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    Economie

    Développement durable: L'Afrique appelée à accélérer le rythme

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5499 Le 19/04/2019 | Partager
    Progrès réalisés, difficultés rencontrées, où en sont les ODD?
    Il faudrait à l’Afrique entre 500 et 1.000 milliards de dollars pour les réaliser
    Au rythme actuel, les engagements ne seront pas tenus
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    Le 5e Forum régional africain pour le développement durable a fait le bilan de la situation sur le continent, 4 ans après le lancement du programme et de ses 17 objectifs, dont un très important, celui de la sécurité alimentaire (Ph. oc-cooperation.org)

    «Soyons ambitieux, il ne reste plus que 11 ans». La secrétaire exécutive adjointe de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Giovanie Biha, donne le ton du 5e Forum régional africain pour le développement durable.

    En effet, la première date butoir des différents agendas est 2030. D’ici là, il faudrait afficher de belles performances et avancées tant dans l’éradication de la pauvreté que dans le déploiement de l’accès à la santé, à une éducation de qualité, à des emplois décents, à la justice… Il faudrait aussi atteindre l’égalité de genre, et avoir mis en œuvre un panel de mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques.

    «Au rythme où nous allons, l’Afrique n’atteindra pas ces objectifs», continue Biha. Ce rendez-vous organisé à Marrakech par la CEA, en collaboration avec les organisations régionales et les organismes du système des Nations unies, offre un temps d’arrêt, de réflexion, d’échange et d’évaluation des actions, 4 ans après le lancement du Programme de développement durable et ses 17 objectifs (ODD).

    Si des progrès ont été enregistrés, «ils sont encore lents et pas à la mesure de nos ambitions», insiste la secrétaire exécutive adjointe. Pour initier un nouveau souffle,  le chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani, appelle à «renforcer la coopération entre les pays africains» et mise sur les jeunes et les ressources naturelles qui sont «les richesses du continent».

    Sauf que l’ampleur de la tâche donne le tournis. S’agissant de l’objectif 4 dédié à une éducation de qualité, la CEA confirme, dans son rapport 2018 sur le développement social en Afrique, que la plupart des enfants quittent l’école avec des acquis insuffisants pour répondre aux besoins du marché du travail.

    Le continent affiche aussi la plus faible proportion d’enseignants formés dans le monde. En Afrique subsaharienne, 9 millions de filles entre 6 et 11 ans n’iront jamais à l’école, tout comme 6 millions de garçons du même âge. Atteindre un plein emploi productif et un travail décent pour tous est donc lui aussi un grand défi.

    Si les tendances actuelles persistent, la part de l'emploi vulnérable en Afrique restera à 66% jusqu'en 2022, soit le taux le plus élevé au monde. Alors que l'objectif de l'Union africaine, via son agenda 2063, est d’atteindre moins de 41% d’emplois vulnérables d'ici 2023. A ceci s’ajoute la persistance des inégalités, l’insécurité et les troubles sociaux dans certains Etats, et des libertés civiles pas partout garanties.

    Faute de données, la réalisation et l’évaluation de l’objectif 16 (paix, justice et institutions efficaces) continuent en outre de se heurter à des difficultés. Enfin, la question du climat est perçue comme une sérieuse source d’entrave à la réalisation des ODD dans leur ensemble. Si les phénomènes extrêmes sont naturels, les changements climatiques aggravent leur fréquence et leurs effets.

    En mars dernier, le cyclone tropical Idai a touché plus de 2,6 millions de personnes et causé plus de 700 décès engendrant donc des pertes humaines et économiques graves au Malawi, au Mozambique et au Zimbabwe.

    Combien ça coûte les ODD?...

    L'Afrique a besoin de 500 à 1.000 milliards de dollars pour réaliser les objectifs de développement durable. Si ses dépenses d’infrastructure s’élèvent à environ 72 milliards de dollars par an, elle enregistre aussi chaque année des déficits de financement dans ce domaine compris entre 50 et 93 milliards de dollars. Rien que pour assurer l’accès universel à l’énergie d’ici à 2025, l’enveloppe nécessaire est de l’ordre de 30 à 55 milliards de dollars chaque année. Selon les données fournies par l’Organisation de coopération et de développement économiques, les flux financiers liés au climat en direction de l’Afrique sont passés de 615 millions de dollars en 2000 à 408 milliards en 2017. Ce qui reste extrêmement faible et bien en deçà des 100 milliards de dollars par an promis lors de la 15e réunion de la Conférence des Parties tenue à Copenhague.

    J.A.

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