue en 2015 pour lutter contre des rebelles accusés de liens avec l’Iran. Foncièrement hostiles aux soulèvements populaires dans la région, l’Arabie saoudite, Le Caire et Abou Dhabi souhaitent maintenir le statu quo autoritaire, estime un économiste.

    ■ Répression sanglante: Le 3 juin, l’armée, la police et des milices dispersent dans le sang le sit-in devant le QG de l’armée. Proche de la contestation, le Comité de médecins soudanais avance le chiffre de 115 morts et plus de 500 blessés à compter du déclenchement de cette opération. Le gouvernement évoque 61 morts. Dès le lendemain, l’armée déclare caducs les accords conclus avec les contestataires et appelle à des élections dans neuf mois maximum. Les protestataires dénoncent un putsch.

    La communauté internationale réagit

    Les généraux soudanais sont sous la pression de la communauté internationale pour céder rapidement le pouvoir. Le Premier ministre éthiopien s’est rendu la semaine dernière à Khartoum pour tenter de résoudre la crise et a lancé un appel au dialogue. L’Union africaine (UA) avait suspendu le Soudan jusqu’à l’établissement effectif d’une autorité civile de transition. Une initiative saluée par l’Union européenne. L’ONU, Washington, Londres et la France avaient eux aussi condamné la répression et appelé à la reprise des négociations. Une semaine après la dispersion sanglante du sit-in devant le siège de l’armée, quelques magasins ont rouvert à Khartoum, même si la majeure partie de la capitale est restée déserte. Des coupures de courant et d’internet ont en outre rendu les communications difficiles.

    F. Z. T. avec agences

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