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Algérie: «Non, c'est non!»

Par L'Economiste | Edition N°:5467 Le 06/03/2019 | Partager
Les manifestations se poursuivent en dépit des promesses de Bouteflika
Les étudiants marchent contre son 5e mandat
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Plusieurs milliers d’étudiants ont défilé, hier mardi 5 mars, dans la capitale et dans plusieurs villes d’Algérie contre la 5e candidature du président Abdelaziz Bouteflika. Et ce en dépit de ses promesses de réformer et de ne pas aller au bout de son mandat.

 «Hé Bouteflika, il n’y aura pas de 5e mandat» ou «Ramenez les commandos de l’armée et la BRI (unité d’intervention de la police), il n’y aura pas de 5e mandat», clament les étudiants dans le centre d’Alger, largement applaudis par les badauds sur les trottoirs ou à coups de klaxons par les automobilistes.

Des étudiants manifestent en nombre également à Oran et Constantine, deuxième et troisième ville du pays, ainsi qu’à Blida, Béjaia, Bouira, selon la presse algérienne. Un signe que la contestation ne semble pas vouloir s’apaiser.

A Alger, les manifestations, supposées totalement interdites depuis 2001, sont désormais quasiment quotidiennes depuis quelques jours. Les étudiants des différentes universités d’Alger s’étaient donné rendez-vous via les réseaux sociaux devant la Grande-Poste, bâtiment emblématique du cœur d’Alger.

Déployée en nombre dans le centre de la capitale, la police n’est pas intervenue, se contentant de cantonner les étudiants à l’intérieur d’un périmètre de quelques artères alentour. «Ni études ni enseignement jusqu’à la chute du système», proclame une pancarte, alors que les étudiants appellent à la grève.

Des enseignants universitaires se sont réunis également pour décider eux aussi d’une possible mobilisation. L’ordre des avocats de Béjaïa (180 km à l’est d’Alger) a appelé ses membres à ne plus assurer de défense à partir de mercredi, à l’instar de leurs collègues de Constantine.

Bouteflika est la cible d’une contestation jamais vue depuis qu’il a été élu à la tête de l’Etat il y a 20 ans. L’enregistrement de sa candidature au Conseil constitutionnel a été assorti d’engagements destinés à calmer la colère: «ne pas aller au bout de son mandat et quitter le pouvoir après une série de réformes…».

Des promesses qui n’ont pas atteint leur but, alors que le camp présidentiel estimait qu’elles répondaient aux revendications des manifestants. Largement composé de fidèles du chef de l’Etat, le Conseil doit statuer avant le 14 mars 2019.

F. Z. T. avec AFP

 

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