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    Analyse

    «Marrakech peut faire plus et plus vite»

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5502 Le 24/04/2019 | Partager
    Il faut plus de moyens dans la promotion pour conquérir d’autres marchés
    La ville souhaite atteindre un taux moyen d’occupation de 70%
    Le tourisme du Mice et du golf, les prochains défis
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    «Les investissements consacrés à la promotion du secteur restent effectivement en deçà de nos ambitions», regrette Hamid Bentahar, président du CRT de Marrakech (Ph. HB)

    Première destination touristique au Maroc et en Afrique, Marrakech jouit d’un capital émotionnel extraordinaire qui dépasse certaines destinations mondiales. Ses acteurs poursuivent le travail de promotion avec des moyens  de bord -en décalage avec ce qui se fait ailleurs-, tout en regrettant de ne pas aller plus loin et faire plus vite.  Entretien avec Hamid Bentahar.

    - L'Economiste: Les chiffres sont en hausse pour Marrakech depuis trois ans. A vos yeux, est-ce une reprise solide?
    - Hamid Bentahar:
    Nous sommes effectivement dans un momentum extrêmement positif depuis trois ans, puisque la destination enregistre une croissance d’arrivées, de nuitées et, plus important encore, une croissance du taux moyen d’occupation. 
    Pour ce dernier, nous  arrivons de loin: il y a encore trois ans, nous étions à un TO de 47% et nous avons terminé l’année 2018 avec 59%. Et avec la croissance enregistrée durant les 3 premiers mois de 2019, nous allons certainement dépasser  la barre des 60% qui était un des objectifs intermédiaires que l’on s’était fixé en 2010. Le second objectif était bien entendu de reconquérir la confiance des investisseurs dans la stratégie touristique du pays et retrouver le dynamisme que mérite notre secteur. Aujourd’hui, nous plaçons la barre plus haut et nous travaillons avec l’ensemble des partenaires pour réaliser un taux d’occupation de 70%. 

    - Marrakech est-elle en passe d’atteindre sa taille critique et concurrencer des villes comme Barcelone?
    - Pareil. De 1re destination touristique du Royaume avec 40% des arrivées, nous sommes devenus la première destination africaine. Et aujourd’hui, notre ambition est de nous frayer une place dans le top mondial. En termes d’image, c’est fait, puisque Marrakech jouit d’un capital émotionnel extraordinaire avec une empreinte dépassant parfois de grandes destinations touristiques mondiales. En termes de performances et des indicateurs de santé des hôtels, nous sommes sur la bonne voie. Maintenant, le défi est de transformer ces acquis en solution pour notre région.

    - Certains estiment que l’investissement dans les capacités hôtelières doit être régulé  pour justement être en adéquation avec les taux d’occupation touristiques…
    - La gouvernance et la régulation des capacités sont quelque chose de sain. Au niveau du Conseil régional du tourisme de Marrakech, nous avons toujours conseillé de faire -à certains moments- des haltes pour mieux piloter la destination. Car, le secteur doit aussi développer les autres leviers comme les capacités aériennes, la promotion, la qualité du produit, l’animation… Ce sont ces leviers qui vont nous permettre de nous positionner sur d’autres segments. Un des investissements qui tarde à venir  par exemple est le fameux palais des expositions qui nous permettrait d’organiser des rencontres internationales et non pas rester sur des rencontres régionales.

    - Alors oui ou non pour le moratoire?
    - Je dirais que cette demande est derrière nous.  Les investisseurs ne viennent pas quand une destination réalise de modestes taux moyens d’occupation. Je suis persuadé que demain, si la ville réalise un taux d'occupation de 70%, ils vont tous revenir.  
    - Un des leviers dont vous parlez est justement la promotion. Avec son budget actuel, l’ONMT ne peut pas offrir une promotion digne de vos ambitions…
    - J’estime personnellement que le tourisme est une solution structurante pour notre modèle économique, pour le développement social et l’emploi. A ce jour, malheureusement, la prise de conscience manque cruellement, alors que le tourisme est une industrie parmi les plus fortes dans le monde, qui peut être une solution économique et durable pour le pays. Quand on voit les investissements consacrés à la promotion de ce secteur,  ils restent effectivement en deçà des ambitions.

    - La promotion est donc le maillon faible?
    - Tout à fait. Les moyens qui sont données à l’Office pour assurer la promotion sont insuffisants.  Et il faut que l’on se mobilise davantage pour faire la pédagogie et expliquer  les retours sur investissements que représente le tourisme. Maintenant, nous poursuivons notre travail de promotion avec des moyens  de bord -en décalage avec ce qui se fait ailleurs-, tout en regrettant de ne pas aller plus loin et faire plus vite. Je suis convaincu que Marrakech aurait fait le double de ses performances si les moyens existaient. 

    - Vous terminez un mandat à la tête du CRT/Marrakech. Quel est votre bilan?
    - Mon bilan est celui de Marrakech et ses trois années de suite de croissance positive. C’est aussi celui des dessertes aériennes qui ont explosé, une ville qui continue à gagner en attractivité, une région qui affiche des ambitions avec des mégaprojets structurants pour accompagner le secteur du tourisme et une dynamique du privé sans précédent dans les secteurs de l’hôtellerie, la restauration, l’animation,  les musées, etc. C’est le fruit du travail qui a été réalisé à la fois par les autorités pour rendre l’environnement plus agréable, par les instances élues et par les acteurs du tourisme dans le cadre d’un partenariat public-privé qui représente un modèle de gouvernance au Maroc avec en filigrane une très belle conjoncture. 

    - Justement, quels seront les prochains défis pour Marrakech?
    - A mon avis, le prochain défi est sans conteste le développement du tourisme d’affaires pour résoudre définitivement la problématique du remplissage en jours de semaine et porter sa part dans l’activité de Marrakech à 40%. Il y a aussi le segment du golf que l’on doit développer vu que la destination est la 1re en termes d’infrastructures golfiques. On a la chance d’abriter cette année la plus grand-mess des tour-opérateurs mondiaux spécialistes du golf. Nous allons y présenter notre offre et nous ferons de 2019 l’année du golf et de 2020 l’année de la culture africaine. Il faudra également travailler à renforcer l’approche régionale de la promotion en collaboration avec le Conseil de la région et les différentes provinces et préfectures, tout en gardant Marrakech comme locomotive. Vous savez que notre région dispose d’atouts très complémentaires qui permettent aux touristes de vivre des expériences différentes en passant d’un territoire à un autre. La transition digitale est aussi un autre défi qui ne concerne pas que le tourisme et qui doit s’inscrire dans une démarche intégrée impliquant les différents intervenants publics et privés. Enfin, il faudra s’atteler à renforcer les autres segments sur lesquels Marrakech bénéficie déjà d’un positionnement intéressant  et diversifier les marchés  pour ne pas mettre les œufs dans le même panier. Une percée importante a été faite au niveau du marché chinois, mais d’autres marchés sont à conquérir.

    - Et êtes-vous candidat à votre propre succession à la tête du CRT?
    - Pour le CRT, je serais toujours candidat pour aider là où on a besoin de moi.

     

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