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    Echec de la fusion Alstom-Siemens: «Une occasion manquée mais pas la fin de l’histoire…»

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5455 Le 18/02/2019 | Partager
    Des réflexions à mener au niveau du droit à la concurrence en Europe
    Rien n’interdit de regarder des opportunités si elles se présentent
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    Nourddine Rhalmi: «Nous expliquerons notre nouvelle feuille de route et les implications locales dans les mois qui viennent…» (Ph. ©Alstom)

    Quelques semaines après le rejet par Bruxelles de la fusion entre Alstom et Siemens, le débat s’est accentué entre partisans de la création de géants européens pour contrer la concurrence chinoise et défenseurs du système actuel. Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire, est d'ailleurs parti en croisade pour obtenir une vaste réforme du droit européen des fusions.

    L’une de ses propositions est de mettre en place un droit d'évocation qui permettrait au Conseil (représentant les 28 Etats membres de l'UE) de remettre en cause une décision de la Commission européenne en matière de concurrence, une sorte de droit d'appel.

    Sur la liste des suggestions figurent aussi la possibilité, pour faciliter le feu vert de la Commission à une fusion, de demander aux entreprises de suggérer plus tard, si nécessaire, des concessions supplémentaires. Ou encore de prendre comme marché de référence le monde et pas simplement le marché européen.

    Nourddine Rhalmi, directeur général Alstom Maroc revient dans cet entretien sur les conséquences du rejet de la fusion ainsi que les prochaines étapes.

    - L’Economiste: Quelles leçons retenir de cette décision?
    - Nourddine Rhalmi:
    Le veto de la commission européenne nous oblige à mettre fin à notre projet. C’est une occasion manquée mais ce n’est pas la fin de l’histoire. Il y a aura bien sûr des réflexions à mener au niveau du droit à la concurrence en Europe pour prendre en compte les nouvelles dynamiques de marché. Concernant Alstom, notre groupe est en pleine forme et a les moyens de ses ambitions. Nous avons les moyens de nourrir une croissance organique forte et nous avons vocation à être un consolidateur plutôt qu’un consolidé.

    - Les critiques fusent. Paris et Berlin dénoncent aussi le rejet de cette fusion. Comptez-vous former un recours juridique?
     - Nous attendons d’examiner la motivation de cette décision avant de nous prononcer.

    - Avec l'évolution du marché et la concurrence chinoise, envisagez-vous d'autres projets à l’avenir?
    - Il est trop tôt pour envisager d’autres projets. Toute consolidation à venir en Europe, et dans le ferroviaire va être examinée à la lumière de notre cas, et l’analyse du marché faite par la Commission européenne sera une base.

    - Faut-il encourager une autre opération de concentration notamment franco-française?
     - Ce n’est pas notre priorité aujourd’hui. Cela étant, nous ne nous interdisons pas de regarder des opportunités si elles se présentent.

    - Vous restez convaincu que les règles de la concurrence en Europe doivent être assouplies. Quel message souhaitez-vous adresser à Bruxelles?
    - En tant que représentant au Maroc d’une grande entreprise française et européenne, il me paraît essentiel que l’Europe se dote de grands acteurs pour se préparer à contrer des concurrents de taille mondiale dont on a vu le développement impressionnant ces dernières années. L’Europe doit se donner les moyens de pouvoir se battre dans chacun des secteurs stratégiques. Cela est encore plus vrai dans la mobilité qui est l’un de nos domaines d’excellence.

    - Pourquoi un nouveau plan stratégique chez Alstom?
    - Grâce à une stratégie 2020 réussie qui a délivré des résultats avant l’objectif, Alstom reste très bien positionnée pour offrir à ses clients et aux passagers des solutions de mobilité innovantes, compétitives et propres. Notre groupe est donc en pleine forme et a les moyens de ses ambitions. Il nous faut donc établir une nouvelle feuille de route stratégique, avec comme objectif constant de remporter des commandes et de satisfaire nos clients. Aujourd’hui notre carnet de commandes est en effet plein, et notre priorité est donc de livrer nos clients.

    - Comment en profiterait le marché marocain?
    - Nous allons continuer à être présents au Maroc et à livrer des produits de qualité. Nous expliquerons notre nouvelle feuille de route et les implications locales dans les mois qui viennent.

    Parcours

    Nourddine Rhalmi est directeur général Alstom Maroc depuis le 1er septembre 2018. Rhalmi est ingénieur en électromécanique. Il a débuté sa carrière chez Bombardier où il a occupé différents postes opérationnels, à ses débuts à New York il a pris la responsabilité des tests et la mise en service commercial de métro aux Etats-Unis, Project directeur pour le déploiement de SAP pour BT et directeur des opérations à Crespin entre autres. Il a intégré Alstom en 2009, en tant que directeur exploitation et garantie pour la Chine, et à partir de 2010, Nourddine Rhalmi a occupé le poste de directeur qualité sécurité fiabilité croissance et garantie en France. En 2012, il prend le poste de directeur de projets pour le métro de Singapour, puis directeur général d’Alstom Egypte en 2016.

    Propos recueillis par Fatim-Zahra TOHRY

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