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    Régions

    Fès-Meknès: Les opérateurs réclament un plan Marshall

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5476 Le 19/03/2019 | Partager
    «La région a besoin d'une véritable stratégie opérationnelle… pas de réunions stériles»
    Le taux de chômage, supérieur à la moyenne nationale, continue d'inquiéter
    Interpellé, le ministre de l’Industrie au pied du mur
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    «Que s’est-il passé vendredi dernier à Fès? Notre région ne susciterait plus l’intérêt chez les responsables gouvernementaux?». Telles sont les interrogations des opérateurs économiques au lendemain de leur rencontre (tenue le 15 mars) avec Moulay Hafid Elalamy.

    «Que s’est-il passé vendredi dernier à Fès? Notre région ne susciterait plus l’intérêt chez les responsables gouvernementaux?». Telles sont les interrogations des opérateurs économiques au lendemain de leur rencontre (tenue le 15 mars) avec Moulay Hafid Elalamy.

    «Nous sentons une grande frustration. Nous avons demandé au ministre de l’Industrie que l’investissement soit orienté vers la région Fès-Meknès, mais il semble qu’il ne nous a même pas écoutés», déplore d’emblée Mohamed Berrada Rkhami, président de la CGEM Fès-Taza. Décryptage.

    ■ Un appel de détresse lancé
    Le ministre (RNI) de l'Industrie, du Commerce, de l'Investissement et de l'Economie numérique qui présidait, vendredi, une rencontre régionale sur l’emploi et la formation, était «peu convaincant». «Contre toute attente, aucun projet n’a été annoncé pour l’occasion, même pas celui de la zone franche, tant attendue», regrettent les opérateurs. Unanimes, ces derniers lancent un appel de détresse. Face à l’impasse et au manque d’attractivité de leur région, certains réclament une intervention royale. D’autres prévoient la tenue d’une conférence de presse pour «crever l’abcès». Surtout que les chiffres présentés par Saïd Zniber, wali de la région, montrent bien que «le taux de chômage et de vulnérabilité des populations (4,4 millions d’habitants) est supérieur à la moyenne nationale».  Même «consternation et déception» auprès d'Aziz Lebbar, président (PAM) du CRT de Fès, pour qui «la région a besoin d’un plan Marshall… pas de réunions stériles». Selon cet hôtelier, le tourisme est asphyxié par les taxes et impôts. Il en est de même pour les autres secteurs où parfois «l’on forme des chômeurs, notamment en énergie renouvelable», déplore Mohamed Ouzzine, vice président (MP) du Conseil régional. L’ancien ministre des Sports recommande une transversalité des politiques publiques. «Une rencontre avec le Chef du gouvernement, les différents départements ainsi que les CRI, s’impose», ajoute-t-il.

    ■ Une vision globale pour la région
    Même son de cloche auprès de Mohamed Hejira, conseiller régional (PAM), pour qui «une vision horizontale et verticale pour la région permettrait à celle-ci de se relever». Du même avis, Driss El Azami El Idrissi, maire PJD de Fès, insiste sur «la mise en œuvre de la régionalisation avancée». Pour lui, les politiques sectorielles doivent se faire de manière équitable en orientant l’investissement privé vers la région. «Vous êtes ministre de l’Industrie, de l’investissement, du commerce, et de l’économie numérique. Et c’est justement de ces domaines dont la ville de Fès a réellement le plus besoin», poursuit le maire. Concrètement, ce dernier réclame «l’appui du gouvernement pour l’édification d’un pôle industriel régional». «Ceci passera par la mise à niveau des zones industrielles existantes, la création de nouveaux parcs industriels novateurs et de zones franches, ainsi que la construction d’un palais de congrès à l’instar de Marrakech», propose-t-il. L’organisation d’un salon international de l’artisanat figure également parmi les propositions du maire. Des propositions qui pourraient endiguer le chômage galopant. Signalons à ce titre que le taux de chômage de la population âgée de 15 ans et plus au niveau de la région Fès-Meknès est très inquiétant. Il varie entre 7,3 et 19,6% selon les provinces. A noter que les taux les plus élevés sont enregistrés à Fès et Meknès avec respectivement 18,7% et 19,6% (HCP).    

    ■ La région doit prendre son destin en main
     « Il y a des secteurs comme l’agriculture (516.000 emplois), l’artisanat (105.000 emplois), et l’industrie (48.000 emplois) qu’il faut appuyer», estime Moulay Hafid Elalamy. «Le secteur informel qui représente 54% des emplois doit être également accompagné. Il faut trouver des solutions pour les marchands ambulants et lutter contre ces usines (informelles) qui emploient 300 ou 500 personnes sans payer ni taxes ni impôts», ajoute le ministre. S’agissant de la formation professionnelle (objet de cette rencontre), ce dernier a noté qu’une vision globale est en cours de finalisation. «Les deux premières propositions soumises à l’appréciation du Roi ont été rejetées. Celle en cours est sur la bonne voie et je ne peux la dévoiler», dit-il. En outre, pour ceux qui doutent du chiffre d’affaires à l’export ainsi que la création d’emploi, le ministre se veut ferme. Son référentiel est puisé dans les chiffres de l’Office des changes qui a annoncé 71 milliards de DH d’exportations de voitures en 2018. «Pour les emplois, nous nous référons aux chiffres de la CNSS», explique Elalamy. Sur un tout autre registre, ce dernier a affirmé que le problème du Cotef est résolu, avant d’appeler «les acteurs de la région à travailler», et de conclure: «notre ministère est là pour vous accompagner».

    «Un ministre en…hibernation»!

    «L'intervention du ministre de l’Industrie est sujette à caution, non seulement parce qu’il a esquivé les débats sur des projets structurants en cours, il n'a fait qu'entériner les propos de quelques officiels», commentent les opérateurs. Pour eux, «l’attitude d’Elalamy est plus interpellante dans le passé et lors du forum économique régional de Fès-Meknès, tenu en mai 2018». «Il avait fait l'objecteur des consciences en appelant à l’objectivité les industriels de Fès, que certains avaient apprécié afin de relancer la dynamique et l’investissement dans la région», rappelle Abdou Jouahri, un économiste «apolitique». Pour sa dernière rencontre, les observateurs présents et notamment les politiques ont été étonnés de relever que le ministre n’a pas été percutant contrairement à ses sorties habituelles. «D’autant plus que de gros dossiers sont sur le bureau, conditionnent le devenir économique et social de la région Fès-Meknès. Celle-ci traverse une zone de turbulence inquiétante», concluent-ils.

     

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