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    International

    L’OCDE met en garde contre les tensions commerciales

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5521 Le 22/05/2019 | Partager
    Des craintes sur la croissance et l’investissement
    Une intensification des restrictions serait très coûteuse
    La dette du secteur privé s’accroît dans les grandes économies
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     L'OCDE souligne l'atonie persistante de l'économie mondiale tandis que la faiblesse des échanges freine la croissance. Elle s’établirait à 3,2% en 2019 et de 3,4% en 2020

    Escalade des conflits commerciaux, importantes vulnérabilités financières,  ralentissement de la Chine, incertitudes entourant le Brexit… Tous ces grands facteurs de risque menacent bien de faire dérailler l’économie, d’affaiblir encore l’activité en fragilisant l'investissement et la confiance à l'échelle mondiale.

    «Déjà fragile, l'économie mondiale est déstabilisée par les tensions commerciales», a indiqué la cheffe économiste de l'OCDE, Laurence Boone, à l’occasion du lancement des perspectives économiques le 21 mai, lors du Forum annuel de l’organisation à Paris.  «La croissance se stabilise, mais l'économie est atone et des risques très sérieux se profilent à l'horizon. Les gouvernements doivent redoubler d'efforts pour garantir le retour d'une croissance plus forte et plus durable», dit-elle.

    La croissance devrait atteindre des niveaux modérés mais restera fragile au cours des deux années à venir. D'après les prévisions de l'OCDE, elle s’établirait à 3,2% en 2019 et 3,4% en 2020. Les perspectives contiennent des prévisions révisées à la baisse pour de nombreuses grandes économies.

    Aussi, les taux de croissance actuels sont insuffisants pour permettre des améliorations sensibles en matière d'emploi ou de niveau de vie. En Europe, l'Organisation a maintenu sans changement sa prévision pour la zone euro à 1,2%, tout en maintenant l'Allemagne à 0,7% cette année et à 1,1% pour l'an prochain.

    La croissance des échanges internationaux (qui constituent un des piliers de l'économie mondiale) ne devrait être que légèrement supérieure à 2% cette année. Ce qui constituerait sa hausse la plus faible depuis dix ans. Le cycle actuel de différends commerciaux nuit à l'activité manufacturière et a des effets perturbateurs sur les chaînes de valeur mondiales. Il crée en outre une forte incertitude qui pèse sur les décisions d'investissement et met en exergue le risque de nouvelles perturbations.

    Le risque existe par ailleurs que de nouvelles restrictions soient décidées plus tard au cours de cette année et concernent des pays plus nombreux ou ciblent des produits spécifiques. La possibilité de nouvelles mesures restrictives prises par les Etats-Unis dans des secteurs commercialement sensibles, notamment l’automobile et les pièces détachées, est un sujet de préoccupation particulier.

    Ceci étant donné les liens tissés entre les pays par les chaînes de valeur dans ces secteurs et l’ampleur des échanges commerciaux, notamment en Europe. De telles mesures pourraient encore alourdir  les effets des hausses de droits de douane imposées jusqu’à présent et auraient un impact négatif sur les projets d’investissement des entreprises partout dans le monde.

    Les perspectives de l’OCDE sont publiées alors que les tensions montent entre la Chine et les Etats-Unis autour des droits de douane et du géant technologique Huawei.

    Quand la Chine éternue…

    Pour la Chine, l'OCDE table toujours sur un ralentissement à 6,2% cette année et 6% l'an prochain. D'importantes mesures de relance budgétaire ont étayé l'économie chinoise tandis qu'elle se rééquilibrait d’une expansion tirée par l'investissement et les exportations vers une croissance davantage assise sur le marché intérieur. Un ralentissement plus marqué constituerait une source de risques importants tant pour la croissance économique que pour les perspectives d'évolution des échanges à l'échelle mondiale.

    Collectivement, dans les économies de marché émergentes, les perspectives de croissance devraient être globalement stables sur la période 2019-2020.

    La dette du secteur privé s’accroît rapidement dans les grandes économies. L’encours mondial des obligations émises par des sociétés non financières a presque doublé (en termes réels, par comparaison avec 2008), ressortant à près de 13.000 milliards dollars. Aussi, la qualité de la dette se détériore, notamment en raison d’une hausse de l’encours de prêts à effet de levier. Un nouvel épisode d’instabilité financière pourrait éclater.

    Des pistes de réformes

    «Il y a urgence à nous retrouver autour d'une table multilatérale afin de créer des conditions qui permettent au commerce de soutenir la croissance mondiale», a prévenu le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria. Les économistes de l’OCDE appellent les gouvernements à agir pour assurer un avenir économique plus solide. Ils préconisent un retour à la coopération internationale et au dialogue multilatéral pour redonner à l'action publique un caractère prévisible et relancer le commerce. Des réformes structurelles demeurent nécessaires dans tous les pays de la zone euro, accompagnées d'investissements publics supplémentaires dans les pays européens peu endettés. Ces mesures devraient être axées sur les infrastructures numériques, de transport et énergétiques. Il est question aussi d’accorder la priorité à l’éducation, la formation et la concurrence.

    Fatim-Zahra TOHRY

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