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    Economie

    Filière des dattes: La production décolle en attendant la valorisation

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5531 Le 10/06/2019 | Partager
    7,6 milliards de DH d’investissement dont 60% de subventions
    Dès l’année prochaine, 160.000 tonnes contre 90.000 actuellement
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    Le contrat-programme prévoit des plantations modernes hors palmeraies sur 17.000 ha. Fin 2018, environ  28.400 ha de terres agricoles ont été mobilisés (Ph. L’Economiste)

    La filière des dattes accroche. Le programme de plantation de 3 millions de palmiers sera atteint avant terme, voire dépassé. Le constat a été relevé lors de la toute récente visite du ministre de l’Agriculture dans la région de Drâa-Tafilalet qui en concentre plus de 80% des superficies.

    Pour le moment, 2,7 millions d’arbres ont été plantés.  Fin 2019 la barre des 3 millions d’arbres sera franchie, soit plus que l’objectif du contrat-programme. Mais l’effet sur le volume produit est attendu dans les 4 à 5 années prochaines puisqu’il faut 7 ans pour qu’un palmier dattier entre en pleine production.

    La convention cible la réhabilitation des palmeraies existantes sur une superficie globale de 48.000 ha et la création de nouvelles plantations modernes sur 17.000 ha. Pour atteindre une production de 160.000 tonnes de dattes en 2020 et 185.000  en 2030 contre 90.000 tonnes actuellement.

    La dynamique devait être accompagnée  par une production de 300.000 plants in vitro par an, en impliquant des laboratoires privés sous supervision de l’Institut national de recherche agronomique (Inra). Reste à savoir si l’étalement de la campagne des dattes aussi bien en précocité qu’en tardivité a été pris en compte. Dans l’objectif d’atténuer sinon de mettre fin à la concentration de la production sur les mois d’octobre-novembre.  Les services du ministère de l’Agriculture ne renseignent pas sur cet aspect.

    Or, cette situation fait du Maroc un importateur net: 30.000 tonnes, rien que pour satisfaire les besoins du Ramadan et 90.000 tonnes sur une année entière. Le décalage avec le mois de jeûne par rapport à l’arrivée de la récolte locale des dattes ne devrait s’estomper que dans quatre années. 

    Par contre, l’effort de valorisation et du développement du froid sera intensifié. Environ 110.000 tonnes de dattes seront traitées dès l’année prochaine: 70.000 tonnes de dattes fraîches conditionnées, 20.000 tonnes transformées en produits dérivés et autant en aliment de bétail.
    Parallèlement, il est prévu d’exporter 5.000 tonnes de dattes de qualité supérieure, notamment les variétés Majhoul et Najda et de doubler le volume, une décennie après.

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    La production de dattes devrait s’établir à 160.000 tonnes l’année prochaine pour passer à 185.000 en 2030 contre 90.000 tonnes actuellement (Ph. L’Economiste)

    Pour réaliser les objectifs inscrits dans le contrat-programme, l’investissement a été arrêté à 7,6 milliards de DH dont 4,9 milliards sous forme de soutien de l’Etat. La subvention ayant été servie sous forme de distribution des plants et de réalisation des plantations ainsi que l’équipement en systèmes d’irrigation. Ceci, sans compter la cession du foncier aux investisseurs opérant en dehors des palmeraies.

    Parmi les principales réalisations, il y a lieu de citer par ailleurs la distribution de plus de 2,7 millions de plants. Chiffre qui devrait passer à 3 millions fin 2019. Ce qui correspond au niveau des plantations. Le renforcement de la recherche via l’installation de nouveaux laboratoires publics et du secteur privé ainsi que l’équipement de 15.560 ha en micro-irrigation. S’ajoutent aussi la construction et l’équipement de 48 unités de valorisation  et l’extension de la capacité installée et la mise à disposition de  28.400 ha de terres agricoles au profit des investisseurs.

    En ce qui concerne l’amélioration de la valeur marchande des produits, il a été instauré des normes de qualité de 9 variétés de dattes dont 8 ont bénéficié de signe distinctif d'Indication géographique protégée (IGP). Selon le ministère de l’Agriculture, «la valeur ajoutée de la filière des dattes a plus que doublée» entre 2015 et 2018 par rapport à la période de référence 2003-2007. Le  nombre de journées de travail a également doublé avec à la clé un bond du rendement  de 40% de la main-d’œuvre. Il en est de même de la  production dont le niveau a été multiplié par 2. Du coup, le revenu moyen des agriculteurs s’est nettement amélioré: 33%.

    Le palmier dattier occupe une superficie d’environ  60.000 ha, avec plus de 6 millions de palmiers (avec une densité moyenne de 100 arbres à l’hectare). Il  se situe principalement dans les régions de Drâa-Tafilalet (81%), Souss-Massa (13%), l’Oriental (3%) et Guelmim Oued Noun (2%).

    L’activité phoenicicole contribue de 20 à 60% dans la formation du revenu agricole pour plus de 1,4 million d’habitants et assure, en plus de la datte, divers matériaux destinés à l’artisanat, à la construction ou à la production d’énergie.

    Chiffres clés

    • Plantations de 3 millions de  palmiers
    • Mobilisation de 28.400 ha au profit des investisseurs hors oasis
    • 15.560 ha équipés en système d’irrigation au goutte-à-goutte  
    • 9 variétés sélectionnées dont 8 distinguées: Indication géographique protégée
    • Production de 160.000 tonnes en 2020
    • Investissement de 7,6 milliards de DH dont 4,9 milliards de subvention
    • Valorisation de 110.000 tonnes
    • Exportations de 5.000 tonnes
    • Construction de 48 unités de valorisation de 30.000 tonnes de capacité

    A.G.

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