Analyse

En dix ans, Halieutis a déjoué les résistances

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5457 Le 20/02/2019 | Partager
10 halles nouvelle génération, 500 millions de DH investis
La deuxième vente renforcée par des marchés de gros

Dès le lancement de la stratégie Halieutis, l’Office national des pêches s’est vu confier la mission «d’opérateur global». Une charge qui fait de cet organisme le bras opérationnel de la stratégie, notamment pour ce qui est de la compétitivité et la qualité des produits de la mer.

A ce titre, il a lancé un programme d’investissement sur la période 2009-2016. Les actions ont porté sur la mise en place de halles «nouvelle génération», l’introduction des contenants normalisés et le développement d’un réseau de marchés de gros au poisson. Il a également réalisé des villages de pêche et des points de débarquement aménagés.

■ Halles nouvelle génération

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L’objectif est de mieux préserver la qualité des produits de la pêche en  respectant les normes d’hygiène, de salubrité et de traçabilité. D’un point de vue technique, ces halles se caractérisent par la mise en œuvre  de nouveaux concepts de distribution, en particulier la maîtrise de la température dans les espaces de vente. Selon le département de la Pêche, «elle est maintenue en dessous de 14 degrés». Ces halles se distinguent également par la séparation des flux des personnes et des produits lors des opérations  de vente. «C’est  le principe de la marche en avant des produits qui prévaut». L’absence de contact avec le poisson réduit le risque  de contamination du produit puisque les caisses sont acheminées vers la sortie au fur et à mesure du processus d’adjudication. De plus le processus des transactions y est informatisé (pesée, criée, adjudication…). Ce qui permet la transparence et la célérité des opérations.
A ce jour, 10 halles de nouvelle génération ont été achevées et 2 autres sont en cours de réalisation (au nouveau port de Casablanca et à Essaouira). L’investissement global se chiffre à plus de 500 millions de DH.

■ Points de débarquement aménagés

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Parmi les investissements consacrés à l’accompagnement du segment de pêche artisanale, il y a lieu de citer le projet «Pêche artisanale» financé par la Millennium Challenge Corporation. Doté d’un montant global de 894 millions de DH, ce projet a notamment porté sur la construction de 11 points de débarquement aménagés (PDA). Ils sont localisés  à Tifnit, Sidi Abed, Tafedna, Bhibeh, Kaâ Srass, Amtar, Targha, Salé, Ksar Sghir, Akhfennir et Belyounech.
Cet appui a également concerné la construction d’infrastructures dédiées à la pêche artisanale au niveau de 10 ports de pêche, en l’occurrence Tan Tan, Sidi Ifni, Tarfaya, Ras Kebdana, Mohammedia, Larache, Jebha, Mehdia, Agadir et Al Hoceïma.
Le Maroc compte ainsi 42 villages de pêcheurs et points de débarquement aménagés, dont 7 sont en phase de finalisation. Environ 70% du chiffre d’affaires de la pêche artisanale sont réalisés dans ces infrastructures qui comprennent, notamment, des halles au poisson, des fabriques de glace, des magasins de stockage pour les pêcheurs, des équipements de froid et des digues de protection (dans le cas des villages de pêcheurs).

■ Caissons isothermes pour les barques
 Ce programme vise à améliorer les conditions de préservation, d’hygiène et de valorisation des prix du poisson. Il est doté d’un montant de près de 60 millions de DH. Il vise à financer l’acquisition de 20.900 caissons au profit de 6.970 barques actives en Atlantique Sud et de 9.300 unités au profit de 3.100 barques opérationnelles en Méditerranée.  
Cette opération sera étendue au reste des barques sur la façade Atlantique Centre et Nord pour un montant global estimé à 35,5 millions de DH.

■ Contrôle des activités de pêche
Selon le département de la Pêche, la totalité du segment côtier et des navires de pêche hauturière sont aujourd’hui équipés en balises de géolocalisation par satellite (VMS) et connectés au  Centre national de surveillance. Le tout pour un investissement de 80 millions de DH. Avec aussi la mise en place d’une procédure de certification électronique des captures qui permet d’assurer la traçabilité des produits et des débarquements destinés à l’export.

                                                                      

■ Contenants normalisés

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L’introduction des contenants normalisés et leur généralisation progressive au niveau de la filière pêche est également un volet structurant de l’activité de pêche. Leur utilisation vise une meilleure optimisation de la ressource via l’abandon du vrac à bord des bateaux, notamment au niveau de grands ports sardiniers. Pour l’Office national des pêches, les contenants normalisés permettent aux armateurs pêcheurs d’optimiser leur revenu. Avec à la clé une amélioration des conditions d’hygiène et de salubrité. Ces caisses sont fabriquées à partir de polyéthylène haute densité de qualité alimentaire. La gestion, le lavage et le stockage des 5 millions de caisses en circulation sont assurés par l’ONP à travers un réseau de 22 unités de gestion.  A cet effet, l’Office a notamment mis en service 24 tunnels de lavage alimentés en détergents homologués à usage alimentaire et biodégradables.
Au total, plus de 350 millions de DH ont été dédiés aux contenants normalisés. Le projet est actuellement en phase d’achèvement après sa généralisation aux chalutiers et palangriers de l’ensemble des ports du Royaume ainsi qu’aux sardiniers des ports d’Agadir et des provinces du Sud.

■ Marchés de gros au poisson
Un 3e projet structurant tient à la mise en place d’un réseau moderne de marchés de gros au poisson dont l’ONP assure la gestion. Il vise principalement à optimiser l’organisation de la «deuxième vente» des produits de la pêche et partant à développer la consommation intérieure selon les normes d’hygiène et de salubrité. A l’instar des halles nouvelle génération, les marchés de gros au poisson (gérés par l’ONP) sont équipés d’installations de froid et des fabriques de glace.
Aujourd’hui, 8 nouveaux marchés de gros de poisson ont été réalisés, ce qui porte à 10 le nombre au niveau national. Les infrastructures installées permettent  le traitement annuel de 150.000 tonnes de poisson, soit environ 4,2 kg/habitant.

18 plans d’aménagement des pêcheries réalisés

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Alors qu’un seul plan d’aménagement des pêcheries était à l’œuvre en 2009, la stratégie Halieutis a mis l’accent sur la  gestion durable des pêcheries. A ce jour, 18 plans d’aménagement ont été mis en place permettant de couvrir 96% des captures contre 5% en 2007.
Un plan d’aménagement est un ensemble de mesures de gestion et de conservation d’une pêcherie dans une zone considérée. Il se base sur les données et les informations scientifiques et/ou socioéconomiques disponibles sur la pêcherie à aménager.
Les mesures définies dans le cadre des plans d’aménagement comprennent la fixation d’unités d’aménagement, des périodes de repos biologique, des quotas, des zones d’interdiction spatio-temporelles et le nombre de navires autorisés.
Les principaux plans d’aménagement élaborés portent sur les pêcheries des petits pélagiques, des grands pélagiques (thon rouge, espadon, requins), le poulpe, la crevette, le merlu, les grands crustacés, les algues, le corail…
Parallèlement, le département de la Pêche a conçu et lancé le programme d’élimination des filets maillants dérivants qui menaçaient la biodiversité marine et les espèces les plus fragiles.

A.G.

 

 

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