Entreprises

Aiguebelle réajuste sa stratégie de développement

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5414 Le 18/12/2018 | Partager
La marque de chocolat qui fête 150 ans ouvre une 2e unité industrielle à Bouskoura
Elle focalise beaucoup plus sur le segment professionnel
Et poursuit tranquillement son plan à l’export en Afrique et au Moyen-Orient
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La marque dont l’histoire remonte à 150 ans revendique la place de leader dans le secteur des professionnels et se place tout aussi bien sur le segment des particuliers. La marque a commencé à monter en gamme et investir dans le chocolat artisanal avec des variétés plus raffinées (Ph. L'Economiste)

C’est un anniversaire assez particulier. Celui de 150 ans d’existence de la marque Aiguebelle. Et d’emblée ses managers annoncent un investissement de 300 millions de DH que s’apprête à débourser Omnipar pour la marque Aiguebelle. L’enveloppe sera surtout destinée à créer une deuxième unité industrielle à Bouskoura, tout en gardant l’ancienne à Ouled Ziane qui a été totalement modernisée.

Cet investissement s’ajoute à une autre enveloppe de 300 millions de DH  engagée depuis 2011 et totalement investie pour l’acquisition de  plusieurs nouvelles lignes de production. Des installations à la pointe de la technologie, se caractérisant par une meilleure productivité, une plus grande flexibilité qualitative et des productions plus élaborées. Au cours de ces dernières années, le maître chocolatier s’est essentiellement concentré sur le marché local.

A la faveur du triplement de sa production mais aussi de sa montée en gamme, il a dû aussi trouver d’autres débouchés à l’export. Il a identifié déjà trois zones prioritaires: Afrique du Nord, Afrique de l’Ouest, Europe et Moyen-Orient», soutient Amine Sounni Berrada, président d’Omnipar.

Et aujourd’hui, la marque qui fête ses 150 ans d’existence réalise plus de 10% de son chiffre à l’export.  Sur le marché interne, elle revendique la place leader sur le marché BtoB (segment professionnel) et d’acteur majeur sur le marché B to C. En témoigne, l’évolution de son CA, indique Sounni Berrada.  En 2017, Aiguebelle a réalisé un chiffre d’affaires de 252 MDH, en progression de +43 % sur les quatre dernières années.

Aiguebelle vise beaucoup plus après l’achèvement du plan d’investissement. Il existe encore un grand potentiel sur le marché local, estime le management de la marque. Avec 1,2 kg par an, le marocain est pour l’heure un des plus faibles consommateurs du chocolat face à l’Allemand avec 11,5 kilogrammes par an et par habitant ou même le tunisien qui consomme 3kg par an.  D’où un effort particulier déployé par la marque sur les réseaux sociaux pour encourager la consommation.

Mais aussi des émulations pour les meilleurs chefs  à travers un concours de chocolaterie lancé  en partenariat avec l’OFPPT il y a une dizaine d’années. Enfin,  pour transmettre son expertise au plus grand nombre et structurer la filière pâtisserie, l’entreprise va lancer la «Aiguebelle Academy»: une initiative qui vise à offrir à ses clients BtoB aux chefs pâtissiers et aux futurs professionnels toute l’étendue des savoir-faire uniques de la société dans le domaine du chocolat. Et ce n’est pas fini.

La marque compte bien investir plus  dans le chocolat artisanal avec des variétés plus raffinées. Sur ce point précis, Berrada reste discret sur ses projets. Son entreprise s’est dotée d’une entité R&D «qui permet à la marque de se réinventer constamment. Que ce soit pour le design évolutif de ses produits existants ou à venir». L’histoire de cette marque présente depuis 76 ans au Maroc est assez particulière et est intimement liée à sa naissance en France.

À l'origine, la Chocolaterie d'Aiguebelle était une activité de moines du monastère d’Aiguebelle aux confins du Dauphiné et de la Provence qui avait commencé en 1868 et devenue la 8e chocolaterie de l’hexagone.

En 1941, l'Abbaye d'Aiguebelle décide de créer la succursale du Maroc qui pourra toujours recevoir sucre et cacao qui manqueront en France durant la 2e guerre mondiale. Elle sera plus tard rachetée par un repreneur, la compagnie chérifienne de chocolaterie de la marocanisation des entreprises et reprise par Omnipar plus tard en 1987.

Une compétition pour booster la créativité des chefs

Cette année, c’est une cheffe marrakchie, Kenza Dahbi, qui a remporté la compétition nationale de la pâtisserie Aiguebelle organisée chaque année depuis 10 ans. L’idée est de choisir le ou la cheffe qui vont réaliser des mets gourmands au chocolat, fourni évidemment par la marque. Pour Sounni Berrada, cette compétition a eu le mérite de booster la créativité auprès de ses partenaires. Et aujourd’hui,  étudiants à l’OFPPT, chefs installés, ou encore la ménagère suivent les cours sur les réseaux sociaux donnés par le chef attitré de la marque et tente au moins une fois le concours. «C’est cette émulation qui nous  booste en tant qu'entreprise et nous permet d’aller encore plus loin dans le développement de notre marque», se réjouit Sounni Berrada .

Badra BERRISSOULE

 

 

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