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    International

    Algérie: La situation s’enlise

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5525 Le 28/05/2019 | Partager
    12 personnalités dont 2 ex-Premiers ministres devant la Cour suprême
    Le Conseil constitutionnel a 10 jours pour statuer sur les 2 prétendants à la présidentielle
    Crainte de la reproduction du scénario égyptien
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    Après Said Bouteflika et les hommes d’affaires comme Ali Haddad et Isaad Rabrab, l’étau se resserre  autour d’une douzaine de personnalités  dont deux anciens Premiers ministres (Ph. AFP)

    La crise algérienne se complique. Après l’arrestation de Louisa Hanoune, dirigeante du Parti travailliste qui croupit en prison, un nouveau couperet vient de tomber. En effet, le Parquet général a annoncé avoir transmis à la Cour suprême les dossiers de 12 personnalités algériennes dont deux anciens Premiers ministres du président déchu, Ahmed Ouyahya et Abdelmalek Sellal. 

    L’information a été officialisée par un communiqué de presse. Cette haute Cour devra statuer sur les faits qui leur sont reprochés avant de décider des suites à donner à la procédure judiciaire. Cette annonce coïncide avec la fin du délai limite du dépôt des candidatures pour l’élection présidentielle du 4 juillet prochain. Officiellement, il a expiré samedi dernier à minuit.

    Pour la radio officielle, aucune candidature n’a été déposée, ce qui laisse entrevoir un report du scrutin comme le réclame la rue depuis des semaines de manifestations populaires. Finalement, après l’expiration du délai légal, le Conseil constitutionnel a annoncé avoir enregistré le dépôt de deux dossiers auprès de son secrétariat général.

    Sauf que ces deux prétendants sont inconnus de l’échiquier politique. Ils ont de faibles chances d’être validés car la loi électorale a imposé des conditions strictes comme l’obligation d’obtenir 60.000 parrainages d’électeurs ou 600 signatures d’élus. Plusieurs maires ont refusé d’organiser le prochain scrutin.

    En tout cas, selon la loi, le Conseil dispose d’un délai de 10 jours pour statuer sur la validité des deux candidatures. Curieusement, dans le contexte actuel, il est difficile de se présenter aux élections du 4 juillet refusées par le peuple. Il faut être kamikaze pour opter pour un suicide électoral ou être instrumentalisé en vue de remplir une mission dans un schéma machiavélique.

    Pendant ce temps, les observateurs et les dirigeants politiques scrutent l’horizon en attente d’une annonce politique. Et pour cause, le chef d’état-major, le général Ahmed Gaid Salah, devait effectuer un déplacement hier lundi à Tamanrassat. Habituellement, ces visites dans les régions militaires sont ponctuées de discours de l’homme fort du régime.

    En attendant, même si Ahmed Gaid Salah a assuré n’avoir aucune ambition politique, les manifestants algériens ne sont pas dupes. Le retour de l’armée au centre de l’échiquier politique rappelle le scénario à l’égyptienne. En effet, le chef d’état-major Abdelfettah Sissi s’était fait élire président après un coup d’Etat militaire contre le président élu Mohamed Morsi et après avoir assuré que l’armée resterait éloignée de la politique. Les dernières évolutions au Soudan font planer la même menace.

    Par ailleurs, la liste transmise à la Cour suprême comporte dix autres personnalités dont la plupart, proches du pouvoir en place, sont d’anciens ministres. C’est le cas de Abdelghani Zaâlane qui avait le portefeuille des Transports et des Travaux publics. Il a même été nommé en mars dernier directeur de campagne de Abdelaziz Bouteflika pour son 5e mandat alors qu’il n’avait aucune expérience politique.

    Amar Ghoul, président du parti Tajamouâ Amal Jazair (TAJ) et plusieurs fois ministre, figure également sur la liste. Favorable au 5e mandat, il dénonçait les manifestations populaires. Ces derniers temps, il avait appelé à se mobiliser autour de l’armée, la seule en mesure de porter la solution à la crise politique que traverse le pays.

    Avec Amara Benyounès du Mouvement populaire algérien (MPA), ils seront poursuivis pour les chefs d’inculpation d’atteinte à l’autorité de l’armée et complot contre l’autorité de l’Etat, selon la presse. Ils sont soupçonnés d’avoir participé à la réunion de la veille de l’élection présidentielle avortée du 18 avril autour de Said Bouteflika et deux anciens chefs du renseignement algérien, aujourd’hui arrêtés et incarcérés.

    Pour l’homme fort du régime, cette rencontre est considérée comme un complot visant la déstabilisation de l’Algérie. Il semble que le ministère de la Justice ait demandé la levée de l’immunité parlementaire de Amar Ghoul, sénateur, désigné par l’ex-président Abdelaziz Bouteflika dans le tiers présidentiel du Sénat. Son nom est également cité dans l’affaire de Ali Haddad, le patron des patrons algériens, arrêté il y a quelques semaines alors qu’il se rendait en Tunisie. Il aurait échappé à une première convocation à cause de son immunité parlementaire.

    Elections libres

    Ali Benflis, ancien Premier ministre et chef du parti Talai El Houria, est sorti de son silence. L’ancien adversaire de Bouteflika aux élections présidentielles a lancé un appel au dialogue avant la fin du mandat de l’actuel président par intérim prévue pour le 9 juillet. Selon un communiqué de son  bureau politique, le parti exprime son inquiétude face à «l’impasse politique généralisée par la mise en œuvre de l’article 102 comme solution à la crise». Ainsi, l’échec consommé de l’élection présidentielle du 4 juillet rejetée par le peuple commande «le recours à la voie politico-constitutionnelle et au dialogue pour dégager une solution politique consensuelle qui réponde aux aspirations du peuple et évite au pays un vide constitutionnel, politique et institutionnel aux conséquences imprévisibles». D’autres appels à sortir de l’application stricte de l’article 102 ont été lancés par des formations politiques. L’objectif est de préparer le terrain à une élection libre. Dans leur grande majorité, les partis d’opposition considèrent qu’il est impossible en un temps aussi court de mettre en place les conditions pour une présidentielle empreinte de transparence. Selon l’opposition, en maintenant l’organisation des élections présidentielles pour éviter le vide constitutionnel, le pouvoir a échoué. Par ailleurs, l’Organisation nationale des moujahidines est également sortie de sa réserve légendaire. Elle propose un plan de sortie de crise qui passera par l’organisation d’une conférence nationale et la désignation d’une personnalité consensuelle pour gérer la période de transition. Elle sera appuyée par un gouvernement de technocrates.

    M.C.

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