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    Economie

    Sucre: Le Maroc se positionne à l’export

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5516 Le 15/05/2019 | Partager
    350.000 tonnes en moyenne sur les 3 dernières années
    Elles sont destinées à une quarantaine de pays
    Les opérations réalisées hors système de subvention
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    Le recul du volume entre 2017 et 2018 est dû à la pression sur la prime du sucre blanc (différence entre les cotations du sucre brut et du blanc) qui rémunère le raffinage 

    Les prix mondiaux du sucre sont sous haute tension. A New York comme à Londres les cours du brut et du blanc ont dégringolé pour se situer à leurs  niveaux les plus bas: 278 dollars la tonne pour le brut. Même dans ce contexte de marché déprimé, l’opérateur sucrier marocain reste confiant de son programme export.

    Depuis quelques années, Cosumar importe du sucre brut qu’elle revend  après raffinage sur le marché international. Sur les trois dernières années, les volumes traités oscillent  entre 300.000 et 400.000 tonnes. Mais en 2018 on a enregistré un repli de quelque 50.000 tonnes.

    «Il n’empêche que l’impact sur la balance commerciale reste positif», souligne le management du groupe sucrier. Ceci, du fait que l’export du sucre importé en admission temporaire rémunère en devise  la valeur ajoutée locale créée par le raffinage.

    L’ambition de s’ériger en acteur régional  à travers l’export du sucre blanc répond à un impératif, celui de rentabiliser l’outil industriel. (Voir encadré). S’ajoute également l’expertise de son actionnaire Wilmar, rompu au négoce international du sucre. Actuellement, le Maroc est devenu exportateur du sucre raffiné sur une quarantaine de pays. Les opérations d’export sont réalisées dans le cadre du régime d’admission temporaire hors système de subvention.

    Or, depuis 2017, la production sucrière mondiale affiche un excédent pléthorique avec des stocks abondants. D’où la baisse des cours sur le marché international. Cette situation s’explique en partie par l’abolition en octobre 2017 du système des quotas de l’Union européenne.

    Ce qui s’est traduit par une augmentation de 20% des superficies dédiées à la betterave à sucre, avec à la clé une production record de 21 millions de tonnes dès la campagne 2017-2018. Et une  bonne partie de cette production a été destinée à l’exportation.

    Parallèlement, le Brésil, l’Inde et la Thaïlande ont également réalisé de bonnes campagnes sucrières. Ainsi la  surproduction constatée à l’échelle mondiale a exacerbé la pression sur les prix. Le niveau de prix se situe aux alentours de  278 dollars la tonne pour le sucre brut et à 340 dollars pour le sucre blanc.

    Il est à noter que le prix du sucre blanc (FOB) coté à la Bourse de Londres est majoré selon les pays de destination des divers coûts (fret, frais portuaires et d’approche, droits de douane, conditionnement et charges de distribution jusqu’au consommateur final). Quant au  prix du sucre brut (FOB) coté  à la Bourse de New York, il subit des coûts supplémentaires liés à la transformation ou raffinage.

    Les retombées pour le budget et la balance commerciale sont indéniables. La facture des importations pour couvrir les besoins de consommation a été réduite. Et Cosumar a même versé à la compensation les montants représentant le différentiel entre le prix payé à l’import et celui de référence fixé par la réglementation: 4.700 DH/tonne. Il en résulte une plus-value de 1.000 DH par tonne importée.

    Selon le management de Cosumar, le recul du volume entre 2017 et 2018 est dû à la pression sur la prime du sucre blanc (différence entre les cotations du sucre brut et du blanc) qui rémunère le raffinage. Par période, elle avait atteint des niveaux inférieurs à 60 dollars la tonne réduisant de façon significative le potentiel à l’export. Mais la tension qui s’exerce actuellement sur le marché pétrolier en raison des sanctions américaines contre l’Iran devrait redresser quelque peu la situation.

    Un léger redressement des cours mondiaux du sucre a été également constaté ces derniers temps mais sans impact significatif sur le marché. Les prix restent toujours volatils et la situation des stocks n’augure guère d’un retournement de  tendance. «Toujours est-il qu’il faut rester à l’écoute du marché en saisissant les opportunités à l’achat comme à la vente», confie le management de Cosumar.

    9 milliards de DH investis

    Le groupe Cosumar  a entrepris un large programme d’investissement d’environ 9 milliards de DH. Ce qui a permis de mettre à niveau aussi bien  l’amont agricole que l’outil industriel. Au niveau agricole, les rendements de sucre à l’hectare ont doublé et s’établissent aujourd’hui à 12 tonnes/ha avec  une production d’environ 5 millions de tonnes de plantes sucrières: betterave et canne à sucre. L’outil industriel a fait également l’objet d’un large programme de restructuration permettant d’assurer l’approvisionnement régulier en sucre du pays même en cas d’aléas climatiques grâce à une capacité installée effective de production de 1,65 million de tonnes de sucre blanc raffiné pour un marché domestique  de 1,2 million de tonnes par an.
    La raffinerie de Casablanca permet à elle seule d’assurer un volume  de plus de 1 million de tonnes. Avec ce système combiné à la production issue des plantes sucrières (50% des besoins), la filière dispose d’un excédent de traitement de plus de 400.000 tonnes de sucre blanc par an. Le recours à l’export devient ainsi une opportunité pour permettre à la raffinerie de tourner à plein régime et partant améliorer sa compétitivité.

    A.G.

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