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    Jésus, une grande figure biblique du Coran: Episode 6: Les rites chez les musulmans, les juifs et les chrétiens

    Par L'Economiste | Edition N°:5518 Le 17/05/2019 | Partager
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    La Pâque juive ou «Pessah» commémore la sortie d’Égypte du peuple juif. Pour les chrétiens, cette fête permet de commémorer 2 événements: la libération de l’esclavage du peuple hébreu, mais également la première eucharistie du Christ avant sa Passion (la veille de sa mort) (Crédit DR)

    - La circoncision: c’est une coutume qui remonte à Abraham et qui rappelle l’Alliance entre Dieu et le peuple juif. Elle consiste dans une ablation du prépuce. Elle est pratiquée par les juifs et les musulmans, mais pas par les chrétiens.
    En France, elle est autorisée pour des raisons religieuses ou médicales et on estime à plus de deux millions les hommes qui sont circoncis. Chez les juifs, les garçons sont intronisés publiquement pour la circoncision, le huitième jour de leur naissance. C’est à cette occasion que les prénoms de l’enfant sont annoncés à l’assistance. S’ensuit un repas de fête pour les convives. Contrairement au judaïsme, dans l’islam, la circoncision, pratiquée selon les régions à un âge avancé, est beaucoup plus un rite qu’une obligation religieuse, dans la mesure où le Coran n’en parle pas. Pourtant, la quasi-totalité des musulmans sont circoncis, car cette pratique est fortement recommandée par les écoles juridiques. Il est rapporté que tous les compagnons du Prophète étaient circoncis et que ce dernier est né «circoncis par les anges». En ce qui concerne la circoncision chez les chrétiens, s’il est admis que Jésus a été circoncis selon la tradition juive, la question a longuement été débattue, pendant les premières années de la naissance du christianisme, jusqu’à ce que l’Église, lors du concile de Jérusalem en l’an 49, ait écarté la circoncision en faveur du baptême. Avant elle, c’est Paul qui a rejeté l’obligation de circoncision.
    - L’alimentation: d’après la Loi hébraïque, une série d’animaux sont interdits à la consommation, comme le porc, le cheval et toutes les bêtes dont le sabot est fendu et qui ruminent. La nourriture autorisée est dite «kasher». Il est interdit de consommer également le sang. Les animaux autorisés sont le bœuf, le veau, le mouton, l’agneau et la volaille (poulet, poule, oie, pintade, canard). En revanche, sont interdits les prédateurs, les carnassiers, les reptiles qui bougent en se traînant sur terre, le hérisson, le crocodile, la limace et le caméléon, ainsi que l’escargot, la grenouille, les insectes, le lapin, le lièvre et le gibier. Sont également proscrits les fruits de mer. Toutefois, sont autorisés les poissons des mers et des rivières ayant des nageoires et des écailles. L’espadon ou l’esturgeon ne sont pas considérés comme casher. Une autre prescription concerne l’interdiction de prendre des laitages et de la viande, même celle de la volaille, au cours d’un même repas. Cette interdiction s’étend aux yaourts et desserts lactiques. Ce qui explique que des préparations, conformes aux règles hébraïques, sont mises en vente dans des épiceries kasher ou dans les rayons spécialisés des supermarchés sous surveillance rabbinique. Pour le respect de ces règles, chaque famille dispose de plusieurs vaisselles: assiettes, verres, couverts, nappes, etc. Ceci, pour éviter le contact entre les aliments. Dans le même esprit, les rabbins ont fixé à six heures le délai entre la consommation de la viande et celle d’un produit lacté. L’abattage rituel des animaux autorisés par le judaïsme est précédé d’une prière effectuée sur l’animal. Avant d’être cuisiné, un morceau de viande doit être débarrassé du sang, de façon complète. Par contre, aucune préparation particulière pour la cuisson du poisson ni la façon de pêcher n’est exigée dans le judaïsme. Les boissons alcoolisées sont autorisées. Une coupe de vin est même préconisée lors de certaines fêtes et pendant le shabbat,  la seule exception concerne l’interdiction de boire du vin au cours du premier mois de deuil. Pour les musulmans, le Coran interdit la consommation de la viande de porc et celle du vin. Comme dans le judaïsme, l’abattage de l’animal doit suivre un rituel: on doit invoquer le nom d’Allah «Bismi Allah Wa Allah Akbar» (Au nom de Dieu et Dieu est le plus grand). L’animal doit être vidé de son sang, comme le précise le Coran: «Voici ce qui vous est interdit: la bête morte, le sang, la viande de porc; ce qui a été immolé à un autre que Dieu, la bête étouffée ou morte à la suite d’un coup, ou morte d’une chute, ou morte d’un coup de corne, ou celle qu’un fauve a dévorée - sauf si vous avez eu le temps de l’égorger- ou celle qui a été immolée sur des pierres.» (Coran, V, 3). Ce qui est frappant, c’est que dans ce chapitre du Coran et dans d’autres, on trouve, pratiquement, les interdictions alimentaires recommandées par Jacques, frère de Jésus, dans les Actes des Apôtres. Ainsi, aussi bien dans le judaïsme que dans l’islam, certaines conditions doivent être remplies pour obtenir une viande «casher» ou «halal». Il y a lieu de préciser que si le Coran autorise les musulmans à manger la nourriture des gens du Livre (chrétiens et juifs), il est interdit aux juifs de consommer de la viande halal car les conditions d’abattage des animaux sont plus strictes que chez les musulmans. Cette notion de «gens du Livre» se retrouve souvent dans le Coran. Ainsi, à titre de comparaison avec ce qui vient d’être précisé, le Coran permet à un musulman de prendre une femme appartenant aux gens du Livre pour épouse; en revanche, il interdit à une musulmane d’épouser un non-musulman Contrairement au judaïsme et à l’islam, le christianisme ne prescrit aucun interdit alimentaire. C’est Paul, dans son Épître (lettre) à Timothée, qui, le premier, a déclaré : «Tout ce que Dieu a créé est bon et aucun aliment n’est à proscrire» (I Timothée, IV, 4). Dès le premier concile de Jérusalem, l’Église chrétienne s’oppose au respect de tout interdit alimentaire édicté par l’Ancien Testament et ce, pour se conformer aux paroles de Jésus: «Écoutez et comprenez, ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l’homme impur mais ce qui sort de sa bouche, voilà ce qui rend l’homme impur.» (Matthieu, XV, 10-11). Quant à l’abattage, en France, l’animal est étouffé, électrocuté ou assommé avant d’être abattu et vidé de son sang; celui-ci est utilisé dans la préparation de la charcuterie.
     

