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    R&D: «Le Maroc doit dérouler le tapis rouge à sa diaspora!»

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5436 Le 22/01/2019 | Partager
    Un cadre fiscal et réglementaire incitatif doit être mis en place pour encourager l’innovation
    Le paiement mobile, une aubaine
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    Rabah Arezki, économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Mena (Ph. Banque mondiale)

    - L’Economiste: Comment le Maroc peut-il saisir l’opportunité digitale et développer l’économie du savoir?

    - Rabah Arezki: L’internet plus haut débit et la future 5G sont des signes de bonnes avancées. Mais encore faut-il saisir cette opportunité. Pour cela, il faut inviter les opérateurs privés à s’impliquer davantage dans le secteur des télécoms, et à y investir. Il serait également judicieux d’instaurer un cadre qui encourage des investissements de haute qualité.
    Par ailleurs, le Maroc peut se démarquer dans le domaine du paiement mobile sécurisé. Cela mènera vers une importante fluidification de l’économie. Le paiement mobile peut conduire au développement de plateformes digitales, ainsi qu’à l’essor de nouveaux business, et permettra de renouveler la chaîne logistique et de distribution.

    - Le Maroc consacre moins de 1% de son PIB à la R&D. Est-ce suffisant?
    - Tout est question d’efficience. Il y a certainement beaucoup à faire pour que le Maroc revigore sa croissance et la rende plus inclusive. Mais pour l’heure, le plus important est d’organiser ces dépenses efficacement, dans la limite des ressources disponibles.

    - Où en est aujourd’hui le pays par rapport à la zone Mena et au reste du monde?
    - Le Maroc possède de grandes écoles et universités de qualité. Ce qu’il faudrait faire, et qui est valable dans toutes la région d’ailleurs, est de rapprocher le monde académique de celui de l’entreprise. Créer une symbiose, en instaurant un cadre régulatoire et un cadre de fiscalité qui encourageront l’innovation et l’entrepreneuriat. 

    - Beaucoup de Marocains brillent dans le domaine de la R&D à l’étranger. Comment encourager cette diaspora à rentrer au pays?
    - Il y a quelques années, le pays a connu un grand mouvement de retour de ses chercheurs. Mais cela n’a pas duré longtemps. Plus récemment, le Maroc a eu des difficultés à attirer cette diaspora. C’est dû, notamment, à la faible attractivité de la fiscalité et à son manque de clarté aux yeux de ces chercheurs. Les Indiens, en avance dans ce domaine, sont un bon exemple. Ils ont, en quelque sorte, déroulé le tapis rouge à leur diaspora, en promouvant la clarté fiscale et un cadre stimulant. Ce qui permet au pays d’innover et de bénéficier de la créativité de sa matière grise.

    - Quel rôle doit jouer l’Etat?
    - Nous avons aujourd’hui des politiques de concurrence qui ne sont pas aux aguets lorsqu’il s’agit d’ouvrir un certain nombre de marchés. Ils restent trop protégés, alors qu’ils mériteraient plus d’innovation et de services de haute qualité. Les politiques de concurrence et de régulation doivent se libérer et s’ouvrir davantage à l’innovation afin de conquérir de nouveaux marchés, et de les contester aussi s’il le faut.

    Propos recueillis par Tilila EL GHOUARI

     

     

     

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