Edition spéciale 8 Mars

Latifa Mentbeh, la femme qui a sauvé la blouza

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5469 Le 08/03/2019 | Partager
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Renouveler l’habit traditionnel à un moment où les modes vestimentaires évoluent au rythme des avancées technologiques est une tâche ardue. Au-delà de ses traits distinctifs, la couture consolide les référentiels culturels. Elle aide les plus jeunes à se prémunir contre les  tentatives d’acculturation et les plus âgées à être fières de leur histoire. C’est la mission que je me suis assignée pour faire de la blouza mon cheval de bataille.

Cette robe qui allait disparaître sous l’impulsion des nouvelles tendances de robes et de caftans est de plus en plus prisée. De plus, il est impératif de valoriser les coupes de nos aïeules et leur réserver la place qu’elles méritent parmi les tendances de haute couture et les styles  décontractés, tecktoniks, sportifs, bimbos ou rappeurs.

Des convictions et des changements qu’il n’était pas aisé de conduire, surtout dans les années 2000, et de convaincre les couturières de l’Oriental à réserver plus de temps aux anciennes robes tout en proposant de nouvelles coupes. Elles n’arrivaient pas à écouler leurs «blouzates» sur le marché car le caftan et les robes des autres régions du Royaume avaient le vent en poupe.

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D’où la nécessité de créer une coopérative au profit des anciennes couturières et les initier aux meilleures techniques commerciales. De fait, nous avons lancé en 2005 une large campagne de sensibilisation au profit des jeunes couturières. Comme nous avons lancé des cycles de concours  pour constituer un groupe de perfectionnistes dans le domaine avant de ponctuer cet effort  par le lancement en  2014 du premier défilé de mode consacré à la blouza et la participation à différents festivals nationaux et en Europe. 

Étant elle-même styliste, Latifa Mentbeh, a constaté que la sauvegarde de la blouza passe par sa mise en compétition avec les autres robes africaines, méditerranéennes et européennes. C’est ce qu’elle est en train de faire dans le cadre des coopérations décentralisées et l’ouverture de l’Oriental sur le continent africain et l'espace méditerranéen.

Ali KHARROUBI

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