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    Economie

    Banques participatives: «Eclosion d’un marché porteur»

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5450 Le 11/02/2019 | Partager
    52.000 comptes ouverts à fin octobre 2018
    La rémunération des produits au même niveau que la tarification de référence sur le marché
    Objectif pour 2019: renforcer l’écosystème de la finance participative
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    «Au dernier salon de l’auto, occasion du lancement de la Mourabaha auto, les banques participatives ont été prises d’assaut par les visiteurs dont l’intérêt était plus que visible pour ces nouveaux produits», souligne Mohamed Maârouf, DG de BTI Bank, filiale de BMCE Bank (Ph. Bziouat)

    - L’Economiste: Quelle est votre appréciation de l’évolution de l’activité des banques participatives?
    - Mohamed Maârouf:
    Nonobstant le nombre réduit des produits disponibles et l’absence de certaines composantes de l’écosystème, dont notamment le Takaful, les banques participatives ont réalisé un exercice remarquable de par la teneur et la portée de leurs prestations. Elles ont pu mettre ainsi la lumière sur l’appétence effective du marché par rapport aux produits de la finance participative et accélérer, de ce fait, l’éclosion d’un marché bancaire participatif prometteur. En chiffres, le nombre de comptes ouverts a atteint 52.000 à fin octobre 2018 contre 27.000 en décembre 2017. Les dépôts à vue ont grimpé à 1,32 milliard de DH au titre des 10 premiers mois de l’année 2018 contre 510 millions de DH en décembre 2017. Quant au financement (Mourabaha immobilière et auto), il est passé de 159 millions de DH à fin 2017 à 3,61 milliards de DH à fin octobre 2018.

    - Elles devaient récolter des fonds dormants des citoyens (plusieurs dizaines de milliards de DH) qui ne voulaient pas les placer dans le système bancaire classique. Qu’en est-il?
    - A mon sens, il est très prématuré, et les éléments disponibles ne sont pas suffisants, pour présenter une analyse fine sur le rôle des banques participatives dans la collecte des fonds dormants. Il faut savoir qu’à fin juin 2018, l'encours global des dépôts de la clientèle du secteur bancaire marocain s'élevait à 712,5 milliards de DH, le total des dépôts à vue collectés par les banques participatives (1,32 milliard de DH) en représente à peine 0,19%.
    Nous devons attendre encore un ou deux exercices supplémentaires et aussi le lancement des comptes de dépôts d’investissement pour se faire une idée sur cette question.

    - Y a-t-il une forte demande pour les instruments offerts?
    - A l’issue du premier trimestre de l’année 2018, un dossier de financement immobilier sur dix a été traité par une banque participative. Au dernier salon de l’auto, occasion du lancement de la Mourabaha auto, les banques participatives ont été prises d’assaut par les visiteurs dont l’intérêt était plus que visible pour ces nouveaux produits. Ainsi, pour ces produits, l’encours qui est passé de 159 millions de DH à fin 2017 à 3,61 milliards de DH à fin octobre 2018 est révélateur de la forte demande pour les produits de financement offerts par les banques participatives.

    - Quels sont les produits et leur rémunération?
    - En plus des produits et services de la banque au quotidien, comme les comptes courants, les chéquiers, les cartes bancaires et autres opérations bancaires, les produits de financement disponibles aujourd’hui sont les Mourabaha immobilière, Mourabaha automobile et Mourabaha équipement pour les particuliers et les entreprises. Ce qu’il faut retenir concernant la rémunération de ces produits aujourd’hui, c’est qu’elle s’inscrit parfaitement au même niveau de tarification de référence en vigueur dans le marché.

    - Y a-t-il eu un transfert de fonds des banques classiques vers les participatives? Si oui, quelle en est l’ampleur?
    - Au niveau institutionnel, à part les premiers transferts des banques classiques vers les banques participatives, sous forme de contribution au capital, aujourd’hui nous disposons d’un contrat validé par le sharia board, qui permet aux banques participatives de se refinancer auprès des banques classiques. Les banques participatives feront appel à ce contrat pour se refinancer auprès de leur maison mère, dans un premier temps, selon leur besoin en liquidité. Les résultats définitifs de l’exercice 2018 permettront de voir la teneur des premières opérations de ce genre.   

    - Les banques participatives sont-elles allées vers des niches qui n’étaient pas bancables, y compris l’épargne?
    - De même que pour votre question sur la collecte des fonds dormants, il est prématuré de modéliser les orientations marché des nouvelles banques, les offres étant encore génériques et peu diversifiées. Quand bien même ces banques étant inscrites dans une stratégie de complémentarité avec les autres banques, cela n’empêcherait pas que, dans un premier temps, il y ait des chevauchements en cette période de genèse de ce nouveau secteur.  

    - Quid de vos réalisations 2018 et vos objectifs pour 2019?
    - En 2018, la qualité du service aux clients de BTI Bank a été reconnue comme la meilleure de la place, avec l'obtention du prix «Élu service client de l'année», une distinction qui confirme notre engagement à servir nos clients avec excellence. La confiance et la fidélité de nos clients ont été traduites par la réalisation des meilleures performances de collecte de dépôt par agences pour BTI Bank. D’autre part, BTI Bank avait déployé, en 2018, un grand effort de proximité avec différents publics, en signant plus d’une cinquantaine de conventions au profit du personnel d'organismes publics et entreprises privées. Elle compte continuer en 2019 cet effort de proximité. Nous comptons continuer cette année à maintenir et à renforcer la qualité des services aux clients, notamment par l'amélioration de l'offre digitale et la mise en place de nouvelles procédures. Et la traduction de cet effort en performances commerciales notamment par l'élargissement de la portée de nos services à de nouveaux segments de clientèle et le lancement de nouveaux produits spécifiques aux entreprises et aux professionnels. Par ailleurs, il est important à nos yeux de continuer en 2019 à œuvrer collectivement avec les confrères, la banque centrale et les autres parties prenantes à renforcer l'écosystème de la finance participative et à en enrichir l’offre.

    Carte de visite

    Mohamed Maârouf est DG de BTI Bank, filiale de BMCE Bank. Il a été directeur de la finance participative à BMCE Bank of Africa, et auparavant directeur exécutif de PlaNet Finance Maroc après avoir dirigé la zone Mena chez PlaNet Finance. Il est aussi le premier président de Development Gateway Morocco. Entre 2001 et 2004, il a été directeur des stratégies  et de développement de l’AMC Al Amana, leader de la micro-finance dans la zone Mena. Il a une grande expérience en finance, stratégie et développement, marketing et communication. Mohamed Maârouf est certifié par CIBAFI et par MicroSave et il a un diplôme des études supérieures en management. Il fait partie des 500 personnes qui font l'économique islamique sélectionnés par Islamica 500 édition 2019. 

    Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

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