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    Culture

    Quand Abdellah joue Mario

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5496 Le 16/04/2019 | Partager
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    Natif de Rabat, Abdallah Lasri est l’un des rares ténors marocains évoluant en Europe (Ph. OPM)

    - L’Economiste: Vous êtes l’un des rares ténors marocains à évoluer en Europe, comment a débuté votre carrière?
    - Abdellah Lasri:
    Un peu de hasard, beaucoup de travail et beaucoup de détermination. J’ai toujours voulu faire de la musique mais c'était impossible vu la situation familiale. Mais après une certaine réflexion, j'ai décidé qu'avoir le bac me menait à une vie que je n'ai pas choisi, j'ai décidé d'interrompre le lycée et d'apprendre la musique tout seul. Tout a commencé en jouant du Metallica sur la guitare puis avec la démocratisation d'internet j'ai pu avoir accès à toute la musique dont j'avais besoin y compris des partitions pour guitare.  J’ai rejoins plusieurs chorales à Rabat, et j'ai pu participer à des master classes avant d'apprendre que j'ai reçu une bourse d'études pour partir en France, le rêve!

    - Vous avez été tour à tour  Ismaele de Nabucco Edmondo de Manon Lescaut, Alfredo dans La Traviata… quel est le personnage qui vous a le plus marqué?
     - Je dirais que c'est le personnage de Werther, que j'ai d’abord interprété en Allemagne mais que j'ai pu chanter, également, à l’opéra Bastille. C’était une soirée de rêve qui m'a rappelé pourquoi je fais ce métier, qui est en fait une passion.  C’est cet évènement qui a pu faire connaître mon nom chez les directeurs de casting des plus grandes maisons d'opéra du monde. Sans parler de sa valeur artistique et de la jouissance qu'on a en l’interprétant!

    - Quand on est d’origine marocaine, familier avec la musique orientale, y a-t-il une sensibilité particulière ou une manière différente d’aborder la musique classique?
    - La musique n'a pas d'origine, n'a pas de langue ni de culture! C’est quelque chose que l'on trouve dans la nature, le ruisseau qui coule, les oiseaux roucoulent ou comme dirait mon professeur de composition «même le bruit d'une voiture c'est de la musique». En ce qui concerne l'opéra, je peux comprendre qu'il faudrait être un peu «initié» le problème étant plus l'histoire et toutes les références la concernant. Sa musique par contre reste universelle.  Il faudrait peut être juste un peu d'adaptation pour pouvoir y adhérer totalement. Par exemple une oreille marocaine qui a l'habitude de musiques basées sur le rythme intégrerait plus simplement le flamenco rythmé que la musique grégorienne. Le reste est juste une question d'habitude.

    - Est-il important pour vous de jouer dans votre ville natale au Maroc?
    - C’est une occasion très spéciale. Que ce soit le fait de passer l'après-midi avec ma famille avant une répétition ou manger une H'rira après, le tout sous le soleil agréable rbati du mois d'avril, ça me change beaucoup des conditions où j'ai évolué pendant 13 ans. Pour la répétition du jeudi, j'ai invité ma mère et ma sœur, qui ne connaissent évidemment rien de ce monde, j'étais très curieux de voir leur réaction et j'avais peur qu'elles s’ennuient. Mais à ma grande surprise, elles ont tout suivi et même posé des questions très pertinentes sur l'histoire et les personnages. Bref, je vais enfin chanter chez moi et ça me réjouit.

    Propos recueillis par A.Bo

     

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