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    Economie

    Volailles: Va-t-on vraiment s’attaquer à l’abattage insalubre?

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5530 Le 04/06/2019 | Partager
    Les marchés de gros deviendraient le seul lieu d’abattage
    Les tueries sauvages se convertiraient en points de vente
    Une circulaire conjointe Agriculture/Intérieur brosse la réorganisation
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    Avec un taux d’accroissement moyen  de 6% des productions de viandes blanches et 5,7% des productions d’œufs, le secteur avicole constitue l’une des activités agricoles les plus dynamiques au Maroc (Ph. L’Economiste)

    Va-t-on enfin assainir l’abattage du poulet de chair jusque-là incontrôlé à plus de 90%. L’ébauche d’une solution se  dessine pour Casablanca, premier bastion de consommation dans des conditions d’insalubrité extrême. Et devrait se généraliser pour l’ensemble du territoire d’ici 2 à 3 ans.

    Une note circulaire conjointe des ministères de l’Agriculture et de l’Intérieur (n° 128 du 03/05/2019) prévoit le transfert du marché de gros aux volailles à Aïn Jemaâ ainsi que les activités d’abattage où seront lancés prochainement les travaux. La note définit les conditions de transport, de commercialisation des volailles vivantes et celles auxquelles doivent répondre les unités d’abattage de proximité destinées aux besoins exclusifs des ménages.

    De fait, la circulaire précise les dispositions de la loi 4999 relative à la protection sanitaire des élevages avicoles, au contrôle de la production et la commercialisation des produits avicoles. Un texte adopté en 2002 et son décret d’application en juin 2004. C’est la simplification de la circulaire de 2007 restée lettre morte malgré les multiples démarches des professionnels et la fermeture en cascade des ateliers modernes d’abattage. (Voir l’enquête de L’Economiste : Edition 5251 du 13 avril 2018).

    Aujourd’hui, ils applaudissent à l’initiative conjointe de l’Agriculture et de l’Intérieur. «C’est une initiative louable dans la mesure où elle vise l’assainissement de l’abattage insalubre et la garantie de la traçabilité», concède le président de l’Association nationale des abattoirs avicoles, Omar Benayachi. Tout en  exprimant néanmoins qu’il soit mis fin aux autorisations communales d’ouverture de tueries non agréées par  l’Onssa. D’ailleurs cet organisme est désormais fortement impliqué dans le processus.  

    Pour stimuler la dynamique, il a été décidé d’accorder une prime de 30.000 DH aux propriétaires des ateliers de quartiers (Riachats). A la condition de s’engager dans le processus d’amélioration de la qualité des viandes blanches, notamment l’agencement de leurs locaux selon les standards. 

    L’autre profession  à réagir favorablement est l’Association nationale des marchands de volailles en gros et au détail (Anmav). Celle-ci est de création récente.  Elle a été constituée le 4 avril dernier. Et se veut pour objectif «la défense et représentation des intérêts économiques des marchands de volailles». Sans pour autant participer à l’effort d’investissement.

    Le financement du futur marché de gros aux volailles (10 millions de DH, hors foncier) sera supporté par le ministère de l’Agriculture, le Conseil de la ville et la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa). Maintenant, elle appartient  à la distribution de proximité des viandes blanches de se mettre à niveau à travers sa mise en conformité avec le cahier de prescription spéciale. Ce dernier prévoit, notamment, l’équipement frigorifique et le conditionnement de produits avicoles. A leur charge également la garantie de la traçabilité requise.

    Pour la profession,  la mise à niveau des ateliers de quartier a toujours été placée en tête de ses priorités. Il n’a jamais été question de mettre fin à leur activité. D’autant plus que les points d’abattage et de vente recensés à travers le pays pèsent lourds au plan socio-économique. Le plan de mise à niveau cible 2.300 tueries avicoles et 3.300 boucheries à travers le pays.

    L’enjeu est de taille. L’abattage incontrôlé du poulet de chair prédomine à hauteur de 92%, estimations  arrêtées à fin avril dernier par l’Association nationale des abattoirs avicoles. Alors qu’il s’établit à moins de 6% pour la dinde. Pour cette volaille, la distribution de proximité est relativement salubre. Pratiquement tous les locaux disposent du froid.  

    L’autre volet qu’il faudrait traiter d’urgence, c’est la circulation des volailles vivantes. Les cageots en bois continuent d’être massivement utilisés pour le transport  du poulet de chair. La loi 4999 l’avait banni depuis plus d’une décennie. Pour Benayachi, «l’idéal est de ne plus voir la volaille investir nos artères urbaines».   

    En attendant, les professionnels réclament également l’application de la réglementation en ce qui concerne l’approvisionnement de la restauration des collectivités. Cette dernière a l’obligation de s’approvisionner auprès des ateliers agréés ou autorisés par l’Onssa. Et le marché est énorme: entre 30 à 40% de la production des viandes blanches. Au demeurant, la circulaire conjointe est on ne peut plus clair: la distribution de proximité cible exclusivement les ménages.

    L’ambition d’exporter encore plombée  

    La profession a l’ambition d’exporter. Une mission impossible tant que le risque sanitaire persiste. Certes, l’amont se caractérise par des élevages modernes aux standards internationaux et les ateliers industriels d’abattage ne manquent pas  également, mais ils cohabitent avec l’informel et le traitement insalubre des viandes. Une situation qui entache l’origine Maroc dans sa globalité.
    Par ailleurs, la compétitivité du secteur est mise à rude épreuve de par son statut réglementaire. Dans la nomenclature fiscale, les éleveurs avicoles sont considérés comme «marchands de volailles en gros». Un classement qui les met  hors statut de producteur agricole et partant à d’autres contraintes fiscales, notamment la non-récupération de la TVA sur les œufs. Le même secteur est classé dans l’agriculture selon la nomenclature du HCP.
    Selon la Fisa, le reclassement du secteur avicole comme activité agricole est une requête que la profession réclame depuis 1995. Mais sans résultat. Le seul gain obtenu ces derniers temps tient à la couverture du risque par la Mutuelle agricole d’assurance.

    Une grosse infrastructure installée

    • 40 usines de fabrication d’aliments composés
    • 49 couvoirs de poussins de type chair
    • 5 couvoirs de poussins de ponte
    • 3 couvoirs de dindonneaux
    • 7.290 élevages de poulets de chair autorisés
    • 689 élevages de dindes autorisés
    • 238 élevages de poules pondeuses autorisés
    • 27 abattoirs avicoles agréés
    • 5 centres de conditionnement des œufs de consommation
    • 3 unités de transformation des œufs

    6% de croissance moyenne par an

    • 470.000 tonnes de viandes de poulet de chair
    • 90.000 tonnes de viandes de dinde
    • 400 millions de poussins type chair
    • 8,37 millions de dindonneaux locaux
    • 383.000 dindonneaux importés
    • 14 millions de poussins type ponte
    • 4,1 milliards d’œufs de consommation
    • 3,75 millions de tonnes d’aliments composés pour volailles
    • Investissements cumulés: 11,3 milliards de DH
    • Chiffre d’affaires: 29,1 milliards de DH
    • 120.000 emplois directs et 280.000  indirects

    A.G.

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