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    Culture

    Livre: Une promenade émotionnelle dans Casablanca

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5416 Le 20/12/2018 | Partager
    115 artistes racontent la ville
    Un ouvrage coécrit par Leila Slimani et Kenza Sefrioui
    Un beau livre intelligent
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    Écrivains, musiciens, cinéastes, comédiens, photographes, plasticiens, danseurs, performeurs… ils sont plus d’une centaine à partager les émotions que leur inspire Casablanca, entre souvenirs, cris du cœur, déclarations enflammées ou coups de gueule. Des témoignages réunis dans un beau livre: «Casablanca nid d’artistes» paru aux éditions Malika.

    Ecrit à 4 mains par l’écrivaine franco-marocaine Leila Slimani et Kenza Sefrioui, journaliste culturelle, critique littéraire et éditrice, le livre est présenté comme une promenade émotionnelle dans la ville.  «Une série de rencontres avec celles et ceux qui ont accepté de partager avec nous leur perplexité, leur relation d’amour-haine à cette cité dure et accueillante, invivable mais qu’on ne quitterait pour rien au monde

    . Noms illustres et talents en herbe, tous nous invitent à en saisir l’âme et le rythme», précise Kenza Sefrioui. Résultat un bouillon créatif, à l’image de la métropole, où se croisent les générations, les disciplines et les pratiques artistiques, «Car qui mieux que les artistes, pourraient nous raconter l’incroyable métamorphose de la ville!

    Qui mieux que les peintres, les photographes, les cinéastes pourraient en décrire l’incandescente photogénie? Qui mieux que les poètes ou les écrivains sont à même d’en révéler le rythme bouillonnant, la violence et la misère humaine? Qui enfin mieux que les rappeurs, les grapheurs, les artistes de rue, peuvent transmettre ce présent continu de la création»,  nous dit Leila Slimani.

    En plus d’être «beau» «Casablanca nid d’artistes» est «intelligent». Pour accompagner le lecteur dans cette longue déambulation à travers les quartiers de Casablanca, les auteures ont, inséré des QR Codes qui renvoient à des liens où on peut écouter de la musique, découvrir un bout de film ou un bout de performance des artistes présents.

    Les peintres et photographes, tous ceux dont l’expression est visuelle, ont été invités, pour leur part,  à choisir une image, une œuvre, qui représente le mieux leur propre rapport à Casa, en plus de leur texte.

    Aux témoignages émotionnels des artistes répondent les photographies de Cécile Tréal et Jean-Michel Ruiz  qui illustrent une partie du livre: «Il n’y a pas une seule photo dans ce livre qui ressemble à celles qu’on nous demande d’habitude», affirme le duo de photographes qui annoncent avoir été tellement happés par la ville qu’ils veulent continuer l’aventure.

    Entre textes, photographies et œuvres d’arts, Casablanca Nid d’artistes nous invite à une exploration inédite et poétique de la capitale économique du Royaume. En voici quelques extraits.

    A.Bo

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    • Multiples possibles
    Amal Ayouch (conteuse et comédienne)
    «Casa est propice à la multiplication des possibles: elle attise la violence autant que l’amour, crie les inégalités, génère des frustrations; elle m’enchante, m’effraye, m’émeut. J’ai besoin de la retrouver dans son centre, marcher, pour voir, sentir, et écouter son pouls. Sinon c’est elle qui me rejette, comme un corps étranger, qui me revient monstrueuse. Je l’aime quand elle brave les interdits, libère les contradictions, foisonne dans la création, noie les chagrins dans des tuyaux de fortune, et brûle dans la fraîcheur océanique…»

    • Hybride
    Leila Marrakchi (réalisatrice)
    «Casablanca, j’adore et je déteste à la fois. J’aime son humidité, son âpreté, ce bruit et ce brouillard la nuit, presque apocalyptique. C’est une ville folle, comme peuvent l’être Beyrouth ou Rio. Elle ressemble à Los Angeles, pour sa lumière très particulière sur l’océan et son mode de vie – le conservatisme en plus, et la difficulté pour une femme d’être dans l’espace public. C’est presque un anti Paris, car la rue y est plus colorée, plus surprenante et aussi plus violente. Ni marocaine, ni française, c’est une ville qui casse les stéréotypes. Une ville hybride.»

    • La ville du non fini
    Zineb Andress Arraki (photographe)
     «Casa est pour moi la ville du «non fini», de l’impatience, du mouvement et de l’imperfection. Constamment perfectible, elle est la définition du paradoxe, tel un phœnix, VIVANTE»

    • Dégoûtage
    Reda Allali (chanteur du groupe Hoba Hoba Spirit)
    «Énergie, amour, haine, fascination… Casa, c’est tout ça. C’est chaotique et plein d’énergie, pénible et fascinant. Tu es contraint dans tes sens, parce que ça pue, parce que tout le monde est les uns sur les autres. Oui, les rapports sont brutaux, mais ils sont basés sur qui tu es, et pas d’où tu viens depuis trois générations. Casa est à l’opposé des autres villes, où les rapports sont très figés, où le rapport à l’autorité n’est pas le même. Elle te donne l’anonymat, la liberté, la mixité sociale.»

     

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