International

Les vœux du pape François pour le Moyen-Orient

Par L'Economiste | Edition N°:5447 Le 06/02/2019 | Partager
Il plaide contre la guerre et dénonce toute forme d'extrémisme
Il est attendu au Maroc en mars
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Le pape François a célébré une gigantesque messe en plein air aux Emirats arabes unis (Ph. AFP)

Le pape François a achevé, mardi 5 février 2019, sa visite historique aux Emirats arabes unis par une grand-messe en plein air. Elle demeure inédite dans un pays musulman qui autorise la pratique de la foi chrétienne à condition qu'elle se déroule dans des églises.

Les Emirats comptent une population composée à plus de 85% d'expatriés. Les ressortissants originaires de pays asiatiques constituent environ 65% de cette population et sont employés dans tous les secteurs, du bâtiment aux services en passant par l'hôtellerie. Environ un million de catholiques vivent aux Emirats, soit près d'un habitant sur dix. Le pays compte le plus grand nombre d'églises catholiques de la région, soit huit.

Dans un long discours devant des responsables de toutes les religions, le pape François a encouragé les Emirats à «poursuivre son chemin garantissant la liberté de culte, évoquant un carrefour entre Occident et Orient».

Dans le même temps, le pape jésuite a insisté sur l'impératif de «la liberté religieuse, qui doit aller au-delà de la simple liberté de culte. Il a également demandé pour l'ensemble du Moyen-Orient le même droit à la citoyenneté pour les personnes de diverses religions».

Le pape et le grand imam d'Al-Azhar ont ensuite condamné ensemble toute discrimination contre les minorités religieuses et appelé à la fraternité.

Toute la journée, le pape François (vêtu de blanc) et le grand imam sunnite de l'institut égyptien Al-Azhar, cheikh Ahmed al-Tayeb (en noir) s'étaient montrés ensemble fraternellement. Les deux leaders religieux ont publié un texte appelant en particulier à la liberté de croyance et d'expression, à la protection des lieux de culte et prônant audacieusement une pleine citoyenneté pour les minorités discriminées.

Ils ont signé également un document engageant leurs institutions à lutter contre l'extrémisme.

«La fraternité humaine exige de nous, représentants des religions, le devoir de bannir toute nuance d’approbation du mot guerre», a martelé le pape. Il a mis en exergue quatre pays qui en connaissent actuellement les conséquences néfastes: «le Yémen, la Syrie, l'Irak et la Libye».

La guerre au Yémen, théâtre de la pire crise humanitaire dans le monde selon l'ONU, a été évoquée lors de l'entretien du pape avec le prince héritier d'Abou Dhabi et homme fort des Emirats, cheikh Mohammed ben Zayed.

Depuis le début de son pontificat, le pape s'est rendu à plusieurs reprises dans des pays dont la population est majoritairement musulmane, comme l'Egypte, l'Azerbaïdjan, le Bangladesh et la Turquie. En mars, il est attendu au Maroc. Il s'agit au total du 27e voyage de ce pape à l'étranger.

F. Z. T. avec AFP

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