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    Mon patron me surcharge!: Sous pression, comment vous en sortir

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5471 Le 12/03/2019 | Partager

    Vous êtes noyé de dossiers, assaillis de mails et d’appels, vous enchaînez les réunions et vos journées se terminent en moyenne à 21H. Ce rythme vous épuise, et vous n’en pouvez plus. Pis encore, vous travaillez deux fois plus que certains de vos collègues, pour le même salaire.

    Victime de votre succès, ou de l’incompétence ambiante des ressources de votre entreprise, vous êtes sur-sollicité. Votre patron, aux abonnés absents, se conforte dans cette situation qui s’éternise, tant que tout roule sans le moindre incident et qu’il peut faire des économies.

    Pris dans ce tourbillon, vous ne savez plus comment vous en sortir. Vous présenter comme le superman ou la superwoman capable de tout assumer, démontrer toute l’étendue de votre savoir-faire, votre endurance, et foncer tête baissée? Ou bien, poser vos conditions et tenter de monnayer cet effort supplémentaire? Avis d’experts.

    ■ Pour rester performant, il faut savoir lever le pied

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    «La notion de surcharge de travail est relative. Notre capacité de travail dépend beaucoup de notre forme générale, de notre niveau de responsabilité, ambition personnelle, motivation, le plaisir que nous éprouvons à exercer notre travail, la qualité de la relation que nous entretenons avec notre manager et nos collègues. Mais en cas de surcharge importante et avérée, être tout le temps sous forte pression n’est pas bon sur la durée.
    Au-delà de l’équilibre vie professionnelle/vie privée, il n’est pas possible de maintenir un rythme excessif, tout en restant performant, concentré et pertinent à long terme. Il faut savoir lever le pied, prendre du recul, se reposer, se ressourcer.
    Il vous appartient de rester vigilant sur vos propres équilibres et votre écologie interne. De même, lorsque l’entreprise vous demande de concéder un effort passager, en raison d’un problème conjoncturel, il faut savoir se montrer solidaire, votre entreprise vous le reconnaîtra.
    En revanche, si vous êtes dans la situation où votre structure souhaite optimiser ses charges salariales à outrance en confiant le travail de plusieurs personnes à une seule, vous devriez en parler avec votre manager, si la situation dure trop longtemps. Soyez factuel, listez vos tâches et le temps requis pour chacune d’entre elles, et tachez de trouver des solutions ensemble. Si l’entreprise ne veut rien entendre, le choix vous revient. Vous n’êtes pas condamné à rester prisonnier d’un poste ou d’une situation.
    Faudrait-il monnayer l’effort supplémentaire?  Je pense que tout dépend des situations individuelles, des niveaux de dialogue avec son employeur. Néanmoins, la solution financière ne résoudra pas le problème si le burnout vous guette».

                                                                      

    ■ Un vrai talent sait prendre son avenir en main

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    «Votre plus précieux patrimoine, c’est vous. Votre intégrité physique et mentale, vous en êtes responsable. Avant de foncer dans le tas pour montrer l’étendue de son talent et prouver son dévouement pour l’entreprise, il faudrait fixer des limites, et se poser les bonnes questions: Est-ce que je tends vers un équilibre? Serais-je efficace par rapport à ce qui est attendu de moi? Pourrais-je entretenir ma santé physique et psychique?... Il est dommage de voir des cadres remettre leur vie entre les mains d’autrui, il y a un peu de naïveté dans cette démarche.
    Lorsque vous êtes un vrai talent, sachant que la compétence et la faculté de discernement sont perdues sous stress, vous évaluez et précisez noir sur blanc les tâches à accomplir, priorisez les actions et négociez des moyens pour les réaliser. Il est, également, important de savoir déléguer. Certains pensent qu’en délégant ils perdront une partie de leur pouvoir. Il faudrait aller au-delà de cette peur, aller vers l’intelligence collective, l’échange... Ne pas s’isoler. Il est, par ailleurs, essentiel de communiquer sur vos réalisations. Autrement, la reconnaissance peut ne pas être au rendez-vous. Dans ce cas, votre stress et votre surmenage augmenteront sensiblement. Vous risquez alors de vous emprisonner dans une posture de dépendance et de victimisation».

                                                                      

    ■ «Certains talents adorent se présenter  en champions de la boîte!»

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    «Le challenge est intéressant, mais quand il dépasse un certain seuil, il peut se transformer en harcèlement moral, et en réelle problématique pour l’entreprise. Dans ce genre de situations, tout dépend du type de profils. Les opérationnels à niveau de technicité moyen, facilement remplaçables, sont généralement ceux qui subissent toutes les turbulences de l’organisation. Cette catégorie n’a d’autre choix que de développer son employabilité à court et à moyen terme. Nous évoluons vers un monde de plus en plus digitalisé et changeant. Elle sera donc soumise à encore plus de pressions dans le futur proche. D’où l’importance de travailler sa polyvalence et de diversifier son offre de compétences.
    La deuxième population est celle des cadres relativement employables. Ils arrivent à encaisser jusqu’à un certain niveau de pression. Ils peuvent, cela dit, accéder à des opportunités de changement plus élargies, et se permettre même de concéder une partie de leur salaire, en contrepartie de meilleures conditions de travail. Ils doivent, cependant, procéder à une évaluation réaliste de la situation, en tenant compte de la charge de travail, de l’offre financière et de la position dans l’organigramme. Certains peuvent, par exemple, atteindre un haut poste de responsabilité dans leur structure, simplement par ancienneté ou grâce à des services rendus à leurs patrons. Sur le marché, ils ne sont tout bonnement pas acceptés en tant que cadres supérieurs.
    La dernière catégorie est celle des talents extrêmement compétents. Elle peut facilement décider de quitter son entreprise pour de meilleures offres. Parfois, des talents égoïstes adorent se sentir indispensables, se présenter comme les champions ou les sauveurs de la boîte. Ils monopolisent l’information et la compétence, surtout dans les sociétés à taille humaine. Généralement, ils ne sentent même pas le poids de la charge de travail, jusqu’au jour où ils s’effondrent! Cette catégorie doit être consciente des enjeux pour sa santé physique et mentale. Elle doit, également, s’inscrire dans une logique de partage de compétences et de connaissances, pour pouvoir se libérer».

    Ne pas dire «non», un signe de manque de maturité!

    «Les talents sont ceux qui challengent leur organisation», insiste Laura Dumoulin-Minguet. «Du point de vue du management, accepter tout ce qui arrive sans faire preuve d’assertivités, sans dire mot, est un signe de manque de maturité. Cela signifie que vous n’avez pas d’aptitude à monter en compétence», estime la DRH de Masen. Au Maroc, le «non», mal perçu, n’est pas inscrit dans la culture locale. «On nous apprend surtout la notion de hchouma, à obéir et à respecter la figure d’autorité. Vous dites oui jusqu’au moment où vous explosez. Ou bien vous dites non, mais maladroitement et non de manière sereine et constructive», regrette pour sa part la DRH du groupe Majorel pour la France et l’Afrique de l’Ouest, Sanaa Benchekroun. «Or, le non est fondamental pour la maîtrise d’une carrière. Il est important d’apprendre à refuser des situations, de façon respectueuse, et essayer de trouver des compromis et alternatives», poursuit-elle.

    A. Na

     

     

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