Competences & rh

Ecoles des Ponts: Un centre d’études de cas panafricains

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5414 Le 18/12/2018 | Partager
Professeurs, chercheurs, praticiens, et rédacteurs en chef y contribueront
Case Africa se consacrera essentiellement au continent
Le centre sera basé à Rabat, auprès de la filiale marocaine de l’établissement
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«Si c’est la première fois que vous entendez parler de Case Africa, il y a fort à parier que ce ne sera pas la dernière», assure Alon Rozen, doyen et directeur général de l’École des Ponts Business School, et également professeur en innovation (Ph. HE)

- L’Economiste: Qu’est-ce qui a motivé la création du centre Case Africa?

- Alon Rozen: Nous souhaitons mettre en avant les meilleures pratiques du continent africain pour accélérer leur dissémination et créer des émules. Notre objectif est de valoriser les expériences de ceux qui arrivent à faire de belles choses, que ce soit au niveau de la plus petite startup ou de celui de la plus grande multinationale, voire des institutions publiques, semi-publiques, ou encore des partenariats public-privé. Nous voulons, à travers Case Africa, mettre les projecteurs sur les faiseurs et les innovateurs du continent.

- Pourquoi avoir choisi le Maroc pour le lancement du centre?
- Le choix du Maroc pour la création de notre unique filiale a été motivé par deux raisons. La première est que nous avons 20 ans d'expérience dans le pays à travers notre Executive MBA. Nous comptons donc un réseau de dirigeants et d’acteurs publics et privés de très haut vol. La seconde, est que le Maroc est positionné aujourd'hui comme étant le hub africain pour les affaires, dans les débats et échanges régionaux, ou encore dans la formation continue. Pour notre part, nous voulons y former des managers et leaders de tout le continent, ainsi que des ressortissants du Moyen-Orient et de la Chine, au Maroc. Il est donc fort logique pour nous d’y installer également notre centre d'études de cas panafricain.

- Quelle est la finalité de Case Africa?
- Notre ambition est de mettre en place un centre d'études de cas qui génère du contenu de très haut niveau. Nous voulons aussi produire des articles, des livres blancs et organiser des événements qui seront focalisés sur les «success stories» de tout le continent africain. Par la suite, notre objectif est de partager nos travaux en Afrique mais aussi à l'international, où l'histoire de l'éveil du continent intéresse à plusieurs niveaux une audience de plus en plus importante.

- Qui sont les profils qui travailleront sur la production des études de cas?
- Nous sommes en train de compléter toutes les pièces du puzzle. Nous recherchons des profils très diversifiés. Nous aurons auprès de nous des professeurs émérites, des chercheurs seniors et juniors, des rédacteurs en chef, un conseil éditorial, et un Comité d'orientation stratégique (COS). Ce dernier va réunir des hauts cadres de différents secteurs d’activités, des personnalités du monde académique, politique et institutionnel. Mais aussi des élus, éminences grises, présidents d'associations ... La plupart du contenu généré sera en anglais, afin d’assurer une large diffusion de nos productions. Les profils que nous recruterons seront donc, naturellement, internationaux avec une bonne connaissance du continent africain.

- A qui sont destinées ses productions?
- Les études de cas sont destinées à plusieurs audiences. Elles sont souvent la pierre angulaire de beaucoup de formations en business et management (MBA, Executive MBA, Masters, etc). Ainsi, en premier lieu nous comptons utiliser les études des cas de type «Teaching case» générées par Case Africa dans nos propres formations.
En revanche, le côté pratique et appliqué des études de type «Research case», «Applied case», «Explanatory case» ou «Exploratory case» que nous développerons prochainement devrait nous aider à trouver un lectorat bien plus large auprès des dirigeants, décideurs, politiciens et preneurs d'initiative de tous les continents.

- Comment comptez-vous collaborer avec les entreprises?
- Nous comptons très fortement sur les entreprises pour nous fournir du contenu pour nos travaux, mais aussi pour le soutien financier. Il s'agit, surtout, de sociétés africaines mais également les entreprises ayant développé ou souhaitant développer une empreinte en Afrique.

Quatre études déjà conçues

Le centre Case Africa a déjà réalisé quelques études de cas portant sur différentes thématiques. La première concerne la mobilité urbaine à Casablanca. Réalisée par Younes Sekkouri, doyen de l’Ecole des Ponts business school Maroc, elle traite les questions concernant les décisions stratégiques, la gestion des parties prenantes, l’Etat et collectivités locales. La deuxième porte sur le leadership féminin en Ouganda. Elle est élaborée par Daphné Halkias, fondatrice de l’association «Institut de Coaching Harvard». Les autres traitent du comportement des acteurs du marché dans le secteur pétrolier et de l’impact des zones économiques spéciales -secteur automobile- sur l’économie marocaine. Une dernière étude de cas sur la caractérisation des IDE et de la croissance dans la zone Mena est en cours de réalisation. 

Propos recueillis par Tilila EL GHOUARI

 

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