×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Competences & rh

    Formation des enseignants: Comment sont préparés les profs de la mission française

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5515 Le 14/05/2019 | Partager
    Jusqu’à très récemment, une formation sur le tas pour les recrues locales
    L’ambassade de France impose un executive master d’un an et demi
    Dispensé par l’UIR et l’Université de Lorraine
    formation-des-enseignants-etudiants-015.jpg

    Le réseau des établissements français au Maroc ne cesse de croître. L’an dernier, il comptait plus de 37.000 élèves, dont 60% de Marocains. Il est appelé à se développer davantage dans les prochaines années, vu l’ampleur de la demande

    Le problème de la qualité des enseignants n’est pas que marocain. A la mission française aussi, les parents ne cessent de dénoncer la détérioration du niveau des profils employés. Ces dernières années, l’Etat français se désengage des établissements implantés à l’étranger et mobilise de moins en moins d’expatriés.

    Les écoles sont ainsi obligées de recruter des enseignants locaux, surtout que leurs effectifs ne cessent de croître. Elles ont, toutefois, du mal à dénicher des candidats qualifiés. L’ambassade de France à Rabat a donc récemment décidé de lancer un executive master d’un an et demi, obligatoire pour ses recrues locales (voir L’Economiste N° 5451 du 12 février 2019), qu’elles soient destinées aux écoles de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), à celles de la Mission laïque française (Osui) ou aux établissements privés marocains homologués.

    Le programme est dispensé par l’Université internationale de Rabat (UIR), en partenariat avec l’Université de Lorraine, à travers son Ecole supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE). Pour l’instant, il ne concerne que les enseignants de la maternelle et du cycle élémentaire. Une première promotion d’une trentaine de candidats a démarré ses cours en janvier dernier. 

    C’est à deux anciens hauts cadres du secteur que l’UIR a confié le pilotage du projet: Abdelhafid Debbarh, ex-secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur, et Mohamed Ould Dada, ancien DRH du ministère de l’Education nationale, également ancien directeur de l’Académie régionale de l’éducation et de la formation de Fès-Boulemane. Les deux experts ont mis à contribution leur longue expérience dans le domaine pour concevoir un modèle, en partenariat avec l’ESPE de Lorraine.

    «Nous avons monté un programme adapté au contexte marocain, à partir de celui de l’ESPE en France», explique Mohamed Ould Dada. Etalé sur 18 mois, il compte 365 heures de travail en présentiel, et presque 500 heures de travail personnel. Il est géré par 3 intervenants: l’UIR, l’ESPE et l’AEFE qui met à disposition ses établissements pour les stages.

    Dès leur recrutement, les candidats (détenant au minimum une licence) doivent se soumettre à l’executive master. «La plupart d’entre eux justifient d’une expérience de deux à trois ans. Mais avec nous, ils découvrent de nouvelles méthodes. La majorité ont appris leur métier sur le tas», relève Ould Dada.

    En effet, avant ce parcours, les nouveaux enseignants étaient pris en charge par des tuteurs de leurs établissements, et bénéficiaient de quelques heures de formation de l’inspection française. Aujourd’hui, c’est tout un parcours universitaire qui est offert.    

    Bientôt un programme pour les profs du secondaire

    Le cursus est déployé en 12 semaines (une par mois). La première phase, de 8 semaines, dure de janvier à août 2019. La deuxième est prévue entre octobre 2019 et avril 2020. «Il s’agit d’une formation alternée tenant compte des contraintes des établissements dans lesquels travaillent les professeurs stagiaires. Ces derniers sont également accompagnés par l’inspection de l’éducation française et par des conseillers pédagogiques. Chacun bénéficie de deux tuteurs, pour les deux cycles, maternel et élémentaire», précise Abdelhafid Debbarh.

    Le contenu est assez divers: langues, sciences, culture civique, posture de l’enseignant, organisation des classes, relation avec les parents, didactique, pédagogie, psychopédagogie… Un module sensibilisant au système scolaire marocain et au contexte socioculturel local y a été intégré.

    Tout en suivant leurs cours, les professeurs stagiaires exercent déjà dans leurs établissements, en tant qu’enseignants, remplaçants, chargés d’activités de gestion administrative... «L’an prochain, ils devront réaliser un travail personnel de réflexion et de recherche appliquée en didactique et pédagogie, pour préparer leur mémoire de fin d’études. Le cursus sera sanctionné par un diplôme universitaire de l’ESPE de Lorraine», ajoute Debbarh.

    Une deuxième cohorte rejoindra le master en octobre prochain. Un curriculum destiné aux enseignants du secondaire, notamment en histoire/géo, philosophie et français est en préparation. Des consultations avec les chefs des établissements seront lancées à cet effet.

    Un modèle transférable à l’école marocaine?

    Les écoles privées marocaines sont elles aussi confrontées à la rareté des profils employables dans l’enseignement. Dans le secondaire, elles s’appuient en grande partie sur les ressources des établissements publics. La loi- cadre sur l’enseignement, actuellement en discussion au Parlement, imposera au privé de former ses propres enseignants. Pour l’heure, le secteur se contente de formation sur le tas, avec le coaching d’inspecteurs pédagogiques. Mais ce schéma n’est pas tenable à plus long terme. «Le problème se pose avec plus d’acuité pour le parcours international du baccalauréat, très prisé par les parents, pour lequel il n’existe que très peu de profs bilingues», relève Mohamed Ould Dada. «L’UIR peut répondre à cette demande, avec un format et un rythme adaptés aux établissements, qui ne souffriront pas de l’absence de leurs professeurs», ajoute-t-il. L’UIR ambitionne ainsi de faire profiter l’école marocaine de son expérience avec le système français. Elle met, par ailleurs, en avant sa capacité à mobiliser des expertises et compétences internationales. «Nous disposons déjà d’une maquette pédagogique facilement adaptable. Il est même possible d’imaginer un schéma de contractualisation avec les Académies régionales de l’éducation. Nous pouvons les accompagner en fonction du rythme scolaire et sans perturber l’année scolaire des élèves», suggère, pour sa part, Abdelhafid Debbarh.

    Ahlam NAZIH

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc