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    International

    Le bal des nominations à la tête de l'UE est ouvert

    Par L'Economiste | Edition N°:5526 Le 29/05/2019 | Partager
    Tractations et lutte de pouvoir au sommet
    Cinq institutions vont changer de patrons au cours des prochains mois

    Les tractations pour désigner les nouveaux dirigeants des institutions européennes ont démarré, hier mardi 28 mai. Le président du Conseil, le Polonais Donald Tusk, a lancé ces consultations au cours d'un sommet extraordinaire organisé pour tirer les leçons des élections européennes (cf. notre édition N° 5525 du mardi 28 mai 2019). Il aura moins d'un mois pour trouver un accord avec le Parlement avant le sommet des 20 et 21 juin.

    «Game of Thrones va commencer pour désigner qui va obtenir telle fonction», a commenté un des prétendants à la présidence de la Commission européenne, le Néerlandais Frans Timmermans, chef de file des socialistes. La référence est de mauvais augure, car la série télévisée est un récit de trahisons, de complots et de massacres dont le surprenant dénouement a déçu les fans. Les positions affichées avant le sommet pourraient lui donner raison.

    La droite pro-européenne du Parti populaire européen (PPE) revendique la présidence de l'exécutif bruxellois pour son prétendant, le Bavarois Manfred Weber. Le PPE va réunir ses instances et sept des huit chefs d'Etat et de gouvernement de la famille pour afficher son soutien à Weber.

    Mais le PPE est affaibli. Il a perdu 40 sièges, dont 29 abandonnés par la CDU-CSU, et le chancelier autrichien Sebastian Kurz a été renversé lundi. Suspendu par le parti, le huitième dirigeant, le Hongrois Viktor Orban, est pour sa part hostile à Manfred Weber.

    Plusieurs dirigeants vont tenter de convaincre le PPE de renoncer à son candidat pour éviter une crise. Le président Emmanuel Macron mène la rébellion, mais il est lui aussi sorti affaibli de l'élection européenne. «Macron a perdu son combat contre Marine Le Pen», n'ont pas manqué de souligner plusieurs responsables du PPE.

    Pour composer cette nouvelle majorité, Emmanuel Macron compte sur les soutiens des huit chefs d'Etat et de gouvernement de la famille libérale et il va chercher l'appui des cinq dirigeants socialistes. Il a dîné lundi soir à Paris avec leur chef de file, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, sorti vainqueur du scrutin. Madrid s'est dit prêt à former l'alliance entre les socialistes et les libéraux européens qu'appelle de ses voeux le président français. Emmanuel Macron doit aussi s'entretenir avant le sommet européen avec Angela Merkel, qui a soutenu Manfred Weber pendant la campagne mais qui n'est pas favorable au système de «Spitzenkandidat  ou tête de liste».

    Cinq institutions de l'UE vont changer de tête au cours des prochains mois. Le Parlement début juillet, la Commission, le haut représentant pour la diplomatie et la Banque centrale européenne en novembre, le Conseil début décembre.

    Confrontation

    Le Parlement européen se prépare lui aussi à la confrontation. Grands vainqueurs des élections européennes, les libéraux et les Verts contestent l'automaticité de la désignation du candidat du groupe le plus fort. Mais ils ne veulent pas se faire imposer un candidat choisi par les dirigeants européens. Le successeur du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne, qui était tête de liste du PPE en 2014, devra obtenir la majorité absolue des suffrages du Parlement soit 376 voix. Or, pour cela, il lui faudra recueillir les suffrages des trois principales formations: PPE, socialistes et libéraux. Ainsi, les chances de Frans Timmermans et de la candidate des libéraux, la Danoise Margrethe Vestager, sont nulles si le PPE maintient Manfred Weber, et réciproquement.

    F. Z. T. avec agences

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