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    Grande mosquée des Omeyyades Damas, la fontaine aux ablutions. Les ablutions interviennent, chez les juifs, après des situations dites «d’impureté». Chez les musulmans, on retrouve le même rite des ablutions, mais dans des situations différentes (Crédit DR)

    - Les ablutions: celles-ci interviennent, chez les juifs, après des situations dites «d’impureté», comme les menstruations, les relations sexuelles, les maladies de la peau, l’accouchement, le contact avec le cadavre… Pour se débarrasser de ces situations d’impureté, il faut seulement, selon les cas, se laver les mains ou les pieds ou prendre un bain dans les bassins rituels. Chez les musulmans, on retrouve le même rite des ablutions, mais dans des situations différentes. Ainsi, on fait une distinction entre les «petites » et les « grandes » ablutions. Les petites ablutions, nécessaires pour accomplir les prières, consistent, d’après le Coran, à laver le visage, les mains jusqu’aux coudes, la tête et les pieds jusqu’aux chevilles (Coran, V, 6). Quant aux grandes ablutions, elles doivent intervenir après des relations sexuelles, les menstruations et l’accouchement pour les femmes. Elles consistent à laver tout le corps, en le rinçant, en commençant par les membres supérieurs, et toujours du côté droit. Dans le cas où le croyant ne trouve pas d’eau pour ses ablutions, aussi bien les grandes que les petites, il peut recourir au «tayamoum» qui consiste à toucher une pierre naturelle ou du sable et passer sur le visage et les mains, c’est ce qu’ordonne le Coran. (Coran, IV, 43).
    - Les interdits liés à l’éthique comme le mensonge, le vol, le meurtre, l’adultère ou l’inceste: ces interdits, d’ordre moral, se retrouvent dans les trois religions monothéistes, de même que le respect de certaines valeurs comme aimer Dieu de toutes ses forces, aimer les autres, l’équité, la compassion…
    - Le shabbat: qui signifie en hébreu «cesser un travail». Chez les juifs, chaque semaine, pendant la journée du samedi, la vie s’apaise. C’est le jour du repos où toute forme de travail est proscrite par la Loi. C’est une journée consacrée à Dieu. Aujourd’hui, les pratiquants n’utilisent ni voiture, ni téléphone, ni électricité, ni ascenseur… Ces règles ne peuvent être transgressées que dans un seul cas, quand une vie est en danger, mais pas en cas de décès. Le shabbat est fixé au samedi, en souvenir de l’apogée de la création du monde. Il commence le vendredi au coucher du soleil et se poursuit jusqu’à ce que trois étoiles soient visibles dans le ciel le samedi soir. Sa célébration commence le vendredi à la synagogue et se poursuit dans les foyers où les membres de la famille se retrouvent en habit de fête autour d’une belle table.
    Pour les chrétiens, le jour du Seigneur est le dimanche qui correspond au jour au cours duquel les membres des premières communautés chrétiennes avaient l’habitude de se réunir, en souvenir du jour de la résurrection du Christ. C’est l’empereur Constantin qui, en 321, a décidé que le repos hebdomadaire doit être le dimanche. Pour les musulmans, c’est le vendredi qui est le jour de la prière, «Youm Al-Joumouaa», jour du rassemblement pendant lequel les croyants se rendent à la mosquée pour la grande prière, en vue d’écouter le prêche de l’imam. À la fin de la prière, chacun peut vaquer à ses occupations. Remarquons qu’aucun interdit n’est édicté pendant cette journée.
     

