Entreprises

Financements innovants: Les investisseurs institutionnels à la rescousse

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5410 Le 12/12/2018 | Partager
Pour la première fois, l'Etat a recours à ce mécanisme
Des discussions au pas de charge avec les Finances
Des projets pour 12,165 milliards de DH sont programmés pour 2019
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Le recours au modèle des «financements innovants» vise à trouver des ressources pour financer 27 milliards de DH de charges supplémentaires destinés à couvrir principalement les dépenses du volet social du PLF de 2019. Ainsi,  des investisseurs institutionnels devront prendre en charge le financement de la liste de projets d’infrastructures à hauteur de 12,165 milliards de DH dès l’année prochaine

Le ministère de l’Economie et des Finances met les dernières touches à un mécanisme baptisé sous le nom générique de «financements innovants». Il s’agit de confier aux investisseurs institutionnels le financement de projets d’infrastructures. C’est la première fois que l’Etat a recours à ce type de mécanisme. Il ne s’agit pas du BOT (built, operate et transfert) qui a été utilisé vers la fin des années 90.

Ce n’est pas non plus le PPP (partenariat publi- privé) dont le Maroc a fait le mode opératoire pour financer de grands projets mais sans atteindre les objectifs escomptés. Déjà, le ministère des Finances a pris conscience de la nécessité de le réformer. En tout cas, ces «financements innovants» sont un autre modèle que plusieurs pays pratiquent et qui a permis de réaliser des grands projets d’infrastructures sans que l’Etat ne débourse un centime.

C’est le cas de la Jordanie qui a réalisé l’aéroport international Queen Alia à travers ce système. Avec son exploitation, l’Etat a commencé à récolter une partie des recettes. En attendant, les équipes de Mohamed Benchaâboun travaillent d’arrache-pied pour arrêter la formule qui arrange tout le monde.

Les discussions ont démarré avec des investisseurs institutionnels du public comme les caisses de retraite ou de prévoyance avant de les étendre au secteur privé. Selon une source proche du dossier, ces «investisseurs sont partants. Ils ont besoin de ces actifs  pour placer leurs réserves». Une chose est sûre, le montage retenu devra respecter les normes internationales en vigueur dans ce domaine et surtout éviter d’impacter négativement le niveau de la dette et du déficit budgétaire, ajoute la même source.

Par ailleurs, les contours de ce modèle seront arrêtés avant la fin de l’année de telle sorte que 2019 démarre avec la mise en œuvre des projets. Déjà le projet de loi de finances a avancé des estimations préliminaires et une budgétisation triennale de plusieurs projets d’infrastructures pour un coût global de 55,251 milliards de DH. 12,165 milliards de DH sont prévus dans le cadre de 2019. Les 43,086 milliards de DH restants sont programmés pour 2020 et 2021. 

En tout cas, cette liste prévoit la construction du port de Dakhla pour 9,6 milliards de DH dont 500 millions de DH payés en 2019. Le nouveau port énergétique de Jorf Lasfar est également retenu. L’enveloppe nécessaire à sa réalisation s’élève à 5,420 milliards de DH dont à peine 20 millions de DH seront décaissés l’année prochaine.

Le reste sera mobilisé en 2020 et en 2021. Sur cette liste figure également la connexion du port de Nador West Med au réseau autoroutier pour une enveloppe de 4,5 milliards de DH dont 600 millions seront engagés en 2019. La connexion ferroviaire du port de Nador West Med nécessitera 3 milliards de DH dont 300 millions seront sortis l’année prochaine.

Au menu aussi, la construction du nouveau siège de la Direction générale de sécurité nationale pour 2,506 milliards de DH, dont 555 millions de DH au titre de 2019. Il était temps de moderniser cette institution d’autant que le bâtiment qui accueille l’administration centrale, situé en plein centre-ville, date de la période du protectorat.

                                                                                

Projets pour les provinces du Sud

Le PLF a intégré dans cette liste la construction d’une usine de dessalement de l’eau de mer destinée à l’irrigation des terres dans la région de Dakhla. Le document a retenu une enveloppe de 1,780 milliard de DH dont 415 millions seront mobilisés en 2019. La liste comprend également la réalisation du CHU de Laâyoune pour 1,2 milliard de DH dont 200 millions l’année prochaine. En outre, le renforcement de différents projets en cours d’exécution nécessitera 16,153 milliards de DH dont 5,413 milliards de DH en 2019. En plus, le PLF a intégré la généralisation du préscolaire pour 1,1 milliard de DH dont 500 millions mobilisés l’année prochaine et la construction de nouveaux établissements scolaires pour 1,375 milliard de DH (200 millions en 2019).

Mohamed CHAOUI

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