International

A 20 ans, les défis de l’euro demeurent nombreux

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5424 Le 03/01/2019 | Partager
Malgré les crises, la devise s'est montrée résiliente
Le «shutdown» pèse sur le dollar
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L'euro a fêté ses 20 ans le 1er janvier 2019. La monnaie commune de l'Union a débuté l'année en légère hausse face au dollar. Le mercredi 2 janvier dans la matinée, l’euro s'échangeait à 1,1486 dollar pour un euro, contre 1,1465 lundi dans la soirée.

Les monnaies évoluent dans un marché toujours crispé et attentif aux risques de ralentissement de la croissance, notamment chinoise. Les investisseurs suivent également de près les échanges entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping.

A l'aube de 2019, le dollar continuait d'être pénalisé par le «shutdown», la paralysie partielle des administrations fédérales aux Etats-Unis. Le mur promis par le président américain à la frontière avec le Mexique est au cœur de l'impasse budgétaire. Pour tenter de trouver une solution, Donald Trump a invité les dirigeants républicains et démocrates au Congrès à une rencontre.

Il y a exactement 20 ans, le 1er janvier 1999, onze pays de l'UE ont lancé une monnaie commune, l'euro, et introduit une politique monétaire commune gérée par la Banque centrale européenne (BCE). Encore jeune, elle s’est imposée comme la devise de 340 millions d'Européens dans 19 Etats membres (source: https://europa.eu). Quelque 60 pays à travers le monde lient leur devise à l'euro d'une manière ou d'une autre.

D'autres Etats membres de l'UE devraient la rejoindre lorsqu'ils rempliront les conditions d'adhésion. Bénéficiant de l’appui des futures décisions visant à renforcer l’Union économique et monétaire européenne, à achever l’Union bancaire et à faire progresser l’Union des marchés des capitaux, l’euro doit développer son rôle sur la scène mondiale.

«L'euro était une conséquence logique et nécessaire du marché unique. Il facilite les déplacements, le commerce et les transactions dans la zone euro et au-delà. Vingt ans après sa création, une génération entière d'Européens n'a jamais connu d'autre monnaie nationale», a indiqué Mario Draghi, président de la BCE.

«Pendant toute cette période, l’institution monétaire a rempli sa mission principale: maintenir la stabilité des prix. Mais nous contribuons aussi au bien-être des citoyens de la zone euro en concevant des billets de banque innovants et sûrs, en promouvant la sécurité des systèmes de paiement, en surveillant les établissements bancaires pour garantir leur résilience et en veillant à la stabilité financière dans la zone euro», ajoute-t-il.

Dix ans après la crise financière, l'architecture de l'Union économique et monétaire européenne a été considérablement renforcée mais il reste encore des progrès à faire. La Commission européenne a présenté une feuille de route pour l'approfondissement de l'Union économique et monétaire. En décembre 2018, dans le cadre de ce processus, les dirigeants de l'UE se sont aussi mis d'accord pour œuvrer au renforcement du rôle international de l'euro.

Les coûts macroéconomiques

«La création de l’euro a eu les coûts macroéconomiques attendus pour les pays de la zone euro», indique l’équipe de Natixis dans le flash économie «Les 20 ans de l’euro: quel bilan?». Ceci se confirme avec la disparition des politiques monétaires nationales, et l’absence de budget fédéral, l’incapacité à corriger les chocs et les structures asymétriques, d’où l’hétérogénéité croissante de la zone euro. Outre le coût excessif des dévaluations internes qui empêche qu’elles soient utilisées pour corriger les handicaps de compétitivité dus aux écarts entre les fonctionnements des marchés du travail. Mais, «la création de l’euro n’a pas eu les avantages microéconomiques attendus, liés à la disparition du risque de change», notent les économistes. Car, depuis 2010, la mobilité des capitaux entre les pays de la zone euro a disparu, et l’épargne ne finance plus les investissements efficaces. Aussi, le marché unique n’a pas développé les échanges commerciaux entre les pays, ni permis l’apparition de grandes entreprises dans les secteurs stratégiques. Au total, «la création de la zone euro a eu les coûts macroéconomiques prévisibles, mais n’a pas apporté les progrès microéconomiques espérés», est-il souligné.

F. Z. T.

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