Entreprises

Marché de l’emploi: Les universités ajustent leur formation

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5410 Le 12/12/2018 | Partager
Les soft skills réclamées par plus de 80% des offres d’emploi dans l’offshoring
En plus du français, la maîtrise de l’anglais est exigée pour les ingénieurs
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Pour Ghita Mezzour, enseignante chercheur et directeur adjoint du TICLab à l’UIR, la problématique de l’emploi est perçue d’une manière différente selon le positionnement de chaque acteur: université, étudiant, industriel… ce qui explique ce décalage entre l’offre de formation et le marché de l’emploi (Ph. NEA)

Pour le moment, il n’existe pas vraiment d’outil permettant aux universités de mieux cerner les besoins en compétences des métiers offerts sur le marché de l’emploi. C’est l’ambition d’un projet de recherche en cours de réalisation par le département informatique et logistique de l’UIR avec le soutien de l’Usaid.

Les premiers résultats du projet, dont le thème s’articule autour des «sciences des données pour améliorer l’éducation et l’employabilité des jeunes», viennent d’être présentés par Ghita Mezzour, enseignante chercheur et directeur adjoint du TICLab à l’UIR.

L’objectif de ce travail est d’identifier les besoins du marché de l’emploi, ce qui va permettre aux universités et aux établissements de formation professionnelle d’ajuster leur offre de formation pour mieux répondre aux besoins du marché du travail, rappelle Mezzour. Dans une première étape, nous nous sommes limités à trois secteurs considérés porteurs pour l’économie marocaine, précise-t-elle.

Il s’agit de l’automobile, l’IT offshore et la cybersécurité. Adoptant une démarche basée sur les sciences des données, l’équipe de l’UIR a procédé à la collecte des offres d’emplois à partir des grands sites web d’annonce d’emplois au Maroc, y compris celui de l’Anapec. «Avec une approche d’intelligence artificielle, nous avons analysé ces offres, ce qui a permis d’extraire les besoins en compétences techniques et comportementales formulés par ces trois secteurs», explique Mezzour.

Des données d’une prime utilité pour les établissements de formation de sorte à ce qu’ils puissent réajuster leur offre par rapport aux besoins du marché et également contribuer à une meilleure orientation des étudiants. Parmi les résultats aussi, l’importance accordée aux soft skills, des compétences réclamées par plus de 80% des offres d’emplois dans le secteur d’IT offshore.

Travail en équipe, communication et esprit d’analyse figurent en tête des qualités exigées. Un volet pour le moins marginalisé dans les cursus universitaires actuellement. Pour l’automobile, l’étude a permis de constater une plus forte demande pour le profil de technicien (bac+2), ainsi que celui d’ingénieur.

Pour les ingénieurs en informatique, la maîtrise de l’anglais est exigée par plus de 30% des offres d’emploi analysées. Dans la 3e et dernière année du projet, l’équipe de l’UIR envisage d’examiner la possibilité de généraliser cette étude à l’ensemble des secteurs, ce qui pourra constituer un préalable pour la mise en place d’un observatoire de l’employabilité au Maroc.

N.E.A.

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