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    Le «presque» zéro déchet, c’est possible

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5506 Le 30/04/2019 | Partager
    Une famille française ne produisant qu’un kilo de déchets par an
    «Le plus difficile est de changer d’attitude»
    Des économies considérables
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    La famille Pichon a publié plusieurs livres dont un guide pratique illustré avec humour, retraçant  le cheminement de cette famille passée en deux ans d’une poubelle de déchets ménagers par semaine à un bocal par an (Crédit: TS éditions)

    Qui va sortir la poubelle?  La question quotidienne, source de conflits chez beaucoup familles, est quasi inexistante chez les Pichon. Jérémie Pichon, Bénédicte Moret et leurs deux enfants ont dit adieu à leur poubelle et ne remplissent plus qu’un petit bocal de déchets par an!

    «La première année, nous avions une poubelle tous les trois ou quatre jours. La deuxième année, une poubelle tous les six mois. Et à partir de la troisième année, nous avons réussi à ne faire qu’un bocal d’un kilo, que nous essayons de reproduire depuis», explique Jérémie Pichon, invité à partager leur expérience et leur mode de vie avec le public casablancais, à l’initiative du collectif Action Casa et l’Institut français.

    Pour y parvenir, la famille française a changé radicalement son mode de consommation. Première mesure, réduire les emballages issus de l’alimentaire. «On sort de la grande distribution, on ne va plus en supermarché. Nous privilégions les commerçants locaux. On trouve tout sur le marché: vous avez votre primeur, le pain, vous avez votre boucher, votre poissonnier. Vous pouvez tout faire en une heure. Il faut changer ses habitudes, c’est ça qui est difficile», raconte Jérémie.

    Fini les sacs en plastique, la famille fait désormais ses courses avec des sacs en tissu, ou se rend dans des magasins de vrac pour remplir ses bocaux, juste ce qu’il faut. «C’est une chance que vous avez encore au Maroc, il y a profusion de souks et de marchés où la vente en vrac est encore la règle et où les produits sont frais». Le tout est de ne pas succomber aux sirènes de la grande distribution.

    «En mangeant plus d’aliments bruts et moins d’aliments transformés, nous avons fait le constat que nous étions plus rapidement rassasiés et que la quantité d’aliments que nous achetions aujourd’hui avait baissé de 35%». D’autant plus qu’avec les habitudes actuelles de consommation, nous avons tendance à acheter beaucoup plus que nécessaire, et donc à jeter des quantités importantes de nourriture.

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    Selon Jérémie Pichon, nos habitudes de consommation nous poussent à acheter beaucoup plus que nécessaire, et donc à jeter des quantités importantes de nourriture (Crédit: TS éditions)

    De sacrés économies au bout du compte que la famille Pichon évalue à quelque 1.000 euros par an. Cependant, l’affaire n’est pas aussi simple que cela. Un temps d’adaptation est nécessaire. Le «zéro déchet» demande du temps et de l’organisation. Jérémie le concède, mais insiste sur la qualité de ces moments-là.

    «Actuellement, nous passons des moments agréables en famille en fabriquant nos produits ménagers ou des glaces maison au lieu de regarder la télévision. Lorsque nous allons au marché, contrairement au supermarché, nous discutons avec tout le monde, et nous sommes à l’extérieur, c’est beaucoup plus appréciable!».

    L’adepte du zéro déchet affirme aussi avoir retrouvé le goût des aliments. Aujourd’hui, nous participons à développer l’économie locale, nous améliorons notre santé, nous participons à notre échelle à lutter contre le réchauffement climatique, un motif de satisfaction pour notre famille. Car le mot d’ordre est vrai pour tout en effet.

    Que ce soit dans notre rapport au transport, à l’alimentation, au logement, à la consommation, au travail, et même dans notre recours aux services publics. «Cela nécessite parfois de changer profondément nos habitudes, mais ce n’est pas non plus «le retour à la bougie» comme dénigrent certains».

    La famille tient aujourd’hui des conférences dans le monde entier pour parler de son mode de vie minimaliste et a publié plusieurs livres dont «Famille (presque) zéro déchet». Un document écoulé à plus de 25.000 exemplaires, à la fois carnet de bord et guide pratique illustré avec humour, retraçant  le cheminement de cette famille passée en deux ans d’une poubelle de déchets ménagers par semaine à un bocal par an.

    A.Bo

     

     

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