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    - Les fêtes: les trois principales fêtes juives sont la Pâque («Pessah» qui commémore la sortie d’Égypte), la Pentecôte («Soukkot» qui commence cinquante jours après la Pâque et qui commémore les années d’errance nomade à la recherche de la Terre promise) et les Tabernacles (Shavouot ou la fête des Tentes). La fête la plus sainte du calendrier juif est Yom Kippour, «le jour du Grand Pardon». Cette fête marque une sorte de nouveau départ, en effaçant les fautes du peuple entier et l’impureté de l’année écoulée.
    Les chrétiens ont en commun certaines fêtes avec les juifs. Il s’agit d’abord de la fête de Pâques. Pour les chrétiens, cette fête permet de commémorer deux événements: la libération de l’esclavage du peuple hébreu, mais également la première eucharistie du Christ avant sa Passion (arrestation, procès, crucifixion et résurrection). C’est la raison pour laquelle le mot «Pâques» s’écrit au pluriel chez les chrétiens. La Pentecôte est également fêtée par les juifs et les chrétiens. Pour ces derniers, elle commémore, sept semaines après Pâques, la réception par les apôtres de l’Esprit saint (Actes des Apôtres , II, 1-4). Les chrétiens fêtent, également, le 25 mars, L’Annonciation, qui commémore l’annonce par l’ange Gabriel à Marie qu’elle sera la mère du Messie. La fête de Noël, du latin «jour de la naissance», célèbre, le 25 décembre la naissance de Jésus. La Semaine sainte célèbre la Passion du Christ, depuis son arrestation (Jeudi saint) et sa crucifixion par les Romains (Vendredi saint) au jour de sa résurrection (dimanche de Pâques). Parmi les fêtes célébrées par les chrétiens, il y a aussi l’Ascension qui célèbre la montée de Jésus au ciel, elle est fêtée le jeudi suivant les quarante jours après les fêtes de Pâques. La Toussaint (fête de sainte Marie et tous les saints martyrs) est célébrée par les chrétiens le 1er novembre, pour fêter la communion des saints. Quant aux musulmans, ils fêtent l’Aïd el Kébir «La grande fête», appelée aussi l’Aïd el-adha (La fête du sacrifice) le 10 de Dou-el- hijja, du calendrier de l’hégire, qui rappelle la grande foi d’Abraham, quand Dieu lui a demandé d’égorger son fils Ismaël (Isaac, selon la tradition juive et chrétienne). Ils fêtent également l’Aïd el fitr ou Aïd Essighir «petite fête», qui clôt le jeûne du mois de ramadan. La fête du Mouloud célèbre la naissance du prophète Mohammed, le 12 du mois de Rabi al Awal de l’hégire.

    Jésus, une grande
    figure biblique du Coran

    Rachid Lazrak
    La Croisée des Chemins,
    L’Harmattan, 2019

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