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    Economie

    Géopolitique du sable: Une ressource aussi sensible que le pétrole

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5520 Le 21/05/2019 | Partager
    Un facteur aggravant de destabilisation sociale
    Extractions intensives et fortes pressions sur le littoral
    Pillage: une étude récente revient sur «les mafias du sable»
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    Un récent rapport onusien  (ONU Environnement) précise que la moitié du sable utilisé dans les BTP au Maroc (soit 10 millions de m3 par an) provient de l’extraction illégale et pillage de sable dans les zones côtières (Ph. DR)

    Dans un contxete mondial marqué par la raréfaction du sable, son utilisation devient un facteur de destabilisation, voire un aggravateur de tensions, souligne une récente étude sur la géopolitique du sable (Géopolitique des Ressources, avril 2019). En effet, au même titre que l’énergie (pétrole), le sable est un produit sensible. En tant que matériau de construction, il est constitutif des fondamentaux d’une économie, voire de «nos sociétés construites sur du sable».

    Les granulats sont la matière première la plus demandée au monde, après l’eau, précise l’étude. Mais les granulats font de plus en plus l’objet d’extractions intensives avec des conséquences néfastes (tensions géopolitiques, pressions environnementales, biodiversité...) «Le sable est un symbole de nouveaux enjeux de ce siècle: son extraction crée des vulnérabilités environnementales, économiques et sociales indissociablement liées et qui s’expriment sous différentes formes selon les réalités locales et le niveau de développemnt d’un pays».

    Aujourd’hui, dans un contexte de raréfaction du sable, il s’impose de repenser la gouvernance de cette ressource pour des raisons économiques (tourisme), géographiques (érosion des côtes), environnemntales (biodiversité, climat, écosystème...) ou encore des considérations sociales liées (migrations, destruction d’activités vivrières...).

    Selon l’étude de Géopolitique des Ressources, l’accroissement rapide de la demande globale du sable s’explique par deux facteurs: Primo, la ressource est utilisée dans une grande variété de produits (cela va du verre aux puces informatiques en passant par les produits cosmétiques). Secundo, le sable est une composante fondamentale de la production de ciment et du BTP.

    La hausse de la demande est attribuée essentiellement à la croissance rapide des pays asiatiques, surtout la Chine qui domine largement le marché mondial du ciment. Aujourd’hui, il y a de fortes pressions sur les extractions. Sauf que le rythme d’extraction est supérieur à celui du renouvellement de la ressource.

    Le sable est aussi prélevé des mers, des fleuves et des océans. Mais il doit être lavé de son sel «corrosif» et le coût de son extraction s’élève au fur et à mesure de l’éloignement des côtes. Selon l’étude, «l’essentiel du sable marin est inexploitable, car profondément enfoui sous les sédiments et dans les océans».

    Or, au Maroc, l’essentiel du sable destiné à la construction provient du littoral. C’est ce qui explique parfois les fissures au niveau des façades, les niveaux de corrosion accélérés, le délabrement prématuré des bâtiments. Quant au sable du désert, il est inadapté à la production de ciment ou à la consruction, précise l’étude.

    Le sable est également une question de développement. Préserver la ressource permet non seulement de maintenir les équilibres de la biodiversité et de lutter contre l’érosion côtière, mais aussi de préserver des emplois dans la pêche et l’agriculture dans des zones côtières. Mieux encore, cela permet d’éviter les flux migratoires et l’exode.

    L’exploitation du sable marin est un élément de tentation dans de nombreux pays (voir ausi encadré). Des réseaux parallèles, souvent relayées par de puissantes complicités, se livrent au pillage de cette ressource. Le commerce souterrain s’active dans des zones où l’extraction illégale est la principale source de revenus des populations dans les zones côtières.

    La mise en place de mécanimses rigoureux et le durcissement du contrôle par des dispositifs intelligents de surveillance (détecteurs, GPS, caméras...) de la filière revêt un enjeu crucial.

    Quid du Maroc!

    Au Maroc, un récent rapport onusien (ONU Environnement) précise que la moitié du sable utilisé dans les BTP (soit 10 millions de m3 par an) provient de l’extraction illégale de sable dans les zones côtières. Depuis plusieurs décennies, le sable fait l’objet de scandales au Maroc. La ressource subit de fortes pressions eu égard aux extractions intensives tout au long du littoral (Oualidia, Sidi Abed, Azemmour, Sidi Rahal, Had Soualem, Kénitra, Sidi Allal Tazi, Moulay Bousselham, Larache, Tanger...). Des zones de pillage par excellence où des réseaux informels «mafieux» opèrent dans l’impunité, et ce au vu et au su de tout le monde. Aujourd’hui, des experts parlent de «réseaux de criminalité organisés». «Rentable et peu régulée, la ressource fait l’objet d’un commerce illégal dans au moins une douzaine de pays: de la Jamaïque au Nigéria, en passant par le Combodge et le Maroc...» L’étude parle des «mafias du sable...»  des organisations criminelles puissantes qui se maintiennent par la corruption, la violence et exploitent des sites illégaux...

    A.R.

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