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    Economie

    Agriculture: «La solution pour faire face aux aléas climatiques»

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5511 Le 08/05/2019 | Partager
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    Aziz Zine Alabidine inspectant, il y a une semaine, une parcelle des 500 ha cultivés en semis direct. Les tiges de féveroles sont encore vertes en ce mois d’avril (Ph. JEH)

    C’est une exploitation familiale de 800 hectares dont 600 hectares de surface agricole utile. Quelque 500 hectares sont réservés aux grandes cultures entre céréales, oléagineux et légumineuses et 100 hectares à l’arboriculture.

    L’exploitation est dirigée par Aziz Zine Alabidine. Agé de 45 ans, ingénieur-agronome diplômé de l’université de Californie, il a choisi de gérer le domaine familial situé dans la région de Meknès et hérité de son père, de «manière raisonnée et structurée».

    Dès son  retour des Etats Unis, la première chose qu’il a accomplie a été de faire, comme il dit, «un diagnostic» de l’état de l’agriculture. «La sécheresse se faisait de plus en plus fréquente, les ressources naturelles se raréfiaient, et les sols, commençaient à dépérir et perdaient de leur fertilité».

    Ajouté à cela, le coût des intrants qui n’arrêtait pas d’augmenter. Conséquence: une baisse notable de la productivité et, partant, de la rentabilité. «C’est ce qui nous a poussés à chercher par quels moyens réduire les frais et coûts de production et comment faire retrouver aux sols leur fertilité», souligne Zine Alabidine.

    Aujourd’hui, les ressources hydriques et en eaux souterraines sont faibles. En outre, même en temps de bonne pluviométrie, les précipitations demeurent mal réparties et irrégulières. La moyenne est passée de 500 mm de pluie par an à seulement 350 mm, soit donc une perte de 150 mm.

    En outre, la période s’est aussi réduite comme une peau de chagrin: quatre mois de pluie ponctués de périodes de sécheresses totalisant au moins 45 jours contre neuf mois auparavant. Pour l’année en cours, seuls 25 mm de pluie ont été enregistrés entre janvier et mars, soit en pleine période de croissance et où les plants ont le plus besoin d’eau.

    Pour Zine Alabidine, «la solution n’est pas dans l’utilisation de plus gros tracteurs et de plus grosses charrues pour retourner la terre beaucoup plus profondément». Cela engendrerait plus de frais, sans pour autant résoudre le problème.

    En 2006, à l’occasion de la première édition du Siam, ce fut la rencontre avec un exposant qui vulgarisait le système du semis direct. «Il m’a démontré de manière scientifique les résultats de recherches menées chez des agriculteurs dans le sud de la France et que cela marchait», souligne-t-il. La décision est alors prise : essayer ce procédé de culture.

    L’année agricole 2006-2007 a connu une importante sécheresse, il n’y a eu que 220 mm de pluie dont 120 mm en avril 2006. «Cette année-là, nous avions semé, à titre d’essai, seulement 20 hectares en semis direct (17 ha en céréales et 6 ha en lentilles).

    En cette année, dans la culture conventionnelle nous avions enregistré moins de 3 quintaux à l’hectare. Sur les 17 ha semés en semis direct, la production a été homogène et le rendement a atteint 10 quintaux à l’hectare. Nous avons aussi économisé 700 DH de charges à l’hectare. Pour les lentilles, le rendement en culture conventionnelle a été de seulement 1,5 quintal à l’hectare alors qu’il a atteint 7 quintaux en semis direct».

    «Après un petit calcul, nous nous sommes rendus compte que sur 500 hectares nous pouvons réaliser l’économie de 500 DH minimum par hectare. Soit donc 250.000 DH pour 500 hectares», ajoute-t-il. Une somme qui ne sera pas déboursée en frais de gazoil, en labour et en usure de matériels. «Cela nous a permis d’acquérir un gros semoir. Il coûte 300.000 DH et est subventionné par l’Etat à hauteur de 100.000 DH», indique Zine Alabidine.

    «Mathématiquement, la sécheresse étant devenue récurrente, c’est cette économie de 250.000 DH qui nous a encouragés à acheter notre premier semoir», souligne-t-il. «Les années suivantes, ayant été moins catastrophiques, voire moyennes à assez bonnes, nous avons eu d’assez bonnes récoltes et avions amorti notre investissement en deux ans», affirme Zine Alabidine.

    Ce dernier a «compris que le semis direct est la solution pour faire face aux aléas des changements climatiques et à l’irrégularité des précipitations. C’est aussi la solution pour préserver les sols et leur qualité en en diminuant l’érosion provoquée par l’écoulement des eaux en période de fortes pluies».

    A partir de l’année 2010, il a commencé à réaliser toutes les cultures sur 500 hectares de l’ensemble de l’exploitation en semis direct. Entre 2010 et 2017, le taux de matières organiques des sols est passé de 1,8% à 2,8%. Ce qui est énorme.

    J.E.H.

     

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