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    Régions

    Village des artisans de Dar-Bouazza: Construit pour rien!

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5453 Le 14/02/2019 | Partager
    Un projet imposant sur 15.000 m², érigé entre 2005 et 2006 et fermé depuis
    Victime d’un désaccord entre la commune, la Région et la Chambre d’artisanat
    En attendant, des artisans ne trouvent pas de local où exposer leurs produits
    village-des-artisans-de-dar-bouazza-053.jpg

    Les gros œuvres du village des artisans, annoncé en 2003, ont été réalisés entre 2005 et 2006. En 2013 et 2015 des travaux complémentaires (électricité, plomberie, menuiserie…) ont été opérés. Depuis, plus rien. L’édifice, qui a coûté plus de 10 millions de DH, est simplement fermé (Ph. ANA)

    C’est une réalité bien marocaine, des projets nés de bonnes intentions mais qui finissent par capoter, dès qu’ils passent à la phase opérationnalisation. Ils sont symptomatiques de la gestion approximative de la chose publique. Le village des artisans de Dar-Bouazza (province de Nouaceur, Casablanca) en est l’exemple type.

    Annoncé en grande pompe au début des années 2000, il faisait partie d’une série de projets destinés à la promotion de l’artisanat dans la région du Grand Casablanca, d’un budget global de 98,4 millions de DH.  Au final, il a été oublié. Pourtant, le complexe artisanal a bel et bien été construit.

    En 2006 déjà, les gros œuvres étaient réalisés. Il sera laissé à l’abandon pendant plusieurs années. En 2013, divers travaux de second œuvre (plomberie, électricité, revêtement, peinture, menuiserie…) sont effectués. Et rebelote en 2015, avec de nouveaux travaux de menuiserie. Depuis quatre ans, il est tout simplement fermé, laissé en proie à la décrépitude.

    Erigé sur une superficie de plus de 15.000 m² (R+2), il intègre des magasins, une administration, un salon de thé, des salles de réunion et de formation, un espace de production… Le bâtiment imposant, de couleur ocre, conçu par l’architecte Kamal El Menjra, a tout pour répondre aux besoins des artisans. Or, beaucoup n’arrivent pas aujourd’hui à joindre les deux bouts, faute d’un espace où exposer leurs marchandises.

    «Dans notre centre à Dar-Bouazza, nous apprenons des métiers artisanaux à des femmes en situation de précarité, afin de leur offrir une chance d’être autonomes. Malheureusement, elles ne trouvent pas d’endroit où exposer leurs créations. Toutes ne peuvent pas exercer à partir de leur domicile, et beaucoup se trouvent bloquées», témoigne Chadia Mlahfi, présidente de l’ONG Espace Point de Départ (Espod) Casablanca.

    Pourquoi donc tant de retard? Le projet, qui avait fait l’objet d’une convention en 2003, est porté par trois parties: La commune de Dar-Bouazza, qui a offert le terrain, la Région, qui a octroyé un financement de près de 8 millions de DH, et la Chambre d’artisanat de Casablanca, qui s’était engagée à apporter une enveloppe de 2 millions de DH.

    La Chambre ne s’acquittera pas de son dû. C’est la Région qui finira par payer le montant. «Il est vrai que la Chambre n’a pas honoré son engagement. Mais je n’ai pas toutes les données de ce projet. Je ne peux vous dire quelle est l’origine du blocage, il y avait un autre directeur, parti à la retraite», se défend Abdelaziz Khalfaoui, directeur de la Chambre d’artisanat.

    «Néanmoins, nous avons eu des réunions avec les partenaires et nous estimons qu’une solution peut être trouvée. Une commission technique du ministère de tutelle a été formée. Elle définira le montant des travaux qui restent à opérer. Nous aimerions que la Région les prenne en charge, car pour le moment nous n’avons pas de crédits à mobiliser», poursuit-il. Selon le directeur de la Chambre, qui regroupe désormais celles de Casablanca, de Settat et d’El Jadida, le complexe est finalisé à hauteur de 90%.

    Le financement n’est, toutefois, pas le seul point de discorde. «Certaines questions doivent être tranchées. Notamment, le mode de gestion et le type de bénéficiaires», précise Lahcen Nidali, SG de la commune de Dar-Bouazza. La commune tient à ce que l’accès soit réservé aux seuls artisans de Dar-Bouazza, tandis que les autres parties espèrent une ouverture sur toute la région de Casablanca-Settat.

    «La Chambre a aussi longtemps refusé de s’occuper de la gestion et de l’animation du village. Elle souhaitait simplement louer ou vendre les locaux, ce que nous n’avons pas accepté», confie une deuxième source à la commune.

    En attendant, personne ne profite de ce complexe qui a coûté plus de 10 millions de DH.

    Entouré par un souk et des projets immobiliers

    Le village des artisans se trouve à proximité du souk hebdomadaire de Dar-Bouazza. Dans ses alentours, des zones villas et résidences, ainsi que des logements sociaux à 250.000 DH. Un peu plus loin, des bidonvilles. Le souk sera bientôt transféré à une autre commune. Son terrain sera utilisé pour plusieurs projets, dont le recasement des bidonvillois, une fourrière, un dépôt communal et un centre de l’entraide nationale. Du Souk, il ne restera que les abattoirs, qui seront réaménagés, avec une fosse, une station de traitement des déchets liquides et un mur de clôture.

    Ahlam NAZIH

     

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