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International

USA-Iran: Les conséquences de l’escalade

Par L'Economiste | Edition N°:5518 Le 17/05/2019 | Partager
Des mesures d’urgence déclenchées
Mise en garde des alliés européens

L'escalade des tensions au Moyen-Orient entre les Etats-Unis et l'Iran a déclenché des mesures de précaution. Après dix jours d'accusations mutuelles, d'intense activité diplomatique de Washington et de déploiements militaires américains dans le Golfe, la crise s’installe.

■ Premières décisions: Les Etats-Unis ont rappelé leur personnel non-essentiel en Irak tandis les armées allemande et néerlandaise ont suspendu leurs opérations de formation militaire dans ce pays. Accusée d'alimenter elle-même l'escalade par ses annonces, l'administration de Donald Trump a invoqué «une menace imminente et réelle en lien direct avec l'Iran pour justifier ce retrait et ses actes des derniers jours».  Les Européens semblent davantage vouloir se démarquer de la stratégie de la tension entretenue par les Américains, et éviter d'être pris dans un engrenage qui pourrait dégénérer en confrontation armée.

■ Nouvelle salve d’accusations: Les responsables américains ont multiplié depuis le 5 mai les accusations aussi graves que floues à l'égard des autorités de Téhéran, sans préciser clairement la nature de ces menaces. «L'administration Trump n'a fourni aucune information au Congrès sur les renseignements qui motivent ses décisions, ni sur ce qu'elle entend faire», a déploré le sénateur démocrate Bob Menendez. Les propos d'un général britannique de la coalition internationale antijihadistes en Irak et en Syrie, qui a démenti toute «aggravation de la menace posée par les forces pro-iraniennes», ont contribué à semer le doute. Le département d'Etat est donc monté au créneau pour défendre la crédibilité de ces informations.

■ Le timing: Donald Trump, qui considère l'Iran coupable de tous les maux du Moyen-Orient, a claqué la porte il y a un an de l'accord de 2015 censé empêcher Téhéran de fabriquer la bombe atomique, jugé trop laxiste. Depuis, il n'a eu de cesse de renforcer ses sanctions pour faire plier le régime iranien. Plusieurs observateurs estiment que le risque actuel est lié à «d'éventuelles représailles à l'inscription, en avril, des Gardiens de la Révolution sur la liste américaine des organisations terroristes».

■ Sabotages dans le Golfe: Alors que ces tensions montaient, l'Arabie et les Emirats arabes unis ont dénoncé des actes de sabotage contre quatre navires pétroliers dans le Golfe. Ce qui renforce le sentiment d'une situation très précaire qui risque de s'embraser à la moindre étincelle. Mais les Etats-Unis, qui apportent leur soutien à l'enquête, se sont gardés à ce stade de dénoncer publiquement une implication de l'Iran dans ces incidents précis.

Les risques

Le flou entourant les menaces présumées mais aussi la stratégie américaine face à l'Iran a suscité le scepticisme d'une partie des observateurs et des élus démocrates. Ces derniers soupçonnent le gouvernement républicain de vouloir provoquer une confrontation militaire avec l'Iran… «Je suis sûr que l'Iran voudra bientôt discuter», a lancé Donald Trump, tentant de relancer ses offres de dialogue restées jusqu'ici sans réponse. En visite à Tokyo et cité par l’agence japonaise Kyodo, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a écarté «toute possibilité de négociations avec les Etats-Unis, susceptibles de réduire les tensions croissantes dans le Golfe». Téhéran se prépare à augmenter son «rythme de production d'uranium enrichi et d'eau lourde, conformément à sa décision de s'affranchir de certains engagements en matière nucléaire», a indiqué un responsable iranien cité par l'agence Isna.

F. Z. T. avec AFP

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