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    Le jeu, le moyen le plus efficace d’apprendre

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5510 Le 07/05/2019 | Partager
    Il capte l’attention, stimule le travail en groupe et consolide les compétences
    L’erreur de l’école actuelle est d’évaluer l’élève selon la note
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    «La neuro-ergonomie permet de nous libérer de nos conditionnements et d’accroître notre potentiel mental. Apprendre à mieux appréhender des idées qui ne nous étaient pas familières», explique Idriss Aberkane (Ph. privée)

    C’est dans une salle comble qu’Idriss Aberkane a récemment fait son one-man-show scientifique. Invité par Ecole internationale de Casablanca Almaz, qui a ouvert l’an dernier, il démarre sa conférence neuro-ludique devant un auditoire en totale concentration.

    Infatigable, l’expert en neurosciences livre sa recette sur comment améliorer le développement personnel, la concentration, comment mieux exploiter notre matière grise, mais aussi sur les avantages du jeu. Il illustre tous ses propos par des cas pratiques, en remettant en question le fonctionnement des institutions avec des critiques sans détour. Il essaye aussi d’ouvrir le débat sur des questions fondamentales, telles que l’éducation.

    «L’idée que l’on n’utilise que 10% de notre cerveau est bien sûr un mythe. Elle ne veut rien dire!», avance d’emblée le jeune neuroscientifique. Une personne a toujours besoin de tout son cerveau pour accomplir une tâche. «En revanche, il est vrai que nous n’utilisons pas l’intégralité de notre potentiel mental, et que ce que pourrait accomplir notre cerveau est toujours infiniment supérieur à ce qu’il réalise vraiment», explique-t-il.

    En effet, le cerveau humain a souvent tendance à surestimer les bénéfices et à sous-estimer les pertes. Selon Aberkane, les personnes qui réalisent des tâches mentales prodigieuses n’ont pas un cerveau extraordinaire. Elles ont juste appris à utiliser au maximum son potentiel. C’est là qu’intervient la neuro-ergonomie.

    «Cela permet de nous libérer de nos conditionnements et d’accroître notre potentiel mental. Apprendre à mieux appréhender des idées qui ne nous étaient pas familières ouvre un champ considérable pour le développement personnel, et même économique et social», souligne Idriss Aberkane.

    Pour l’expert en neurosciences, l’erreur de l’école d’aujourd’hui est d’évaluer les élèves selon leur résultat scolaire. Mais l’intelligence humaine est plus complexe et diversifiée que ce qui peut être mesuré par des notes. Le système actuel correspond aux besoins de la société industrielle.

    Les étudiants y sont encouragés à ne pas sortir des règles établies et à considérer le travail en groupe comme de la triche. Or, dans la vraie vie, être autonome, s’exprimer librement et coopérer avec les autres sont des atouts majeurs pour pouvoir atteindre ses objectifs. Dans le monde technologique contemporain, les jeux vidéo stimulent l’apprentissage. «C’est même la façon la plus efficace d’apprendre», avance Idriss Aberkane.

    «Le jeu est un moyen de capter l’attention. L’élément principal dans l’économie de la connaissance est l’attention multipliée par du temps. L’école n’est pas compétitive pour capter l’attention», souligne-t-il. Pour appuyer son constat, Aberkane présente l’école comme un buffet à volonté de connaissances.

    «Vous êtes devant un buffet dans un hôtel cinq étoiles, et là vous avez tous les plats que vous voulez. Vous êtes a priori au paradis. Sauf qu’à l’école, on a rajouté une règle. Un maître d’hôtel se pointe et vous dit: vous devez tout manger jusqu’à la dernière assiette.

    Et tout ce que vous laissez sera porté sur l’addition. C’est-à-dire que non seulement vous ne serez récompensé que par rapport à ce que vous avez laissé et non par rapport à ce que vous avez mangé, mais en plus, si vous en laissez trop, vous redoublez. C’est l’enfer», illustre le spécialiste des neurosciences.

    Avec le jeu, on allie apprentissage et plaisir. En effet, il parvient à capter l’attention, encourage l’essai-erreur et consolide les compétences acquises à travers les différents niveaux. «Toutefois, nous sommes restés bloqués dans la mystification de la révolution industrielle, qui est: produire ou s’épanouir, il faut choisir», regrette Aberkane.

    Beaucoup de personnes pensent qu’elles ne peuvent pas être heureuses et productives en même temps. «C’est faux. Toute personne épanouie est productive, alors que toute personne productive n’est pas forcément épanouie. Il y a encore beaucoup trop de personnes qui pensent que travailler signifie souffrir», déplore le neuroscientifique.

    Le jeu est aussi bénéfique dans l’entreprise. Les jeux d’évasion par exemple renforcent l’esprit d’équipe, d’autres plus complexes poussent les gens à coopérer et partager leurs idées.

    De manière erronée, puisqu’elles ne sont pas jugées comme sérieuses, les notions de plaisir et de jeu sont généralement aujourd’hui exclues de l’école et de l’entreprise.

    Aberkane, ce multi-tâches

    A tout juste 32 ans, Idriss Aberkane est titulaire de trois doctorats en neuroergonomie et économie de la connaissance (Paris Saclay), en littérature comparée (université de Strasbourg) et en diplomatie et néo-politique (Centre d’études diplomatiques et stratégiques, un institut privé).  Passionné de neurosciences, de biologie, d’informatique, mathématiques, philosophie, géopolitique, il absorbe toutes les connaissances qui s’offrent à lui. Aberkane sillonne depuis quelques années le monde pour donner des conférences. Il est aussi essayiste et consultant. L’auteur des livres à succès «Libérez votre cerveau», et «L’âge de la connaissance» a aussi créé une Fondation «Bioniria», et trois entreprises: General Bionics, Chréage et l’opérateur de microcrédit à taux zéro Eirin International au Sénégal. 

    Tilila EL GHOUARI

     

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