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    International

    Washington-Moscou: Multiples points de friction

    Par L'Economiste | Edition N°:5516 Le 15/05/2019 | Partager
    Pompeo rencontre Poutine
    Venezuela, Syrie, Ukraine, traités de désarmement... au menu
    Crainte d’une escalade dans le Golfe

    Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo est arrivé hier mardi 14 mai en Russie. C’est pour tenter d’avancer avec Vladimir Poutine sur les multiples points de friction entre Washington et Moscou, sur fond de tensions américano-iraniennes croissantes.

    Venezuela, Syrie, Ukraine, traités de désarmement... les sujets de discorde avec la Russie ne manquent pas. Le rapport du procureur spécial américain Robert Mueller n’a pas trouvé de preuve d’une quelconque entente entre la Russie et l’entourage de Donald Trump en 2016. Mais estime que la Russie «s’est immiscée dans l’élection présidentielle de 2016 d’une façon systématique».

    Mike Pompeo avait promis «des mesures dures contre ces activités néfastes de Moscou et a expliqué s’attendre au même genre d’activités russes illégales en 2020». Le Kremlin a toujours démenti toute ingérence, mettant ces accusations sur le compte de luttes politiques internes à Washington.

    A Sotchi, sur la mer Noire, le secrétaire d’Etat doit y rencontrer son homologue russe Sergueï Lavrov avant que les deux hommes ne soient reçus par le président russe. Il sera alors le plus haut responsable américain à rencontrer Vladimir Poutine depuis son sommet de juillet à Helsinki avec Donald Trump, dont le ton conciliant à l’égard du maître du Kremlin avait choqué la classe politique américaine.

    Cette visite intervient à un moment où Washington accuse Téhéran de préparer des attaques contre les intérêts américains au Moyen-Orient. Les Etats-Unis ont dépêché dans la région un porte-avions, un autre navire de guerre, des bombardiers B-52 et une batterie de missiles Patriot.

    «Une politique de pression maximale conduit à pousser un pays dans ses retranchements et (...) cela ne donne jamais de résultats», a mis en garde le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Cela n’encourage pas un pays à se montrer conciliant.

    La Russie, comme les Européens, est favorable à un maintien de l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, dont les Etats-Unis se sont retirés avant que Téhéran ne suspende récemment certains de ses engagements.

    Sergueï Lavrov a averti qu’il comptait avoir une conversation franche au sujet de l’Iran avec Mike Pompeo. Lequel a déjà eu lundi 13 mai des entretiens difficiles avec des Européens inquiets d’un possible conflit. La crainte d’une escalade dans le Golfe a été alimentée ces derniers jours par de mystérieux actes de sabotage contre quatre navires de commerce de différents pavillons, même si aucun lien n’a été établi officiellement.

    Le ton monte

    Le président américain Donald Trump a annoncé qu’il prévoyait de rencontrer son homologue russe à l’occasion du prochain G20, fin juin au Japon. Le Kremlin a cependant assuré qu’il n’existait aucun accord en ce sens. Le ton est encore monté ces dernières semaines entre les deux puissances au sujet du Venezuela, où elles s’accusent mutuellement d’ingérence et soutiennent des parties opposées. Le sujet du désarmement est revenu au premier plan avec la récente suspension par les Etats-Unis, imités par la Russie, de leur participation à un traité datant de la Guerre froide interdisant les missiles sol-sol d’une portée de 500 à 5.500 km. Moscou et Washington doivent désormais négocier le prochain traité de contrôle des armements nucléaires Start, l’actuel arrivant à échéance en 2021 et le gouvernement Trump souhaitant y inclure la Chine.

    F. Z. T. avec agences

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